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Living Colour : "Collideoscope"
Proud to be Black !

lundi 15 décembre 2003, par Laurent Bianchi

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Le retour des quatre politiquement incorrects est encore un signe d’espoir sur l’état d’esprit des américains depuis un certain 11 septembre. Quand le rock se mélange au funk, au blues et eu jazz, il est métissé, et c’est bien meilleur !

C’est avec une joie non dissimulée que j’ai accueilli le dernier Living Colour, Collideoscope. J’ai toujours trouvé ce groupe très intéressant, et pas seulement parce que ce sont des ’black’ qui font du rock dur soi-disant réservé aux blancs, mais surtout parce que c’est grâce à ce fait (« I’m black and I’m proud ») qu’ils excellant en la matière. Et pourtant dieu sait que le rock doit TOUT aux noirs, car c’est le blues et le jazz qui sont les mamelles instigatrices du rock. Souvenez-vous, le rock’n roll, l’ancêtre de notre bon vieux rock, c’est Chuck Berry, pour n’en citer qu’un. Et Bo Didley ? Et Jimi Hendrix ? Et Prince ? Et Prince mélangera tellement les styles qu’il y perdra parfois lui-même le fil de sa propre histoire, voire de son nom... Mais qui ne prend pas de risques n’est pas vraiment un artiste non ?

Living Colour, was ist das ? La dynamique rythmique efficace de William Calhoun (batterie) et de Muzz Skillings (basse), la voix profonde et inspirée de Corey Glover (également acteur, notamment dans Platoon), et enfin la maîtrise électrique de la composition du guitariste Vernon Reid. Ce dernier va écrire des textes toujours axés, défendant le droit à la parole dans le monde du rock. La question raciale n’affectait pas directement le contenu de la musique jusqu’à l’arrivée du marketing,. Depuis qu’on s’est mis à considérer le public en tant que marché, divisé en segments, on veut vendre à chacun un produit adapté, dira-t-il un jour, et c’est fort de cette pensée qu’il fondera Black Rock Coalition, destinée à lutter contre la discrimination raciale dans l’industrie du disque.

Aidés pour leur premier album en 1989, Vivid, par Mick Jagger (qui les découvre, bouche bée, au légendaire CBGB de New York), Living Colour symbolisera le rock dur joué par des noirs, et constitue de fait, avec Fishbone, le premier véritable groupe de fusion funk-métal dont les membres seraient plutôt catalogués, au faciès, pour ’délit de sale gueule’ comme dirait Mr Droits de l’homme (Chirac), dans le funk. Attention, qui dit rock dur ne doit pas oublier que ce genre n’est pas dénué de subtilités et mélodies léchées. Dès Time’s up, le deuxième album, on pourra aussi goûter au blues avec "Love Rears Its Ugly Head". Le troisième album, Stain, en 1993, sera du même acabit et caressera même une complexité subtile dans la composition. En d’autres termes, la maturité rejoint l’énergie.

C’est donc après 10 ans d’absence et de projets (en solo ou sous le nom de Jungle Funk pour le batteur et bassiste), que Living Colour nous reviennent, et ils ne se sont guère assagis, loin de là. Toujours donnant dans le politiquement incorrect (Bush Jr ne doit pas y être tout à fait pour rien), les titres se succèdent, déchaînant une colère, une puissance et une efficacité sans pareille. Les médias en prennent pour leur grade.

Flying, très sensible, rentre dans cette catégorie de titres si séduisante qui comprend Evidence de Faith No More ou les ballades des Red Hot Chili Peppers. Les temps ont changé la face de la musique, et Living Colour sait aussi s’adapter, voire dépasser. In Your Name, basé sur des bidouillages électroniques et dub crasseux, est un délice. Nightmare city est un joli clin d’œil au reggae.

Ils n’ont pas laissé l’humour dans le placard. La reprise de Black is back de AC/DC est tellement parodique qu’on croirait entendre Kiss. La reprise de Tomorrow never knows des Beatles est originale.

Egaux à eux-mêmes, c’est dans les morceaux faussement apaisés (Lost halo, Holly roller, Choices mash up) qu’ils sont les meilleurs, laissant à chacune des personnalités le loisir et l’espace requis pour s’exprimer, comme ça se fait dans le jazz. Les solos de guitare de Vernon Reid sont prodigieusement jouissifs. Ouh que c’est bon !



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Laurent Bianchi





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Living Colour : "Collideoscope"
(1/1) 17 novembre 2016




Living Colour : "Collideoscope"

17 novembre 2016 [retour au début des forums]

I agree with this review. This is really an album worth listening. - Dr. Thomas G. Devlin

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