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Alice Cooper : "The Eyes of Alice Cooper"
Une véritable anthologie du rock’n roll !

dimanche 16 novembre 2003, par Marc Lenglet

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Après deux albums résolument modernes aux légères influences indus, Alice Cooper abandonne, sans remords semble-t-il, cette nouvelle direction musicale pour se replonger dans son passé le plus illustre, le rock’n roll presque garage des années 70. Sans oublier de faire quelques haltes au passage du côté des différents styles musicaux de ces 20 dernières années.

Brutal Planet était un remarquable album, ultra-heavy et négatif, qui démontrait de façon éclatante la capacité d’Alice Cooper à s’adapter avec succès à n’importe quel style musical (on laissera planer un silence poli sur sa période new wave du début des années 80...). Dragon town ensuite, avait déçu : décousu, moins sombre, moins inspiré, on avait l’impression qu’Alice avait voulu faire un doublon plus commercial de Brutal planet et n’y avait qu’à moitié réussi. Ce qui devait constituer une trilogie s’arrêta donc à son deuxième volet.

Reprenant tout à zéro, Alice Cooper livre ici un des albums rock les plus éclectiques de l’année, piochant dans tous les domaines, retrouvant ici les bottes du jeune Alice plongé dans la scène 70’s de Detroit , et ridiculisant plus loin la nouvelle vague punk MTV sur son propre terrain. En lieu et place des textes sombres de cauchemar urbain des opus précédents, The eyes of Alice Cooper renoue avec les traditionnelles satires sociales qui ont fait la renommée d’Alice dans les années 70, une touche d’humour bien cynique en prime. Ecoutez attentivement les paroles de Man of the year, le premier single, exemple typique de l’individu "parfait" qui se ruine la vie dans le but d’être riche et adulé, et qui ne parvient pas à surmonter son vice une fois dans la tombe ! Cette chanson, musicalement entre les Pixies et Green Day inflige une raclée magistrale à tous les punks californiens à la mode, en infirmant la théorie du célèbre philosophe anglais Liam Gallagher selon laquelle les groupes rock en dessous de la trentaine sont les plus performants artistiquement. Dernier avantage d’Alice sur les punks nains : il sait faire autre chose, lui !

What do you want from me et surtout, Love should never feel like this sonnent comme le Alice Cooper de la fin des années 80, les Trash et autre Hey stoopid qui l’ont remis sur les rails après 3 lustres de vaches maigres et d’apparitions au Muppet Show. Carrées et bien formatées, ce ne sont certes pas les pistes les plus originales de l’album mais elles raviront sans aucun doute les amateurs de hard 80’s dont je fais partie. Between high school and old school, Bye Bye Baby et Novocaine plongent dans les années 70 avec un rock’n roll garage endiablé, parfois un peu jazzy, digne de School’s out, tandis que Spirits rebellious fait plutôt référence aux albums heavy de la fin des années 90. I’m so angry est un morceau très offensif, aux grosses guitares et à l’esprit très punk, tandis que le bruitiste et sale Detroit City est un véritable manifeste de la légendaire scène rock de cette ville (avec d’ailleurs la participation de Wayne Kramer des MC5). Le slow à la Only women bleed qu’est Be with you awhile s’en tire avec le minimum requis de décence et de sérieux. L’étrange The song that didn’t rhyme est assez intéressant, mais plus par ses paroles amusantes que par sa mise en musique. Enfin, This house is haunted, très minimaliste avec son chant filtré et ses petites notes gothic-horror, rappelle des albums d’ambiance cabaret comme Welcome to my nightmare . Comme vous pouvez le constater, il y a un peu de tout sur ce nouvel album de l’inventeur du shock-rock.

Malgré ces nombreux retour en arrière, The eyes of Alice Cooper est tout sauf un album nostalgique et vieillot : les musiciens du groupe ne font pas du tout pâle figure face au line-up légendaire des premiers albums d’Alice, tandis que ce dernier semble être dans une forme olympique et s’amuse visiblement beaucoup à enfiler à nouveau les bottes Detroit punk de sa jeunesse. Moderne par bien des aspects, reprenant ce qui se fait de mieux en rock et y ajoutant la griffe Cooper, The Eyes of Alice Cooper est un très grand album du sieur Furnier. Les vieux rockers sont décidément à mille lieux d’être bons pour l’ hospice !



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Alice Cooper : "The Eyes of Alice Cooper"
(1/2) 3 janvier 2015, par DaveMichaels
> Alice Cooper : "The Eyes of Alice Cooper"
(2/2) 23 janvier 2004, par Ceddars




Alice Cooper : "The Eyes of Alice Cooper"

3 janvier 2015, par DaveMichaels [retour au début des forums]

His songs have unique harmonies which made it more appealing to his fans. - Flemings Ultimate Garage

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> Alice Cooper : "The Eyes of Alice Cooper"

23 janvier 2004, par Ceddars [retour au début des forums]

Quand j’annonce depuis bientôt 15 ans que je suis fan d’Alice Cooper, on me regarde avec des yeux mi-amusés mi-interloqués, avec dans le regard la question "à quand remonte son dernier bon album ?", un peu comme quand j’affirme supporter le standard et qu’on me rétorque "ah oui, pas un titre en 20 ans"... Eh bien, tremblez sagouins, cet album d’Alice va clouer le bec à toutes les Limp Bizkite Nickelback Metallicqueries récentes ! En faisant, comme le dit l’article, du (très bon) neuf avec ses influences passées, en renouant avec la gouaille, la voix (pas une ride entre "Novocaine" et le ton de "Elected" par exemple), on se rend compte qu’Alice a (enfin) tout compris et que non, décidément non, les vieux rockers ne sont pas encore à la retraite ! Chapeau (haut-de-forme de croquemitaine de rigueur) bas, M’sieur Furnier !

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