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Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
La Belgique a trouvé son Radiohead !

mercredi 15 décembre 2004, par Laurent Bianchi

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Ceux qui pensent que Pop-Rock.com est un site belge qui dit du bien des artistes belges par chauvinisme feraient mieux d’écouter ces groupes et de le reconnaître : ils sont excellents, et 2004 les aura enfin fait connaître. Bacon Caravan Creek ferme le défilé. Et comment !

Bacon Caravan Creek est un quatuor primé au Concours Circuit de l’an dernier, bien que ce soit derrière les Hollywood Porn Stars. Je dois vous avouer que quand on vous annonce les choses comme ça, ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus aguicheur, allez savoir pourquoi. La réception du CD ne changera pas grand chose à mes préconçus, la pochette n’étant franchement pas très vendeuse. A noter tout de même que derrière les manettes se trouve, à côté de Géraldine Capart, l’incontournable en la matière au plat pays : Rudy Cloclet (Arno, Sharko, Mud Flow).

En écoutant le disque, une chose frappe d’entrée de jeu : c’est très bon. C’est si rare d’avoir une si bonne première impression qu’on se dit qu’il y a anguille sous roche, que le soufflé va retomber : vous savez, il y a des CD comme ça, auxquels on accroche tout de suite. Et puis, au bout de la quatrième écoute, ils volent dans une étagère afin d’y prendre la poussière de votre piaule. Ici, rien de tout cela. On se sent happé, hypnotisé, sous le charme, et on ne sait pas trop pourquoi, on a du mal à mettre des mots sur les sensations et sentiments provoqués par l’écoute de Behind a wish. On ne comprend pas, et comme on dit : l’amour a ses raisons que la raison n’entend guère...

Voilà, le mot est lancé, une véritable histoire d’amour commence entre l’auditeur et BCC. De plus, au fil des écoutes, on découvre tant de nouveaux sons, de petites trouvailles, de mélodies cachées, de bruitisme harmonieux que l’on ne sait quelle sera la dernière écoute. Très varié, ce premier album est si bon que c’en est étourdissant. On pense à dEUS, c’est vrai, mais pas parce qu’il sont Belges, non, on ne va pas faire ce genre de raccourcis si faciles... Non, le même goût pour l’expérimentation sonore, le même talent à faire sa musique là, dans son coin, en dépit des us et coutumes des collègues. Doués les gars, je crois bien tenir ici les vraix nouveaux dEUS, car ils ont ce son absolument propre qui fera - forcément - référence. Mud Flow pour le lyrisme guitaristique, pour ces envolées noisy, est également évoqué. Grandaddy aussi, pour cette ambivalence aigre-douce. Une dimension de grandeur, d’amplification, de mur de son rocambolesque figurent déjà ici en studio. La théorie parfaite avant la pratique, en quelque somme. On n’ose imaginer ce que ces gars-là valent sur scène. Cette impression de finition très aboutie est probablement due aussi à l’utilisation de l’électronique : ce ne sont pas de simples nappes synthétiques qui sont offertes en fioritures, non, on sent des gars qui s’y connaissent en bidouillages électro, autant qu’un Soldout : l’ambiance apocalyptique qui envoûte Finally, this punk rocker is taking acid - clin d’oeil aux Flaming Lips - pourrait figurer dans Stop Talking. Enfin, vous l’aurez compris, n’en déplaise à certains, le meilleur de la scène belge se retrouve ici réuni.

Alors, tant qu’à faire, n’ayons pas honte de citer les grandes références non-Belges : Radiohead, période OK Computer (autant dire un des chefs-d’œuvre du siècle dernier). Dès la très belle chanson à tiroirs qui ouvre l’album, on pense à la bande de Thom Yorke. Il y a aussi un côté rock indépendant, et Blonde Redhead en particulier, qui caractérise les morceaux qui défilent. La guitare de Jonathan Nederlands est souvent lyrique, mais sait aussi se faire criarde ou aérienne, la batterie de Xavier Schmitz est parfaite dans sa recherche de nouveaux tempos, sur un fond de basse très rythmée (inspirée de la dub, c’est flagrant sur Sad tiny variations) et de joujoux électroniques foutraques qui viennent jeter une ambiance cracra du plus bel effet. Enfin, le chant de Nicolas Perat est toujours très juste. Les cassures de rythme dans plusieurs morceaux amènent ce sentiment de perfectionnisme, en d’autres termes, aucun titre ne tient la place du remplissage. Tout est à propos, inspiré, ambitieux. La première moitié est plutôt rock, la deuxième plutôt techno : c’est la quadrature du cercle. I’m a radio et Coma Tale, au beau milieu de l’album, est un bel exemple du melting-pot que ces jeunes gens proposent : une belle mélodie caressée par des bruits entêtants. On imagine sans peine comment le public va se défouler sur Jack’s unique welfare, à l’instar de Ghinzu. Enfin, comme une cerise sur le gâteau, A small, rustic, shady and simple road doesn’t want to attract attention vient clôturer sous des sonorités ambient cette très bonne plaque.

