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Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
Should I stay or should I go ?

mardi 3 février 2004, par Laurent Bianchi

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Je suis au regret de vous dire que l’album du grand et regretté Joe Strummer n’est malheureusement pas à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre du bonhomme vivant. Mais oui, souvenez-vous, il préparait son troisième album solo quand, à la veille de Noël, on est venu nous le chiper. Les Mescaleros, qui sont à Joe Strummer ce que les Catholics sont à Frank Black, se sont chargés de travailler suffisamment sur ce qu’ils avaient déjà pour nous sortir le tout en guise d’hommage post-mortem. Ils lui devaient bien cela, à un des plus grands protagonistes du rock, et du punk en particulier. L’album n’est pas mauvais, il n’est cependant pas exceptionnel non plus (oh que non), il faut avec franchise avouer que si l’on ne connaît pas, ça risque bien de rentrer par une oreille et de sortir aussitôt par l’autre.

Oui, bien sûr, Coma Girl n’est pas mauvais, non, Arms aloft non plus, ils dépassent largement beaucoup de productions de petits boutonneux cassant les oreilles de leurs parents. Pas de doute là-dessus, mais on ne peut s’empêcher de comparer avec le grand The Clash, et là, le couperet tombe. Oui, j’en entends déjà qui se trémoussent d’énervement, et qui se feraient un plaisir de me rétorquer à ma face de rital que je n’y connais que dalle, que le Big Joe est sacré (avec ou sans The Clash), et que bla bla bla. Tel un dentiste, large sourire arborant mon visage, je vous demande : « ça fait mal ? ».

Get down Moses , hommage à Pablo Moses, soulignant encore une fois l’amour de Joe pour le reggae, est fort réussi et l’on se met à penser au temps où les Clash reprenaient l’énorme Police & Thieves de Junior Murvin, mais aussi aux concerts de Joe Strummer et de ses Mescaleros, où en attente passait In the Light/In the light dub du grand Horace Andy (aujourd’hui la voix de Massive Attack), et où la scène débordait largement d’hommages matériels au reggae world (T-shirt de Joe, Sound system etc...).

Long shadow et plusieurs ballades et autres incartades bluesques à la guitare sèche montrent que le quinquagénaire s’était déjà bien calmé, et avait d’ailleurs parfois du mal à suivre la cadence en concert, bien que ravissant à coup sûr son public, en lui servant les intemporels I fought the law, London calling, Rock the Casbah ou This is Radio Clash. Oui, il s’était calmé, musicalement s’entend, car niveau paroles rien que Redemption song témoigne de son combat engagé, et a la qualité de vous voir dérouler les images de Joe (« c’est sa vie... »), comme dans un film...

Des chansons plus rock telles que All in a day ne sont pas mal dans leur genre, qui est d’ailleurs celui des Clash, et du coup... Enfin, sincèrement, je crois que si j’avais découvert Joe Strummer aujourd’hui grâce à cet album, cela aurait été bien dommage car je serais passé à côté de quelque chose de grandiose. Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de le voir en concert, se rappellent que le déplacement valait surtout la peine pour les nombreuses chansons de sa carrière passée.

Ça fait un bon bout de temps que je l’ai cet album, et je me surprends à chaque fois de sa qualité plutôt moyenne, et je me suis dit que ce serait vraiment dommage que l’on court le risque que les « djeuns » et Joe se ratent sur un tel malentendu. Oui, je sais, les critiques étaient dithyrambiques dans la plupart des média, mais c’est certainement au nom du respect des morts. Et c’est au nom de ce même respect que je l’écoute encore d’ailleurs...

La compilation des Clash est par contre une très bonne entrée en matière...



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Laurent Bianchi





Il y a 14 contribution(s) au forum.

Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
(1/6) 17 avril 2006, par Ed Wood (cité par Bobby)
Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
(2/6) 5 avril 2006
> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
(3/6) 22 janvier 2005
> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
(4/6) 28 août 2004
> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
(5/6) 15 mai 2004, par mess
> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"
(6/6) 4 février 2004, par SIM




Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

17 avril 2006, par Ed Wood (cité par Bobby) [retour au début des forums]
http://www.ed-wood.net/musique-index.htm

On a beaucoup parlé du retour du "rock" cette année. On a loué les White Stripes pour leur fidélité aux règles les plus basiques de l’essence du rock’n’roll. Une guitare, une batterie, et puis une basse s’il en tombe une par ici, mais bon, pas obligé non plus. Et pas d’ordinateurs. Et vas-y donc qu’on mouline du Rolling Stones de 1965. Louable, oui, si les chansons tiennent la route. Mais il manque un petit peu d’âme, un petit peu de cœur, qui donnerait une vraie dimension à tous ces nouveaux groupes de pur "rock".

