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Death In Vegas : "Satan’s Circus"
Heil Kraftwerk !

jeudi 30 décembre 2004, par Laurent Bianchi

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Death in Vegas a sorti un album en cette fin d’année. Oui. Il est passé inaperçu, n’est-ce pas ? En l’écoutant, on comprend pourquoi personne n’en parle : il n’est point à la mode, il n’y a pas comme à l’accoutumée d’adjuvant racoleur du type Iggy Pop, Dot Allison, Paul Weller, Bobby Gillespie ou Noel Gallagher. A propos de ce dernier, on parle plus du fait que le duo Tim Holmes et Richard Fearless ne produira pas la prochaine galette d’Oasis que de leur propre opus, Satan’s Circus... Et pourtant, ce n’est pas la qualité qui fait défaut ici !

Rappelons que c’est avec un autre duo, les Chemical Brothers, qu’ils ont réconcilié les fans du rock et de la techno. Alors que le duo big beat va plutôt explorer l’électro, Death In Vegas fera le contraire, injectant des doses narcotiques de sons enivrants et hypnotiques, et n’hésitant pas à compter de "vrais" musiciens (entendez avec de "vrais" instruments) parmi les ingrédients de leur drogue explosive.

Avec Death In Vegas, on croit à chaque fois que tout a été dit, et on se demande bien avec quoi ils vont bien pouvoir débarquer la fois suivante. De plus, leur collaboration, avortée par la suite, avec Oasis laissait présager un proche futur davantage rock. Et puis non, ils débarquent toujours là où on les attendait le moins. Ici, virage à 180 degrés, c’est la techno pure et dure qui sert d’autel à leur prêchi-prêcha. Et quoi de mieux que de disperser la bonne parole teutonne de Kraftwerk, Dieux vivants parmi les technoïdes humanoïdes ? Aussi bien dans les intitulés (Ein für die Damen, Heil Xanax) que dans le décorum industrieux et froid de Trans-Europe Express pour Zugaga et de Autobahn pour Kontroll, le quatuor de Rhénanie est honoré comme il se doit. Parfois ça va même plus loin, comme sur Come over to our side, softly softly qui distille du minimalisme à la louche. Une autre constante dans ce cirque de Satan, c’est la révérence appuyée à la dub, avec une basse qui dégouline de partout et qui rappelle la plaque sortie cette année par les Two Lone Swordsmen (voir ici).

Pas le moindre signe (même en simili) d’une voix humaine sur ce disque : les machines ont écrasé l’humanité, Unsere Heimat : Komputerwelt, mais cela ne les empêche pas d’offrir des voyages planants parmi leurs paysages lascifs (Anita Berber). En fait, pendant que d’autres s’amusent à faire des DJ kicks et des Remixed, DIV enlève ses frasques et se met à nu.

En bonus, on trouvera un Live at Brixton qui sonne comme un best of amplifié, très rock, qui contraste avec (et complémente) le premier.



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Laurent Bianchi





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Death In Vegas : "Satan’s Circus"
(1/2) 24 mars 2009, par Slowdevil
> Death In Vegas : "Satan’s Circus"
(2/2) 6 avril 2005, par nico




Death In Vegas : "Satan’s Circus"

24 mars 2009, par Slowdevil [retour au début des forums]

J’aime bien ce disque à ambiances ; ça change 1 peu de la soupe aseptisée qu’on nous sert le + souvent...

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> Death In Vegas : "Satan’s Circus"

6 avril 2005, par nico [retour au début des forums]

Attention cet album contient des perles à faire danser le diable lui-même :
Zugaga, Sons of Rother, Ein Fur Die Damen, Anita Barber.
Création hors-norme de Death In Vegas, une sorte de Kraftwerk des années 2000,
terriblement noire et lucide, qui touche les profondeurs de l’âme humaine.

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