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Björk : "Volta"
Hyperballads

vendredi 11 mai 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Quel soulagement ! Après un Medúlla compliqué, voire parfois à la limite de l’indigeste, on avait un peu peur que notre chère petite fée islandaise ne continue de verser dans l’expérimentation intellectuello-minimaliste et ne finisse plus que par nous pondre des albums "for fans only", inaudibles en toutes circonstances. Mais là non ; mis à part le sympathique côté Orangina de la pochette, on retrouve enfin du grand Björk.

Pour tout vous dire, cet album semble revenir un cran en arrière et reprendre en fait le chemin là où Post et Homogenic semblaient avoir lâché l’affaire. En un mot précisément : on retrouve la Björk des années 90, celle qui parvenait à innover sans pour autant faire du bruit inconstant qui n’avait d’autre intérêt que de provoquer soit l’admiration des bobos conquis, soit l’aversion des amateurs un peu moins intéressés par l’art pour l’art, si j’ose dire. Première chose à noter : le retour aux manettes du sacro-saint Mark Bell (de chez LFO), dont le curriculum vitae n’est plus à contester, mais également l’arrivée pour le moins imprévisible de Timbaland, LE producteur de pop ou de r’n’b à la mode ces derniers temps. Le mélange vous fait peur ? Rassurez-vous, vous pouvez soupirer de soulagement : Volta, c’est tout simplement du grand Björk, comme on avait plus eu l’habitude d’en entendre depuis longtemps.

Des invités de marque, il y en a d’autres : sur Dull flame of desire et le frissonant final My juvenile, c’est Antony Hegarty (Antony & The Johnsons) qui accompagne Björk pour pousser la chansonnette. Moi qui ne suis pas du tout une fan de ce groupe de lamantins, j’ai pourtant été séduite cette fois par la manière dont Antony parvient à compléter la voix de Björk et à la poser de façon nettement moins apoplexique qu’à son habitude. Un bon point, donc. Sur le tribal Hope, on retrouve avec bonheur le musicien malien Toumani Diabaté qui donne un côté contemplatif et presque japanisant (et oui !) au morceau co-produit par Timbaland (encore lui). Sur le geishesque I see who you are, c’est cette fois Min Xiao-Fen qui épaule l’artiste islandaise. D’une façon générale d’ailleurs, on sent que Volta a été inventé dans un désir de revenir à des sources musicales plus authentiques, plus contemplatives, chargées de mélanger musiques traditionnelles (ou ethniques) et rythmiques nettement plus tribales.

L’album oscille entre morceaux bien trempés (Earth intruders, le premier single, ou encore le saturé et extrêmement déroutant Declare independence, à la limite de l’énergie punk) et plages plus calmes, plus orchestrales (Vertebrae by vertebrae et le classique Penumonia). En définitive, tout semble réuni pour que cet album soit à la fois bien plus accessible pour le fan de Björk resté coincé sur ses trois premiers disques, mais également pour que Volta insuffle un nouveau souffle musical à la carrière de la chanteuse. L’album est bon, voire très bon, et restera sans doute l’un des moments phares de la discographie de Madame Gudmundsdottir. Si vous aviez peur de Medúlla, rassurez-vous : vous pouvez fondre sur Volta les yeux fermés. On y retrouve tout simplement Björk, comme on l’aime.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 15 contribution(s) au forum.

Björk : "Volta"
(1/8) 24 mai 2007, par Al-kE-mE
Bon, là j’ai du mal à faire court...
(2/8) 15 mai 2007, par Walter Benjamin
Björk : "Volta"
(3/8) 14 mai 2007, par Sylvain
Björk : "Volta"
(4/8) 14 mai 2007, par Koos-Tow
Björk : "Volta"
(5/8) 12 mai 2007, par Ardéa
Björk : "Volta"
(6/8) 12 mai 2007, par Walter Benjamin
Björk : "Volta"
(7/8) 11 mai 2007, par Yû
Björk : "Volta"
(8/8) 11 mai 2007




Björk : "Volta"

24 mai 2007, par Al-kE-mE [retour au début des forums]

Björk a toujours été innovatrice dans sa musique et sa façon de chanter. C’est une petite fée qui a su ne pas se brûler les ailes dans le marketing et les sombres histoires mercantiles (genre MIKA ou KATHERINE que vous glorifiez tant...)

