Pop-Rock.com



Leonard Cohen : "Dear Heather"
Ah, les femmes !

vendredi 22 octobre 2004, par Marc Lenglet

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Blonde Redhead : "23"
I Love You But I’ve Chosen Darkness : "Fear is on our side"
The Libertines : "The Libertines"
Googooblown (le bonhomme) : "Devilish FantaZiäh"
The Darkness : "One way ticket to hell... and back"
The Strokes : "Is this it ?"
The Hives : "Tyrannosaurus Hives"
Eels : "Blinking lights and other revelations"
The Rasmus : "Hide from the sun"
Peaches : "Father Fucker"


Leonard Cohen a presque toujours été capable de se préserver des tentations de la pop-music, a livré ses quelques succès internationaux sans jamais avoir cherché à le faire, et a de tout temps préféré le cynisme des sages à l’engagement de la jeunesse. Et les femmes. Surtout les femmes. Après les immortelles Suzanne et Marianne, voici venu le tour d’Heather de servir d’excuse pour que le vieux poète nous confie une fois encore ses pensées.

Sur Dear Heather, le beau sexe est encore au cœur des préoccupation du compositeur canadien, fraîchement septuagénaire. Cohen parle des émotions simples et fortes qu’elles lui inspirent, de ses relations avec elles (« Because of a few songs/ Wherein I spoke of their mystery,/ Women have been/ Exceptionally kind to my old age »…et même de l’actualité immédiate. A sa manière habituelle, il fait le point sur les évènements du 11 septembre 2001 (On that day). Un avis las, un peu cynique, mais surtout bien loin du traitement d’ordinaire réservé à cet événement.

Valses au ralenti, délicate ambiance de piano-bar, atmosphère presque recueillie, on ne peut pas dire que cet album ait quoi que ce soit d’attirant ou de hype pour le consommateur moyen de musique moderne. Mais Cohen délivre de sa voix parcheminée ses mots ou ceux des autres - Lord Byron (Go no more a-roving) ou le poète québécois Frank Scott (Villanelle for our time) - avec un charisme nonchalant qui force et forcera toujours le respect. On déplorera que le chant féminin d’Anjanni Thomas nuise parfois à l’ensemble. Si certains duos entre la très belle voix de la chanteuse, et les intonations rocailleuses de Cohen font merveille (The faith), certains titres auraient sans doute gagné à demeurer totalement austères, sans intervention de ce chant décidément trop lumineux.

Moins mémorable que Ten new songs, ce nouvel opus se savoure comme quelque chose dont on ne gardera peut être pas un souvenir ému durant des lustres mais qui possède la capacité - vitale, on ne le répétera jamais assez - d’autoriser une heure précieuse d’escapade hors du temps et des modes futiles, en la compagnie d’un vieux bourlingueur de la contre-culture depuis près d’un demi siècle. Avec Dear Heather, on avance en terrain connu, celui des réflexions sereines d’un homme depuis bien trop longtemps dans le flux et le reflux du monde pour encore réellement s’étonner de quelque chose. Les groupes et les artistes vont et viennent, Leonard Cohen reste. D’une beauté retenue et doucement mélancolique, Dear Heather ne marquera sans doute pas son époque, mais tel n’était sans doute pas non plus le but de ce bon vieux Leonard.



Répondre à cet article

Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Leonard Cohen : "Dear Heather"
(1/2) 28 novembre 2016
> Leonard Cohen : "Dear Heather"
(2/2) 28 décembre 2004, par R.T.




Leonard Cohen : "Dear Heather"

28 novembre 2016 [retour au début des forums]

He is indeed, one of the most successful singers internationally. - Mark Zokle

[Répondre à ce message]

> Leonard Cohen : "Dear Heather"

28 décembre 2004, par R.T. [retour au début des forums]

Qu’est-ce que j’ai pu l’aimer ce mec !
Et qu’est-ce que j’ai pu m’emmerder avec ce disque !
Regrets, mille regrets.

[Répondre à ce message]