Pourquoi ce nom, Bacon Caravan Creek ? Pour mieux cacher, sous une appellation qui évoque tout et n’importe quoi, un très bon groupe sur qui il faudra à coup sûr compter. Ils sont très jeunes. Ils ont un avenir flamboyant qui les attend. Et l’on comprend soudain pourquoi la pochette arbore des ventouses...



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Laurent Bianchi





Il y a 12 contribution(s) au forum.

> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
(1/6) 19 mai 2005
> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
(2/6) 19 mai 2005, par electric barbarella
> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
(3/6) 16 décembre 2004, par ju
> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
(4/6) 16 décembre 2004
> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
(5/6) 16 décembre 2004
> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"
(6/6) 15 décembre 2004




> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

19 mai 2005 [retour au début des forums]

J’adore ! Sur scène ils en jettent un max, à voir absoluement ! L’album sonne plus électro et il m’a fallu un peu de te temps pour rentrer dedans mais une fois qu’on y est... Excellent !

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> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

19 mai 2005, par electric barbarella [retour au début des forums]

Certes leur son est bon, mais c’est du Radiohead tout craché, et même sur scene le chanteur imite Thom Yorke !J’ai l’impressoin que ça ne choque personne ; pourtant, toutes les fois que je les ai vu j’ai failli m’arracher les cheveux de la tête tellment ça fesait mal de voir ça. Radiohead n’est meme plus une influence, ce sont maintenant des Radiohead Impersonators. A quand la tournée à Las Vegas ?
Bravo !

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    > Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

    4 juin 2005, par Anne [retour au début des forums]


    M’enfin !!
    Je ne vois vraiment pas en quoi ils ressemblent à Radiohead !!!
    Je trouve ça très bon, et je reconnais plutôt des influences belges qu’anglaises !

    Le chanteur et le groupe vivent leur musique de la manière dont ils la sentent il me semble, comme beaucoup d’autres groupes !

    Quelle triste époque nous vivons ...

    Pour ma part, Je trouve que :

    - Hollywood porn star a tout piqué à Pearl Jam/at the drive in.
    - Ghinzu me fait penser à Elvis.
    - Millionnaire à Jeff Buckley.
    - Starving à Lio.
    - Minérale à Ghinzu.
    - Malibu Stacy à Blur
    - Soldout à IamX
    - Girls in hawaii à Grandaddy
    - Sharko à Henri Dès
    - Austin Lace à une pub pour "monte de zot"
    - bacon caravan creek à Arab Strap
    - Ete 67 à Raphaël
    - Jeronimo à placebo et Jérôme Minière
    - The strokes à Television
    - Vincent Venet à Calogero
    - Sweek à godspeed you black emperor
    - Mud flow, ça dépend des périodes ...
    - Showstar à The libertines
    - Yel, vous l’avez deviné ...
    - Je trouve aussi que les choristes ont pompé sur La mauvaise éducation ...
    - ...

    Une fan

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    > Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

    6 septembre 2006 [retour au début des forums]


    tant5 mieux si ca ressemble a Radiohead, geen probleem je croi que lalbum est bourre dinfluence et que sur scene c tro jouissif . nico a de magnifi9que mouvement vachement inspire de thom ms c fabuleux qd meme.

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> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

16 décembre 2004, par ju [retour au début des forums]

Je partage totalement votre avis. Certain titre sont un peu trop électro-bricolage mais l’ensemble est grandiose, surtout pour un premier album ! L’avenir de BCC est très très prometeur ^^

A découvrir absolument, courez l’acheter. Et allez les voir sur scène, c’est envoutant (le 18/12 à l’escalier, Liège)-> www.bacon.be.

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> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

16 décembre 2004 [retour au début des forums]

ça sent la jeunesse à plein nez, mais quel potentiel !!!! et sur scène, mes amis, ça doit être pas mal du tout... enfin un groupe belge qui a bien digéré la culture musicale de ’90... longue vie à eux, j’attends la suite avec impatience !!!

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> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

16 décembre 2004 [retour au début des forums]

C’est vrai que certains titres sont vraiment grandioses et envoutants.
Je regrette quand même l’electro qui ne me satisfait pas plus que ca, mais bon, on la sent comme transition et non comme morceau a part entiere.

Du tres bon boulot, je me rejouis de pouvoir en entendre l’evolution.

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> Bacon Caravan Creek : "Behind a wish"

15 décembre 2004 [retour au début des forums]

En tt cas, moi vous m’avez convaincu, voila un cd qui fera un joli petit cadeau sous le sapin.

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