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Kings of Leon : "Youth & Young Manhood"
Fried Green Tomatoes

mercredi 31 décembre 2003, par Laurent Bianchi

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C’est avec plaisir que j’ai posé dans mon lecteur le fameux CD du groupe dont tout le monde parle comme étant La révélation de cette année « sacré cru » 2003, juste comme l’ont été avant The Strokes ou The Libertines. Que des "groupes en The" en somme. J’espèrais surtout qu’il ne s’agissait pas -encore- d’un énième pétard mouillé. Je ne suis pas déçu...

Kings of Leon est un quatuor originaire du Tennessee, et a, ceci n’impliquant pas forcément cela, bien qu’ici ce soit le cas, un son bien plus américain que les Strokes, avec qui on les compare si souvent, les baptisant même de Strokes du sud. La pochette adulant Led Zeppelin fait partie, pour commencer, d’un autre type de références affiché. La musique aussi.

Caleb (guitare), Nathan (batterie), et Jared Followill (basse) sont trois frères, fils d’un prédicateur pentecôtiste qu’ils ont suivi jusqu’à leur majorité sur les routes de l’Amérique, aux sons de Neil Young, Tom Petty et des Rolling Stones. Rejoint par leur cousin Matthew à la guitare, ils sortent un premier EP, Holy roller novocaïne en 2001. Ils accompagnent leur mère qui joue le piano pendant les prêches du papa et racontent que ça finissait souvent en grande fête où tout le monde dansait... Ils citent à profusion d’ailleurs les exemples d’Aretha Franklin et d’Al Green, tous deux ayant fait leurs armes dans des églises Pentecôtistes. Mais ce seront les White Stripes qui donneront vraiment envie aux frères de voler de leurs propres ailes et de tenter de faire carrière dans la musique non religieuse !

Ambitionnant de sortir un véritable album, à savoir varié, qui colle aux différents aspects de la vie, le quatuor a de son côté un lien familial qui est très fort, souligné encore par une précarité matérielle doublée d’un discours religieux.

Ces précisions sont importantes car elles nous éclairent sur la grande maturité des lascards apportée par tous ses voyages et cette vie de bohémien. Ces faits expliquent également le côté country de leur musique. Les paroles des chansons sont loin d’être insipides, elles dénotent un goût de la vie et de la simplicité qui contraste avec tant de groupes où les paroles ne sont qu’un des éléments de l’édifice, pour ne pas dire du remplissage. Kings of Leon a quelque chose à dire, c’est clair. "Wasted time", par exemple, traite de ces gens qui se cachent d’eux-mêmes. "Wicked chair" du fait qu’on ne peut pas sauver les gens malgré eux... Enfin, une chanson comme "Holy Roller Novocaïne" est très personnelle.

En fin de compte, vu ceci, ils sont aussi éloignés des Strokes "fils à papa" qu’ils en sont complémentaires, et c’est ça qui est étonnant. Et rafraîchissant. Et comme tout bon album, celui-ci s’apprécie au long des écoutes, ce qui prouve par ailleurs sa grande richesse. Il ne s’agit pas ici de refrains facilement mémorisables (et tout aussi facilement oubliés...). Il est très varié, des titres rappelant le hard d’AC/DC, d’autres le rock de Tom Petty, avec toujours un soupçon de Jon Spencer Blues Explosion pour ce qui est du grain de folie rock poussiéreux, le genuine one comme diraient les américains. C’est un rock qui sent bon la campagne, alors que celui des Strokes sent "bon" la ville, New York en l’occurrence. Les chants peuvent se faire fédérateurs comme sur "Spiral Staircase", les guitares soulevées, la batterie funky, la voix nostalgique, grave mais aussi enjouée, joyeuse. "Molly’s Chambers" est entraînant à souhait.

Dès le premier titre, "Red Morning Light", avec les congas, on comprend que le groupe a introduit un peu de groove funk dans sa musique qui n’est pas pour déplaire. Par moments, comme sur "Happy Alone", on pense de façon éhontée (parce que devenu tellement commercial qu’il s’est perdu ensuite dans les affres des magasins de seconde main...) à Cake. Bizarrement aussi, sur des chansons comme "Wasted Time" on retrouve un peu de cette verve trouvée sur les deux albums (oubliés) rock de bar des Allemands de Trio. (dont les albums sont devenus introuvables d’ailleurs, et dont je suis fier d’avoir encore les disques 33tour, Trio, leur premier album de 1981 avec le fameux "Da Da Da" est d’ailleurs sorti en version Deluxe cette année. Ce n’est que justice rendue à cet album plus que méconnu.)

En règle générale, je dois dire que j’ai été très séduit par Youth & Young Manhood, qui est en tous points très bien conçu.



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Laurent Bianchi





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Kings of Leon : "Youth & Young Manhood"
(1/1) 19 janvier 2013, par liza jennifer




Kings of Leon : "Youth & Young Manhood"

19 janvier 2013, par liza jennifer [retour au début des forums]

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