Et pourtant, en 2003, le disque idéal de Rock, avec une majuscule, je vous prie, était bien là, à porter de la main. Et attention, pas un disque de vieux con, pas (seulement) un disque de nostalgique, pas un disque embué par une complaisance pour un artiste que l’on a adoré avec passion. Non, non, objectivement, oui monsieur, oui madame, oui mademoiselle, oui petits et grands, objectivement ! Le meilleur des disques de rock possibles. Avec tout ce que l’on peut attendre d’une telle œuvre.

Beaucoup de guitares, beaucoup d’énergie, un peu de maladresse, pas mal de révolte, un respect pour le passé et de bons coups d’oeil vers le futur, une sincérité qui déborde de partout, de la "rock attitude" en veux-tu en voilà, de l’électricité, de l’acoustique, des chœurs, des textes qui touchent aux tripes, au cœur, à l’âme, et une putain d’émotion qui explose sur dix chansons comme on n’en a pas entendu des tonnes cette année.

Tout cela, je vous le garantis, est présent sur l’album de Joe Strummer & The Mescaleros, Streetcore. L’album posthume de Joe Strummer, l’ex-leader de The Clash (pour ceux qui ne suivent vraiment rien), décédé il y a tout juste un an. Et son ombre de géant aura plané jusqu’à la conclusion de 2003, grâce à un ultime disque, sans doute le plus accomplit de sa très discrète carrière solo. A vrai dire, en écoutant pour la première fois Streetcore, on s’attendait surtout à laisser jouer la nostalgie, on ne demandait rien de plus à cet album que de raviver le souvenir de monsieur Strummer et cela aurait largement suffit.

La claque est d’autant plus effroyable. Car ce disque n’a rien d’une oraison funèbre, d’un testament ou d’un caveau poussiéreux. C’est une collection de 10 chansons parfaites, qui de la première à la dernière minute nous mettent le cul par terre. Bref, malgré toute notre admiration, on avait fini par croire que Joe Strummer ne pouvait plus nous surprendre, ne pouvait plus tenir vraiment tête à tous ces plus ou moins jeunes qui lui ont succédé depuis Combat Rock (quoi Cut The Crap ?). Et là, vlan ! Écoutez All In A Day et balancez les Kills et les White Stripes par la fenêtre. Du rock, hénaurme, aucunement obsolète mais au contraire parfaitement à sa place au sein de l’année 2003. Du rock qui aurait fort justement voyagé dans le temps depuis 1979 et qui aurait atterrit juste au bon moment, aujourd’hui, maintenant. Avec juste ce qu’il faut de nostalgie et largement de quoi regarder vers l’avenir avec espoir.

Dès la première chanson, Coma Girl, on se pince, on croit rêver. Merde alors ! Une chute de London Calling ? Non, non, un vrai nouveau morceau, qui n’aurait pas fait tâche au sein du "plus grand disque de rock du 20e siècle". Ca donne le ton, ça met tout de suite d’accord. Bien sûr, on est déjà submergé par l’émotion. C’est trop de souvenirs, trop de regrets et en même temps trop de vie, trop de plaisir de la part d’un foutredieu d’album posthume. Si sur Get Down Moses, Joe Strummer se laisse un peu aller dans sa veine "world", c’est sans doute la seule chanson un peu plus "faible" du disque. Tout le reste est incroyable.

Sur Long Shadow, Joe Strummer tutoie la country et la folk avec une légèreté surprenante. Zut alors, on ne savait pas le Joe capable de faire danser le fantôme de Hank Williams avec autant de facilité et de sincérité. Il faut dire qu’il avait la voix pour cela. Juste cassée comme il le fallait. Magnifique. Arms Aloft est un rock carré d’une étonnante modernité dans son classicisme même. Et d’une efficacité qui charme. Ramshackle Day Parade est une ballade pop qui a nouveau surprend (décidément). Ici Joe flirte avec un format FM prêt à faire pleurer dans les chaumières. Mais on y croit dur comme fer. Parce que c’est Joe Strummer, sa voix, ses textes, son talent pour les mélodies brisées.

Puis, tout en acoustique, la voix en avant, il reprend Bob Marley et son Redemption Song, comme s’il s’agissait d’un standard du "protest song". Un hymne aussi bien pour résister au monde entier dans son salon, qu’au sein d’une manif, ou autour d’un feu, dans un métro bondé, dans une rue déserte, dans le matin gris ou le soir solitaire. Déchirant et bourré de promesses. All In A Day, comme je l’ai dit plus haut, renvoie chez leur maman la majorité des "nouveaux" prodiges rock. Alors, certes, il y a des petits jeunes qui font cela fort bien. Mais chez Joe, il y a cette fameuse "âme" en bonus. Sur Burnin’ Streets, Strummer enterre une bonne fois pour toute le cadavre encombrant du Clash, et même si la chanson est une ballade pop-rock, elle se vêt d’arrangements superbes et d’une force mélodique imparable. Sur Midnight Jam, Joe Strummer erre, refusant de baisser les armes, refusant de mourir, laissant son œuvre en suspend, à jamais inachevée, offerte à tous ceux qui voudront bien reprendre le flambeau après lui.