Bon cet album est tout à fait ... volcanique ! Comment dire ? On ne s’ennuie pas une seconde ... je l’avais un peu perdue de vue après plusieurs années (j’ai pas tellement écouté en fait :-D) mais là, je dois dire que c’est bien, même parfaitement bien.

Un comeback vraiment réussi. Pas comme Air ... hinhinhinhin.

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Bon, là j’ai du mal à faire court...

15 mai 2007, par Walter Benjamin [retour au début des forums]

Bon, voilà, je l’ai réécouté plusieurs fois, de diverses manières et sans jamais me forcer. Alors... Je trouve que c’est effectivement plutôt un bon album mais enfin, comment dire... Eh bien voilà : je lui trouve des longueurs, j’y entends quelque remplissage ; et je maintiens : quelques facilités ou concessions. Défauts qui m’avaient toujours semblé absents des oeuvres de cette artiste (du moins de ce que j’en connais). Je ne suis toujours pas certain que "Declare Independance" ou "Hope" soit encore écoutables dans deux ans. Voir... Et la chanson "The Dull Flame Of Desire" est peut-être l’exemple même de la fausse bonne idée : longue durée pas vraiment justifiée, paroles simili-Björk (entendre auto-parodiques mais sans humour apparent), progression finalement assez prévisible... Et les invités n’y semblent guère à l’aise : le batteur Brian Chippendale (de Lightning Bolt), habitué aux métriques fracassées, délivre ici une rythmique très linéaire, avec montée d’intensité plutôt cliché et qui plus est sous-mixée... Et surtout : la voix d’Atony me semble ici pesante, surjouée, pénible, au final. En fait, c’est la première fois que Björk me donne l’impression d’avoir zappé par erreur sur Radio Nova. Et là, franchement, il y a malaise !

Alors qu’on "retrouve enfin du grand Björk", je n’en suis pas si certain. Ce que je peux lire ça et là de ce disque me semble un peu trop unanime, d’un enthousiasme souvent précipité et précisément basé sur ce genre d’attentes angoissées ("le grand retour de la diva"). Un peu trop sur le ton du soulagement. Peut-être aussi faudrait-il penser à lâcher les artistes avec ce type d’ultimatums puérils ("Refais ce qu’on aime ou on ne t’aime plus !") ; il est possible qu’alors sortent moins de disques moyens, trop longs ou bassement contractuels...

Ceci dit, "Vertebrae by Vertebra" m’enchante à chaque passage ; et j’écoute de nouveau Björk, ce que je n’aurais pas cru il y a encore peu.

Merci au mois pour ça !

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    Bon, là j’ai du mal à faire court...

    15 mai 2007, par Walter Benjamin [retour au début des forums]


    PS1 : Désolé pour les fautes de frappe...

    PS2 : Dans la foulée j’écoute "Medùlla" (sur quoi je n’avais pas posé l’oreille à l’époque). Je le trouve nettement plus réussi. Et je ne comprends pas ce qu’on lui reproche d’inacsessible ou de foncièrement anti-pop...

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Björk : "Volta"

14 mai 2007, par Sylvain [retour au début des forums]
http://androgen.oldiblog.com

