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L’album du mois
Aeria Microcosme : "8"
Sombre et lumineux

mardi 25 septembre 2007, par Geoffroy Bodart

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Des groupes qui se revendiquent (ou qu’on assimile, ça revient malheureusement souvent au même) de Anathema et The Gathering ne risquent qu’une seule chose en cas d’album simplement bon ou en cas d’entorse aux règles tacites et restrictives établies arbitrairement par votre serviteur et connues de lui-seul : une volée de bois vert à côté de laquelle les mots doux adressés par le passé à HIM, Renaud ou Blink 182 passeraient pour de véritables déclarations d’amour. Voyons donc ce qu’a à nous proposer un groupe toulousain de rock atmosphérique à chanteuse pour son premier album autoproduit...

Les premières écoutes mettent malheureusement surtout en évidence les défauts de cet album : une production parfois un peu tatillonne qui met les voix beaucoup trop en retrait et des compositions pas forcément évidentes, qui ne rentrent pas dans la boîte crânienne dès les trente premières secondes. Et c’est tout pour les défauts ? Eh oui, pratiquement, car après deux ou trois écoutes dans de bonnes conditions, l’essence des compositions nous cingle comme surgie du brouillard et ne peut plus que nous laisser pantois.

La comparaison avec Anathema et The Gathering, si elle a le mérite de renseigner sur le style pratiqué (on devrait également mentionner Archive et Massive Attack), s’arrête néanmoins là. Aeria Microcosme fait en effet preuve de suffisamment de maturité et de talent pour s’affranchir du jeu des filiations et imposer, peut-être pas un son (pas encore), mais un style, une patte qui fait qu’on ne risquera jamais de les confondre avec la pléthore de groupes clones interchangeables qui sévissent dans le milieu sans être capables d’apporter la plus petite touche d’originalité ou d’émotion.

L’ouverture de l’album, sur cette intrigante, délicate mais froide mélodie au clavier est un modèle du genre pour aguicher les amateurs et même si la décharge électrique et le refrain qui s’ensuivent ne sont pas ce que le groupe a de plus convaincant à proposer, le mal est fait, Aeria Microcosme nous a montrés qu’il avait ce qu’il fallait pour nous entraîner avec lui. De gré ou de force. De force, parfois, pour nous faire avaler quelques fautes de goût et erreurs de jeunesse, comme ce final de Seule, un peu pourri par le chant masculin. Mais de gré le reste du temps.

L’album n’est pas de ceux qui se donnent immédiatement, on l’a dit. Et il faudra prendre le temps d’apprivoiser les ambiances acoustiques et hypnotiques de A l’heure où s’égraine le sable. Tout comme il faudra accepter que parmi les meilleurs titres se trouvent deux instrumentaux. Aussi faudra-t-il renoncer à chercher dans chaque chanson le refrain facile à chanter ou la mélodie en trois temps à siffloter. L’album est néanmoins loin d’être hermétique ou expérimental et comporte quelques titres plus coulants. Mais même ces morceaux plus classiques dans leur approche comportent, et c’est finalement tout ce qui compte, leurs moments forts comme le final somptueux de L’envol avec son chant libéré et son solo de flute traversière qui a de quoi tout vous retourner.

Les textes en français soufflent parfois le chaud (L’envol), parfois le froid (A ma place), mais retranscrivent en tout état de cause les ambiances planantes, tristes et même franchement glauques (Noï) de l’album. Le chant que l’on sent à l’occasion capable de belles prouesses reste sobre, et il a ce quelque chose d’enfantin, d’innocent, qui s’avère porteur d’une émotion palpable, secondé en cela par une guitare très expressive (surtout lorsqu’elle est débranchée, comme sur A l’heure où s’égraine le sable, ou sur les intros de Métamorphose ou Geisha).

Dire qu’il y en a encore qui se lamentent de ce que la scène française serait moribonde, alors qu’au lieu d’espérer une révélation prémâchée par les mass medias, il suffit juste de farfouiller un peu pour trouver des groupes qui parviennent à s’approprier un style peu prisé en France, sans pour autant renier leur langue maternelle.

L’album, autoproduit, est disponible depuis le mois d’avril, mais la récente signature du groupe chez Acropole Records leur permettra une sortie plus médiatisée ce mois d’octobre.



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Geoffroy Bodart





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Aeria Microcosme : "8"
(1/2) 8 février 2017, par Evan
Aeria Microcosme : "8"
(2/2) 31 mai 2015




Aeria Microcosme : "8"

8 février 2017, par Evan [retour au début des forums]

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Aeria Microcosme : "8"

31 mai 2015 [retour au début des forums]

The labum, is perhaps, one of the greatest musical material ever released by this group. - Dony McGuire

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