Et au final, on est ému jusqu’aux larmes sur la reprise de Silver and Gold, qui réconcilie soudainement le punk le plus anglais avec le rock américain, en évoquant le souvenir d’un autre récent grand mythe disparu, le Man In Black, Johnny Cash. Immense, bouleversant, génial, tout est là. Joe Strummer ne jouait pas du rock, il était lui-même l’essence du rock. Cet ultime album, disque de l’année ex-æquo de votre serviteur, est là pour le prouver, si jamais il en était encore besoin. Streetcore est un chef-d’oeuvre total.

(Je me suis permis Ed, mais je crois que ce disque en vallait la peine, merci)

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Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

5 avril 2006 [retour au début des forums]

Savais tu que redemption song est une reprise de Marley et que Strummer l’ avait déjà interprété en duo avec johnny Cash où te contente tu ici de faire étalage de ton ignorance crasse, quand on juge un des plus important artiste du rock et ce à tous les points de vue, le minimum est de faire attention à ce que l’on écrit.
Car je crois sincérement en te lisant que tu attribues les paroles d’un standard du reggae à notre très cher Joe !! Quelle Classe !!

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> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

22 janvier 2005 [retour au début des forums]

J’ai découvert Joe Strummer & The Mescaleros avec l’album "Streetcore" que j’aime énormément. C’est un véritable coup de coeur que j’ai eu pour cet album. J’aime beaucoup la reprise que Joe a faite de "Redemption Song" entre autres. J’ai ensuite découvert les autres albums de Joe Strummer avec The Mescaleros et j’aime également "Rock Art & The X-Ray Style", un peu moins "Globa A Go Go". Je regrette énormément de ne pas les avoir connu avant. J’aurais vraiment aimé les voir sur scène. Bien évidemment j’aime aussi The Clash !

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> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

28 août 2004 [retour au début des forums]

Je voudrais dire trés poliment que streetcore je ne l’ai pas écouté. Mais, poliment toujours, je vous direz que "GLOBAL A GOGO" est génialement génialissime. Ecoutez moi, c’est la vérité je mens pas... Poliment... A vous, messieurs-dame !

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> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

15 mai 2004, par mess [retour au début des forums]

Oui, cet album laisse une impression mitigée comme chaque fois qu’il s’agit de patchworker des bouts de bande... En revanche, personne et je dis personne (ni les Inrocks ni Rock&Folk et consort dans leurs numéros d’hommage funéraire) n’a eu la bonne idée de parler de son album précédent, le dernier de son vivant, l’excellent "Global a Gogo", que je classerais juste derrière Combat Rock. Il est vrai qu’à l’époque Joe était vivant et tout le monde s’en foutait. C’était une belle réussite pour un quinqua ayant connu de longs passages à vide. Alors, oui, l’arrivée de "Streetcore" ne sera pas le chef-d’oeuvre escompté.

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> Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

4 février 2004, par SIM [retour au début des forums]

Heuuuu, je t’ai peut-être mal compris mais je tiens à préciser que Redemption song ne sont pas des paroles engagées de Joe mais de Maître Bob Marley. ;-)
Certainement une des plus belles chansons de Bob... très bien reprise par Joe Strummer. SIM

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    > Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

    4 février 2004, par Laurent Bianchi [retour au début des forums]


    Merci Sim, c’est vrai, j’aurais dû préciser -j’étais pourtant persuadé de l’avoir fait- qu’il s’agit bien évidemment de la reprise de Bob. Mais je n’ai aucun doute sur le fait que les paroles épousent à merveille les idées de Joe.

    Il y a des évidences qu’il est bon de préciser, c’est vrai.
    Gracias für feedback

    Laurent

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      > Joe Strummer & The Mescaleros : "Streetcore"

      28 mai 2004 [retour au début des forums]


      L’important n’est pas la comparaison
      avec la tres grande période CLASH.
      STREET CORE est un tres bel hommage
      réalisé par les MESCALEROS.
      Pour un fan de la première heure que
      je suis, ce disque reste émouvant
      et beaucoup de titres comme "ALL IN DAY" sont tres réussis, très CLASHIEN

      Maintenant, le pire est de se dire
      que l’on ne revera plus joe sur scène !

      A la mémoire de JOE. Vive le Punk Rock !

      JOE, Thank you.

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