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Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"
Un laboratoire de vieux sorciers

mardi 17 février 2009, par Julien Gas

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Bien que possédant les précédents opus d’Animal Collective, je ne fais pas partie de cette armée de fans criant au génie à la moindre note sortant du laboratoire des New-Yorkais. J’ai toujours jeté une oreille attentive aux productions du groupe, elles m’ont d’ailleurs toujours étonnées par leurs folies et leurs expérimentations. Aucun de leurs disques n’est toutefois resté, pour moi, un album de chevet. Non, Animal Collective n’a jamais été de ces putains de groupes dont les putains de chansons m’obligent à les réécouter sans cesse. C’est un énorme labo, à l’expérimentation labyrinthique ; source de tant d’idées créatrices où viennent piocher à leur guise de nombreux concurrents... mais il manque néanmoins à chaque fois un petit quelque chose pour me faire succomber. Peut-être un brin d’émotion.

Animal Collective débarque, une nouvelle fois, avec un album plein d’inventivité et de folie, mais, fait nouveau, Merrywheater Post Pavillion lorgne vers des chansons aux formats plus pop, lumineux, voir carrément accessibles dès la première écoute (My Girls). Animal Collective aurait-il vendu son âme au diable ? Pas vraiment, non, bien que plus sucré, leur neuvième album n’en reste pas moins arty et tortueux, tout en contenant de véritables chansons. Pas la peine de vous dire que la presse est unanime (des magazines féminins branchés aux musicaux plus pointus) : on commence à s’y habituer.

Chose beaucoup plus irritante, le disque est déjà considéré comme album de l’année par une partie de cette même presse et de la blogosphère, sauf que, l’année vient à peine de commencer. Dans ces conditions là, n’apprécier que moyennement Merrywheater Post Pavillion devient presque une faute de goût. J’y ai mis du miens, connaissant la complexité des albums d’Animal Collective, attendant un nombre important d’écoutes (au casque) pour me faire une idée précise de la qualité de l’album. Conclusion : Merrywheater Post Pavillion n’est pas un chef d’œuvre, Merrywheater Post Pavillion est pourtant très beau, Merrywheater Post Pavillion est complexe mais pop, Merrywheater Post Pavillion est à la fois aquatique et électronique, plus encore que Strawberry Jam qui s’aventurait pourtant déjà dans des courants plus techno. Merrywheater Post Pavillion est, malgré cela, probablement le meilleur album d’Animal Collective.

Animal Collective deviendra, sans aucun doute, un groupe culte, un de ces groupes tellement fous, qu’il restera dans les mémoires...... (collective va sans dire). Un groupe important de la scène pop-rock, car à chaque nouvel album, il pousse la musique pop dans ses retranchements les plus extrêmes, dans ses terrains les plus obscurs et inexplorés et rien que pour cela, je respecte énormément leur formation. Malheureusement, bien qu’une nouvelle fois impressionné et conquis par de nombreuses chansons - l’énorme My Girls, le fabuleux Daily Routine, le très beau et mélancolique No More Runnin ou encore le joyeux Summertime Clothes aux rythmes martiaux et frénétiques, l’album, dans son ensemble, reste encore un peu indigeste.

Animal Collective arrive donc, début 2009, avec cette neuvième plaque, dont il ne manque pas grand-chose pour qu’il soit le très grand disque que l’on attend d’eux. Certains parient déjà, qu’avec un Merrywheater Post Pavillion s’égarant vers le format chanson, le prochain album des musiciens de Brooklyn sera encore plus pop et fera d’eux le Radiohead américain, conciliant expérimentation et format radio.

Moi, je crois surtout qu’Animal Collective restera toujours ce groupe barré, superposant les sons et chantant, à la manière de vieux sorciers, des paroles aux échos chamaniques et aux profondeurs abyssales.

www.myspace.com/animalcollectivetheband

Animal Collective sera en concert le 18 mars à L’Ancienne Belgique et le lendemain, 19 mars à L’Aeronef de Lile.



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Julien Gas





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"
(1/5) 12 novembre 2016
Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"
(2/5) 9 avril 2009, par indecenthope
Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"
(3/5) 30 mars 2009, par indecenthope
Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"
(4/5) 17 février 2009, par rens
Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"
(5/5) 17 février 2009, par Vincent Zabladowski




Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"

12 novembre 2016 [retour au début des forums]

Impressive work. This is really an excellent album. - Paradise Home Improvement Charlotte

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Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"

9 avril 2009, par indecenthope [retour au début des forums]

j’adore ce titre !

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Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"

30 mars 2009, par indecenthope [retour au début des forums]

Trop stressé pour réussir !

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Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"

17 février 2009, par rens [retour au début des forums]

Bien d accord avec cette chronique...
On dirait que les critiques unanimes on fait passer l’intellect avant le ressenti. C est selon moi ce qui les differencie de radiohead, par exemple.

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Animal Collective : "Merrywheater Post Pavillion"

17 février 2009, par Vincent Zabladowski [retour au début des forums]

Mouais... Loin de moi l’idée de cracher sur ce groupe- j’ai adoré Animal Collective jusqu’ici -, mais j’ai été vraiment irrité par ce consensus mou qui a érigé Animal Collective comme l’influence majeure de la scène alternative du 21e siècle. Qu’on arrête de rigoler.... Qu’on me cite au moins 5 groupes qui s’inspirent d’Animal Collective. Le premier qui répond MGMT doit réviser ses Flaming Lips et Mercury Rev illustrés. Non, Animal Collective n’a jamais été qu’un savant bouillon noisy-folk-psychélico-expérimental comme des Flaming Lips ou Mercury Rev en pondait des 100x plus ingénieux au début de leurs carrières. LE truc avec Animal Collective est qu’il s’est très facilement démarqué de la concurrence par cette inimitable influence de sioux complètement barrés qui transforme leur musique en joyeux trip chamanique.

Le hic avec Merrywheater Post Pavillion est qu’on dirait que le groupe a troqué ce côté sioux cette influence d’apaches enragés contre des remèdes vaudou africains. Il a cette naïveté mélodique des bondieuseries africaines. Le pire avec Merrywheater Post Pavillion reste son effroyable manque d’explosivité. L’électro-encéphalogramme de cet album est plat. La plage type de cet album semble avoir été composée par un groupe ayant découvert les fonctions loop, echo et delay d’un sampler. C’est quasi toujours des constructions basées sur un battement tribal étouffé par une superposition de boucles d’arpèges synthétiques noyés dans des effets aquatiques complètement chloroformant sur laquelle surnage un chant poussif rappelant le lyrisme de Johnny Clegg. On n’a aucun mal à imaginer le clip tourné au Zimbabwe où l’on verrait le groupe respirant le bonheur entouré de pauvres enfants africains tout heureux de danser sur leur musique.

Ce n’est pas parce qu’une musique ne risque pas de heurter les oreilles qu’elle mérite pour autant l’étiquette pop.

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