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Great Lake Swimmers : "Ongiara"
Les chutes d’Ongiara

mercredi 18 avril 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Difficile de ne pas s’imaginer les splendeurs sauvages de la belle province à l’écoute de cet album magique et majestueux. Tony Dekker, l’homme derrière le projet Great Lake Swimmers, nous propose un troisième album au folk toujours aussi sombre et toujours aussi inspiré. Un album très proche musicalement des ballades scandinaves des Kings Of Convenience, mais qui permet à la personnalité de Dekker et à ses méandres torturés de s’exprimer pleinement, pour le plus grand plaisir des doux rêveurs mélancoliques que nous sommes.

On assiste depuis maintenant bientôt cinq ans à un véritable revival des scènes néo-folk. Non pas que cette scène ait un jour disparu entièrement de la surface de la planète musicale, mais les labels indépendants, les magazines et le public ont su petit à petit donner à nouveau du crédit à ces chansons simples, d’une sincérité à couper le souffle, capables de ramener au calme le plus grand des excités. Chez Dekker, c’est maintenant une tradition que cet Ongiara ne viendra plus démentir : ici, on mélange guitare acoustique, banjo, arrangement fluets et discrets et une voix éthérée qui hésite entre sérénité assumée et tristesse résignée. Qui plus est, Dekker parvient ici à s’entourer de véritables personnalités de la scène indépendante canadienne, puisqu’on retrouve aussi bien la voix cotonneuse de Serena Ryder qu’Owen Pallett, que l’on connaît mieux pour ses collaborations avec Arcade Fire et Final Fantasy. Au moins, tout est très clair.

On ne peut pas dire que les morceaux de l’album présentent d’indéniables particularités ou des personnalités hors du commun : inutile de rechercher ici la sonorité qui dérange ou là l’arrangement qui tue. Point d’artifice superficiel : tout est orchestré autour des deux organes les plus essentiels et les plus basiques des compositions de Dekker. Comprenez sa guitare acoustique et sa voix. Dans l’absolu, Dekker s’inscrit dans la tradition de songwriter canadien déjà présentée depuis des temps immémoriaux par le dinosaure Neil Young, mais dans les détails, ce troisième opus présente des titres véritablement exceptionnels de simplicité et de pureté. L’album semble en fait dédié tout simplement aux beautés naturelles du Canada.

Difficile en effet de trouver plus écologique que Your rocky spine, qui évoque bien évidemment les montagnes rocheuses du pays, ou encore Put there by the land. D’autres titres sont plus intimes et personnels, notamment le grand final I became awake ou encore le cycle de vie et de mort de There is a light. Le nom même de l’album vient en fait du nom du bateau que Dekker prenait au port de Toronto pour se rendre au studio d’enregistrement, sur l’île de Toronto. N’oublions pas non plus que Great Lake Swimmers ont obtenu le prix du meilleur artiste folk aux Canadian Independant Music Awards de 2004. Bon OK, vous me direz que ça ne vous dit rien sur la qualité du présent album. C’est pas faux. Cependant, pour le coup, on peut admettre que la récompense de 2004 (suite au premier album éponyme) était amplement méritée et que la qualité des compositions de Dekker ne cesse de s’améliorer depuis lors. S’il vous faut donc un album calme pour cet été, pour vos voyages en solitaires ou vos rêveries nocturnes, alors vous pouvez fondre sans mollir sur le petit bateau Ongiara.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Great Lake Swimmers : "Ongiara"
(1/1) 18 avril 2007, par Yû




Great Lake Swimmers : "Ongiara"

18 avril 2007, par  [retour au début des forums]

La mome s’améliore.

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