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LFO : "Sheath"
Waouh !

jeudi 18 décembre 2003, par Laurent Bianchi

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A voir la pochette on se surprend faisant une grimace circonstancielle de rigueur qui n’aura de répit que l’écoute de cet...ovni, tout droit sorti de chez Warp records, le label de The Aphex Twin. LFO (Mark Bell) veut donner à l’auditeur cette sensation chemise mouillée consécutive à la musique techno-dance réussie. Cet album instrumental est un Waouh !

LFO, qui signifie Low Frequency Oscillator (c’est parâit-il un composant pour synthétiseur -ne me demandez pas ce que ça veut dire...-) est à l’origine un duo (Mark Bell et Jez Varley) en provenance de Sheffield, ville britanique bien connue pour son vivier de groupes de la scène dance et house en particulier. Je dis à l’origine un duo parce qu’après le deuxième album LFO n’est plus que Mark Bell. Sachez que je ne m’y connais pas vraiment dans le genre mais je fais confiance à mon oreille, et c’est la raison pour laquelle j’accroche à l’électro lorsqu’elle est vraiment innovante, mélodieuse, ou enfin parce qu’elle s’inscrit dans l’histoire du rock comme autant de détours intéressants.

Voici donc que je mets l’album sans trop savoir à quoi m’attendre, à part la mention ’a collaboré avec Bjork’. Je suis tiraillé entre deux sentiments : soit c’est bien parce que Bjork est assez ouverte d’esprit et choisit méticuleusement ses collaborateurs, soit c’est de la masturbation cérébrale difficile à digérer, un peu comme le groupe Matmos, déjà collaborateur lui aussi de la diva islandaise, et dont les productions propres ressemblent à s’y méprendre aux bruits divers des ustensiles et machines que votre dentiste utilise pour ravaler votre façade dentaire...

Et c’est encore une -très- bonne surprise qui se laisse entendre sur la platine. Dès "Blown", on reconnaît le style qui a fait de Homogenic et Selma Songs de Bjork de grands albums visionnaires, truffés de sonorités toutes droit sorties de paradis artificiels synthétiques futuristes. (Wouah !). Il faut dire qu’il n’a pas été à la mauvaise école puisque c’est Eumir Deodato himself, le légendaire producteur brésilien, qui lui a soufflé le know how. Sachez également que Mark Bell a aussi produit Exciter de Depeche Mode. Du coup, les titres harmonieux rappelleront, au fil de l’écoute, l’un ou l’autre d’ailleurs, et d’autres encore, frôlant des styles comme la smart techno ou l’intelligent techno (encore wouah !).

Et voilà que nous sautons avec "Mum-Mam" directement dans un autre monde, fait de bidouillages dont la violence syncopée ici ou la voix robotique (sur "Freak") rappelle le Kraftwerk de Computer Welt. (Je l’ai déjà cité tellement de fois qu’il va falloir que j’en fasse la chronique de ce satané monument teuton). "Mummy I’ve got an accident..." rappelle les rythmes plus qu’entraînants du "Fuck-up Beats" des Chemical Brothers, qui étaient eux-mêmes un plagiat réussi et révérencieux de titres (surtout "Nummern") de Computer Welt. C’est un film dans le film, comme dans un kaléidoscope, la boucle est bouclée, les Anglais rendent hommage aux Allemands. Que c’est beau !

L’anxiété de l’ère post-industrielle au bord de la catastrophe nucléaire y est palpable, à la manière du Brésilien Amon Tobin, et l’on sent une colère sous-jacente propre à notre monde. Les machines semblent vomir les sons. C’est très fort, très puissant, une sorte de Sepultura version techno. "Snot" rentre dans la même catégorie, et rappelle l’autre grand groupe anglais du même acabit, Leftfield. L’angoisse d’un Howie B est perceptible sur "Unafraid to linger".

A la question de savoir pourquoi il a fait un album exclusivement instrumental, Mark bell vous répondra qu’il a été plus que gâté avec Bjork (c’est vrai) et qu’il avait envie de montrer que sa musique peut -aussi- se suffire à elle-même (c’est vrai aussi).

Le disque se termine sur "Premacy" dans une douceur toute asiatique. J’en veux encore. Y’a qu’à mettre le CD en mode repeat ! Waouh !



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Laurent Bianchi





Il y a 2 contribution(s) au forum.

> Sheath
(1/1) 7 janvier 2004, par Alan Brausseau




> Sheath

7 janvier 2004, par Alan Brausseau [retour au début des forums]

Le LFO est une modulation de fréquence pour synthé analogique. Sur mon yamaha CS-01 II par exemple, en le paramétrant on peut changer le son : on passe ainsi du son strident au son sourd -dans tous les cas ça fait mal aux oreilles ! Il existe d’autres filtres de fréquence comme les "VCF", "VCO", "VCA" ou encore le "EG".
Pour computer world, ça devrait être bientôt en ligne...

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