J’attends "Volta" dans ma boite aux lettres dans les heures ou les jours qui viennent... donc je ne peux pas me prononcer au sujet de et album.
Cependant, je suis un fan de l’album "Medula", c’est à vrai dire celui que je prends le plus de plaisir à entendre avec "Post". Il est clair que "Medula" n’est pas l’album qui s’apprivoise dès la première écoute, mais c’est un délire. Ca peut paraître le bordel par moment ("Where is the line") mais ce bordel n’est pas non plus du n’importe quoi. Il y a de très belle plage comme "Oeania" ou en encore "Who is it" et le final "Triumph of the heart" qui est une réussite complète ! J’ai évoqué que quatre morceaux de cet album, mais bien sûr, ce ne sont pas les seuls à être de superbes titres.
Post, j’aimais le côté Jazz-eletro, mais il faut admettre que les premiers albums solo de Bjork sont des albums plus Dancefloor que les derniers...
Ce que j’entends pas là, c’est qu’il est plus facile, forcément, d’apprécier un album "grande distribution" qu’un album plus expérimental. Mais je ne crois pas que Bjork, comme certains l’ont dit, ce soit égaré en chemin, elle a suivie ses inspirations et ses envies, et pour ça, on ne peut que l’admirer. Il y a si peu d’artistes "connus" qui en sont capables et qui ne se laissent pas manipuler par le marketing...
Si vous êtes vraiment fan de Bjork, vous devez alors connaître KUKL, c’est le groupe dont elle était la chanteuse avant de faire partie des Sugarcubes. Remettez vous leur musique sur les oreilles et vous vous appercevrez que Bjork ne n’est jamais perdu dans l’expérimentation, c’est en elle tout simplement. Et ce côté déroutant fait tout ce qu’elle est : on ne sait jamais où elle vat nous emmener... C’est plutôt cool d’être miprévisible et créatif à l’heure où les radios assassinent nos oreilles à coups de varièt’ et de R’n’B...

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Björk : "Volta"

14 mai 2007, par Koos-Tow [retour au début des forums]

Les secrets d’une bonne collaboration artistique...

http://creafab.free.fr/Tut_blender/...

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Björk : "Volta"

12 mai 2007, par Ardéa [retour au début des forums]

Ahem, c’est pas pour être méchant, mais le ton de cette chronique fait un peu "vieux con" du "c’était mieux avant" ravi qu’on revienne en arrière... pop-rock.com m’avait habitué à mieux, dommage...

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    Secouez-moi, secouez-moi

    13 mai 2007, par Ombremor [retour au début des forums]


    Arrête ! Elle est de son temps : elle trouve même le moyen, via cet habile "mis à part le sympathique côté Orangina de la pochette" de faire son point critique ("on ne me la fait pas, à moi !) tout en ménageant les susceptibilités du partenaire ("sympathique")

    Je ne ferai pas l’effort de me taper le nouveau produit de la diva (je l’entendrai même sans le vouloir : c’est l’avantage de ce genre d’artiste) mais j’avoue qque la pochette Big Foot meets Orangina m’a fait un sacré effet dans les rayonnages : quel fou-rire !

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Björk : "Volta"

12 mai 2007, par Walter Benjamin [retour au début des forums]

Après ses deux premiers albums, j’avais peu à peu cessé de m’intéresser au travail de Björk. Ou plus précisément d’autres musiques, pas forcément très pop-rock, s’étaient entre temps signalé à mon attention et l’avaient autrement captivée. Disons que j’avais un peu cessé de prendre des nouvelles de la Dame sans pour autant lui retirer mon affection, ni renier l’euphorie que pouvait encore m’inspirer certaines de ses chansons.

Et voilà que je lis ta chronique. Et voici que me reprend l’envie... Bon. Je me procure l’album.

Eh bien... Sans déclarer, comme le ci-dessous Grossier ou son Pessimiste Prédecesseur, l’ensemble de l’album absolument mauvais, je dois bien admettre que je ne partage pas tout à fait ton enthousiasme. Certains morceaux me semblent un peu grèvés par de très actuelles manies de production, des ornements qui risquent de les faire vieillir assez vite et assez mal. La fusion électro-malienne de "Hope", par exemple : je n’y entends pas, moi, de côté japonisant mais plutôt les échos déjà plus très frais des expériences afro-house plus ou moins subtiles de ces dernières années (des essais diversement emballants de Frédéric Galliano aux pesants remixes de Magic System par Bob Sinclar et consorts...). Ou le coup de nerf -pas déplaisant au demmeurant- de "Declare Independance" : énergie punk d’accord, mais est-on si loin que ça des frasques de Peaches ou des Chicks On Speed, qui faisaient fureur il y a quelques saisons de ça ? A l’époque on appelait ça Electroclash. Qui s’en souvient...

