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Minerve : "Breathing Avenue"
Un album casse-cou ?

mardi 25 janvier 2005, par Albin Wagener

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Désolé pour le calembour. Paru chez la jeune division électronique du respecté label allemand Pandaimonium Records, j’ai nommé Pandailectric, ce premier album de Minerve s’essaie au consensus entre l’électro-pop formatée à la teutonne et les expérimentations électroniques. Des essais intéressants qui font espérer plus pour le deuxième album à venir bientôt.

Minerve, c’est Mathias Türk à la composition et aux synthés, et Daniel Wollatz (ex chanteur du respecté combo brandebourgeois Paradise of Fear) au chant. Un duo qui arrive à tirer relativement bien son épingle du jeu quant aux divers groupes électro allemands qui, il faut bien le dire, commencent à avoir l’agaçante tendance à faire un peu toujours la même chose, ne serait-ce que pour charmer un public pseudo-gothique solidement vissé sur ses acquis musicaux et plutôt réticent à les laisser tomber. Dans Breathing Avenue, hormis quelques exceptions à la règle, inutile d’espérer du Console ou du Readymade. Le premier morceau, Antimatter, propose une synergie envoûtante de beats jungle et de séquences synthétiques hypnotiques qui rappellent quelque peu la future-pop (avec en tête de gondole les inévitables VNV Nation). Mais là encore, ce qui sauve Minerve, et ce dès la première écoute, ce sont les expérimentations disséminées ça et là et la voix suffisamment originale du chanteur qui parvient à ne pas refaire pour la centième fois du De/Vision ou du Camouflage.

On passe aux choses sérieuses avec un deuxième morceau qui, je vous préviens, risque de ne pas vous sortir du crâne pendant une bonne semaine. Clear est LE single évident de cet album, très dancefloor, qui soumet un agréable compromis entre du Chemical Brothers (si si, tendez l’oreille) et du Melotron de bonne facture. Le refrain est imparable, les synthés sont placés exactement là où il faut, et les qualités de mélodistes de Mathias Türk détonnent au grand jour, pour le plus grand plaisir des apprenti-clubbeurs que nous sommes. Vient ensuite reMind, morceau beaucoup plus classique dans la série « je suis germanique et je fais de l’électro-pop binaire », qui n’est pas forcément intéressant en tant que titre individuel. Il s’intègre toutefois relativement bien à l’album.

La surprise (et on des moindres) arrive avec un Suffocate bien ficelé (là aussi, un single potentiel), qui prouve que Minerve est un des groupes électropop à surveiller dans les années à venir. Un piano rêveur, une ballade électro de grand acabit. Soyons d’accord : rien de très original, mais une grande maîtrise de l’art d’écrire une bonne chanson. Et pour un début, c’est plutôt payant. Les paroles sont assez intelligentes et intelligibles, ce qui confère au morceau une dimension particulière. Sur un tel titre, Minerve rivalise avec A-Ha et Wolfsheim pour ce qui est des recettes de morceaux plus doux.

Le court Interlude renoue avec le but principal de l’album et nous livre une électro-pop sans grande surprise, mais annonce un Falling qui nous tombe dessus (encore un calembours) avec fracas. Là, on bascule clairement dans de la pop acide et presque industrielle, qui n’est pas loin d’un Call The Ships To Port de Covenant. De la bonne came, comme dirait l’autre. Afraid of myself est moins percutant malgré les beats d’entrée plutôt entraînants et s’essoufle vite, comme reMind, et tire quelque peu dans le pied de l’album. Merge n’est pas très convaincant non plus, mais on se laisse entraîner dans les méandres club de l’album - et quand Daniel Wollatz chante “come on closer, you’re so beautiful”, on a plutôt envie de le suivre. Même son de cloche pour Escape, trop technoïde, qui aurait pu gagner bien plus en expérimentation.

Pour les deux derniers morceaux de ce Breathing Avenue, le combo berlinois nous offre pourtant deux perles magnifiques comme on n’en avait plus entendues depuis longtemps en électro-pop. Véritable bombe à retardement (et morceau très apprécié en live), High pitched emotions fait déjà nettement moins de concessions, combinant avec astuce Front 242 et John Foxx. C’est binaire, c’est simple, on reste sur les mêmes notes, mais on expérimente beaucoup - ce morceau va à l’essentiel dès la première écoute. L’album se termine en beauté avec le poignant Epilog, preuve (avec Antimatter, premier morceau de l’opus) que Minerve peut s’adonner aux expérimentations sans perdre de sa verve mélodique. Rien à redire sur ce dernier morceau qui invite au rêve et peut vous laisser quelque peu sur votre faim.

En tout et pour tout, un album relativement bien pensé, avec des hauts et des morceaux superflus, capables d’annoncer un album brillant pour ce groupe qui a choisi un producteur plutôt rock’n’roll (Kinski est en effet un pilier du milieu punk berlinois) pour leur première galette. Et rien que ça, ça mérite le respect. En espérant que Minerve arrivera à se dégager de la galaxie vainement bourdonnante de l’électropop allemande en misant sur ses indéniables atouts : expérimentation, mélodie et voix sans faille. Une bonne expérience - notamment en live, où le charisme de Daniel n’a de leçon à recevoir de personne.

Petit avertissement pour les auditeurs patients : une piste cachée vous permet d’entendre une version instrumentale de Suffocate sur laquelle Daniel Wollatz récite un poème allemand de sa composition... Avis aux amateurs.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Minerve : "Breathing Avenue"
(1/1) 1er juillet 2016




Minerve : "Breathing Avenue"

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Such a brilliant album. Any fan would never miss this material. - Gary McClure

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