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Florent Marchet : "Gargilesse"
Il s’en tire pas mal !

jeudi 21 octobre 2004, par Nicolas Thieltgen

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Grande cuvée 2004 pour la chanson française : après les échappées belles de, citons au hasard, Daniel Darc, Autour de Lucie ou JP Nataf, un nouvel arrivant met tous nos sens en émoi. A la croisée des chemins de traverse tracés par Dominique A et Jean-Louis Murat, Florent Marchet propose un album prodigieusement bien écrit. Un grand songwriter est né !

« Alors tu t’es marié à Levallois-Perret - Tu as trouvé une maison - Et un job à la con - Tu ne descends pas souvent - Juste pour voir tes parents - Je les croise parfois - Mais on ne se parle presque pas - C’est peut-être mieux comme ça » . Ainsi qu’on le constate dès la première chanson de Gargilesse (le revanchard Levallois-Perret), Florent Marchet manie bien les mots. Mais ce n’est pas tout : l’écoute du reste de son premier album nous permet également de constater que le jeune homme manie parfaitement l’ironie, l’humour, la tendresse ainsi qu’un sens du burlesque tout personnel et tout cela en restant à hauteur d’homme, sans jamais être inabordable ou cabotin. Rien que ça... Etat des lieux d’une révélation.

Révélé en 2002 sur la compilation CQFD des Inrockuptibles (sélection de démos composés et joués par les lecteurs du magazine français), Florent Marchet propose sur son premier opus une chronique habile et inspirée des joies et tourments d’un quasi-trentenaire. Cherchant son inspiration tantôt dans ses souvenirs d’enfance (Le Terrain de Sport, chronique à deux voix d’ébats adolescents), tantôt dans ses galères d’adulte (Je n’ai pensé qu’à moi, confession lucide et acide d’un post-étudiant dans l’impasse), le multi-instrumentiste du Berry (guitares électriques et acoustiques, basse, piano) vise juste et trouve l’équilibre entre plume trempée dans le vitriol (Tous pareils) et tendresse contemplative pour les perdants et les choses de la vie. Après réflexion, on pense à des références pas nécessairement évidentes, ni proches, telles que Jarvis Cocker (Pulp) ou Mike Skinner (The Streets), pour mieux décrire son art.

Pourtant, réduire Florent Marchet à ses talents de parolier serait une erreur, de même de ne voir en lui qu’un chroniqueur à la misogynie légère à la Miossec (d’ailleurs présent aux chœurs sur Je m’en tire pas mal), jouant d’intonations vocales à la Souchon (la ressemblance est certes frappante à certains moments).

En effet, les mélodies de Gargilesse sont régulièrement lumineuses, jamais décevantes. Evoquant par moment le regretté Elliot Smith (Mes nouveaux amis et son clavecin sixties), nom pourtant rarement cité pour décrire la musique Made in France, Florent Marchet sait visiblement trousser une mélodie digne de son nom et l’orner d’arrangement simples mais justes.

Gagnant sur tous les tableaux, son album s’impose rapidement à l’oreille et gagne ensuite en saveur au fur et à mesure des écoutes, les paroles de l’avant-dernière chanson de l’album, Je m’en tire pas mal , (« Je vais sortir de l’ombre - Faites-moi confiance - Avant, j’étais trop sombre - Je cassais l’ambiance - Aujourd’hui, je sais me vendre - Le milieu, je sais le prendre ») apparaissant au final comme un doux euphémisme pour celui pour qui on imagine déjà un avenir en grand. A découvrir d’urgence.



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Nicolas Thieltgen





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Florent Marchet : "Gargilesse"
(1/3) 5 décembre 2013, par eduardo
Florent Marchet : "Gargilesse"
(2/3) 22 mai 2006, par Laurent
> Florent Marchet : "Gargilesse"
(3/3) 5 novembre 2004, par youpi youpla




Florent Marchet : "Gargilesse"

5 décembre 2013, par eduardo [retour au début des forums]

Je suis heureux de trouver ce site. J’ai bien aimé et j’ai trouvé des informations utiles. Les articles sont bien écrits et les idées sont grands. check out miami beach real estate on podclass

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Florent Marchet : "Gargilesse"

22 mai 2006, par Laurent [retour au début des forums]

(des mois après...) Bon alors là j’ai l’impression d’arriver après l’averse, la soupe est refroidie, j’ai lu quelques critiques partagées, mais je vais l’avouer quand même, avec du retard (on découvre quand on peut) : je suis très heureux d’écouter Florent Marchet, et je ne vois pas pourquoi on s’en tenait un peu partout à dire "marre de la nouvelle génération" ou de "la nouvelle scène française" ; ça me semble plutôt proche de Dominique A que d’autres à qui on le compare. Côté instruments et arrangements, très bons, et en accord avec les textes : pas de superflu, tout se tient. Je l’ai emprunté, je vais l’acheter. Je sais que j’aurais plaisir à l’entendre, les jours de pluie comme par grand soleil, quelle que sera mon humeur. Le genre de textes et de sons qui convient à l’écoute silencieuse, entre soi. Voilà. C’était aussi pour réchauffer l’ambiance...

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> Florent Marchet : "Gargilesse"

5 novembre 2004, par youpi youpla [retour au début des forums]

Je m’étonne que le piteux exemple cité en début d’article veuille nous faire croire que Florent Marchet "manie bien les mots". On dirait juste du Delerm. Et hop, un nouveau chanteur "nouvelle scène française" à ranger entre sa collec de Télérama et son canapé Habitat. Le chien propre qui salit pas le tapis aime aussi ! Une chance. Mais comment ils font pour pousser aussi vite tout ceux là ?

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    > Florent Marchet : "Gargilesse"

    9 novembre 2004, par Nicolas Thieltgen [retour au début des forums]


    Je pense qu’il y a erreur à comparer Delerm et Florent Marchet ; ne serait-ce qu’en raison des capacités musicales bien plus grandes de Florent Marchet, ainsi que j’ai pu le relever dans cette chronique.

    De même, je pense qu’il est un peu rapide de cataloguer Florent Marchet dans la catégorie "Nouvelle Chanson Française", alors qu’au contraire de beaucoup des chanteurs du même age, ses influences sont plutôt anglo-saxonnes, voire américaines.

    En ce qui concerne la qualité de ses textes, je maintiens ma position : il manie bien les mots (même s’il n’est pas l’écrivain le plus prometteur de l’année - mais on parle de chanson, pas de littérature). De plus, je pense qu’on ne mesure pas la qualité d’un songwriter au caractère sophistiqué de son style (ce que le style de Florent Marchet n’est pas - j’en conviens), mais bien à sa capacité de suggérer en peu de mots une ambiance, une histoire, ce que Florent Marchet réussit plutôt bien...à découvrir donc !

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