Bien sûr, c’est Björk alors ça passe : il y a toujours la voix et je crois qu’il y a encore des chansons. Il y a toujours ce sens mélodique un peu insulaire, particulier, euh... Islandais, peut-être, qui m’avait d’abord enchanté. Alors je me donne encore du temps. Plusieurs écoutes à des heures diverse, en variant les circonstances, le volume, les positions. Histoire à suivre, donc, pour ma part. J’avais peut-être tout simplement un peu trop envie d’aimer ça... L’avenir me le dira ; ou pas, vas savoir s’il s’en fout...

P.S. : Qualifier de "lamentin" le sieur Anthony ne me semble pas tellement irrespectueux. C’est très joli, le chant de ces bêtes-là ! Même si d’aucuns trouvent que ça peut lasser...

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Björk : "Volta"

11 mai 2007, par  [retour au début des forums]

Medulla était une réussite. Il fallait prendre son temps pour l’apréhender, mais même moi qui était réfractaire dès le départ au concept, je suis tombé sous le charme de cet album audacieux.

Le bon côté de Volta, c’est que Björk n’a pas tenté de "Medulla 2". Pour le reste, et après plusieurs écoutes espacées, je continue de ressentir cet album comme une compilation de chutes issues des trois premiers albums de Björk. C’est tout simplement mauvais.

Allez, c’est bon Clarisse, t’as plus qu’à sucer ce vieux con de Manoeuvre, et tu auras ta place dans son papier cul offset.

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Björk : "Volta"

11 mai 2007 [retour au début des forums]

Cet album est "chiant" sur la longueur......il n’y aura plus de "grand" Bjork....elle a fait le tour du sujet sur 3 albums (les premiers...) puis s’est perdue en cours de chemins (les suivants......) et essaye de revenir à un plus grand succès médiatique, c’est tout.tout..........

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    Björk : "Volta"

    11 mai 2007 [retour au début des forums]


    traiter Antony and the Johnsons de lamantins ou quelque chose dans le genre, cela me gene fortement ...
    D’autant plus genant que je trouve que la presence d’Antony n’est pas utilise de facon maximale (notamment sa voix qui n’atteint pas les sommets de "I am a bird now" pour n’en citer qu’un).
    Pour Volta, je suis plus mesure... l’album ayant ete presente comme un disque pop par Bjork elle meme, on ne peut qu’etre surpris au vu du contenu final. Non pas qu’il soit mauvais (il est meme bon, voire tres bon), mais je ne le considere pas comme "facile d’acces". "Homogenic" etait bien plus facile a apprehender a mon sens que ce "Volta"...
    Donc Bjork a un peu trompe son monde sur la marchandise dans ses interviews promotionnelles. A moins que le mot pop pour elle ne soit de l’avant garde pour nous autres, commun des mortels.

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      Björk : "Volta"

      12 mai 2007 [retour au début des forums]


      http://www.francematin.info/Sauveta...

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        Björk : "Volta"

        27 mai 2007, par philippe [retour au début des forums]


        Eh bien moi Björk ça me laisse froid.
        Pour moi ce n’est que du style et rien dedans, ce n’est pas composé.
        Essayez donc de chanter du Bjork piano voix ou guitare voix, tout s’écroule.
        Alors bien sûr c’est très bien produit, très avangardiste, très tendance intello je-me-la joue-je-compose-en marchant-pour-avoir-des-tempos de 90 bpm mais ça ne fait pas de bonnes chansons.
        Il est vrai que je suis un peu vieux con : pour moi une bonne chanson est avant tout une bonne mélodie servie sur de bonnes harmonies.
        Elle a sans doute la créativité mais il lui manque un peu de connaissances musicales. Composer avec un instrument et quelques bases d’harmonies c’est bien aussi.

        Philippe

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