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Immune : "Not until morning"
Slow down

mardi 1er juillet 2008, par Geoffroy Bodart

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Le premier album d’Immune, Sound inside, est l’un des rares disques sur lequel notre ancien chroniqueur Albin Wagener et moi étions tombés d’accord (il y en avait sûrement d’autres, mais ils étaient difficiles à identifier). Il y avait définitivement quelque chose d’envoûtant chez ce jeune groupe électro-pop pour projeter les plus difficiles en apesanteur. L’annonce d’un radical changement d’orientation, expurgeant tout le caractère électro de leur musique avait de quoi susciter une certaine attente vis-à-vis du groupe. Je ne sais pas ce qu’en penserait Albin aujourd’hui, mais moi, je plussoie vigoureusement.

En fait, on retrouve toujours cette mélancolie et cette lancinance qui caractérisaient le premier effort des Lyonnais, mais il est néanmoins difficile de rattacher ce disque à Sound inside. La disparition de la composante électro de la musique y est effectivement pour beaucoup, mais ce n’est pas tout. Parlera-t-on d’un gain de maturité ou de prétention mal placée ? Toujours est-il que la facette pop de la musique du duo a aussi été taillée à coup de hache pour glisser vers des sonorités toujours plus ambiantes, quasi expérimentales. L’ouverture du disque, Lie awake, est révélatrice de cette nouvelle orientation et en déroutera plus d’un. Elle en lassera peut-être aussi certains en attente d’accroche facile et instinctive, car il ne faudra pas compter sur cet album pour nous pourvoir en mélodies à siffloter en attendant le train et on cherchera en vain un équivalent à Headfirst.

Il ne faut toutefois pas comprendre que cet album est hermétique et s’écoute davantage avec la tête qu’avec les tripes. Car une fois plongé dans ces mélopées cotonneuses, il est difficile de s’extraire de la rythmique hypnotique de Slow backwards, et ce Not until morning contient également ses morceaux incontournables : le léthargique Hello et l’envoûtant When we faint porté par des arpèges irrésistibles.

Quelque part entre Talk Talk et Air (époque Virgin suicide), chaperonné par Sigur Ròs, Immune a trouvé la recette pour composer ses mélodies brumeuses et les saupoudrer d’un chant las et voilé. On exprimera juste un petit regret au niveau de la production qui, si elle permet de ressentir l’intimisme des chansons (on ne résiste pas à ces doigts qui glissent sur les cordes, à ce petit grain qui accompagne le chant), fait perdre un chouia en terme de limpidité et de clarté du son.

Quoiqu’il en soit, qu’ils aient défini un nouveau son qu’ils comptent continuer d’explorer par la suite, ou qu’on ait eu affaire ici qu’à une escapade avant un retour vers des contrées plus accessibles, les p’tits gars d’Immune viennent de passer avec brio le cap du deuxième album, n’hésitant pas, déjà, à remettre en question les fondements mêmes de leur musique.



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Geoffroy Bodart





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Immune : "Not until morning"
(1/1) 29 octobre 2016




Immune : "Not until morning"

29 octobre 2016 [retour au début des forums]

I wonder if the group is making another album in the future. - Dennis Wong YOR Health

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