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Miossec : "1964"
Et même si on meurt demain

vendredi 25 juin 2004, par Laurent Bianchi

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Miossec, je n’en connaissais que sa mine patibulaire, et j’avais entendu ici et là qu’il vouait à l’alcool un amour immodéré, mais je n’avais jamais écouté ses chansons, me contentant de les entendre et de les oublier aussi sec. Alors quand, chauffé par le Crève Coeur de Daniel Darc, première pierre d’un édifice de chanson française que je découvre cette année -peut-être est-ce une question de maturité, c’est ce que ma mère me serine depuis des années-, je (re)découvre Miossec, force est d’admettre que la chanson à textes, chantée avec force émotions, c’est tout de même pas mal aussi.

Alors on dit que pour cet album et pour ses quarante ans -d’où le titre : son année de naissance « Quand la quarantaine est atteinte, Faut-il crier "au feu les pompiers" ? » (En quarantaine)- Christophe Miossec a freiné sa consommation d’alcool et tente de redorer son blason car il a la réputation d’être un fin connaisseur de biture et de tout ce qui s’y rattache de près ou de loin. Vous me direz, quand on voit que son premier album s’intitule Boire (1995), et que l’on scrute le visage du bonhomme, y a pas photo !

La deuxième grande caractéristique qui colle au personnage, c’est son origine régionale : on dirait que la Bretagne est inscrite en lui, non seulement ostensiblement comme dans ses textes, mais sur son visage, qui pourrait bien être celui d’un marin. De là à s’imaginer qu’il voit dans le capitaine Haddock un modèle il n’y a qu’un pas que je ne franchirai point. Mais la chanson Brest et son refrain « Tonnerre de Brest » vous y fera penser, c’est clair.

La comparaison avec Daniel Darc tient la route. Quand Miossec chante « rester en vie » on pense indéniablement au textes emprunts de tentations suicidaires du chanteur de Taxi Girl, mais on tombe surtout sur des paroles qui expriment bien une philosophie, celle de la vie, celle de la vie de tous les jours, celle du quotidien, et tout ceci porte une nostalgie et une émotion qui touchent, c’est indéniable. Ses textes ont ceci de palpable par l’esprit qu’ils joignent le fond à la forme, sans rafistolage de pacotille. Dans la chanson Je m’en vais, le refrain Je n’ai aimé que toi, je t’embrasse jusqu’à en mourir suit une mélodie belle comme un camion, le tout pour dire qu’il part pour garder de sa relation amoureuse un souvenir épatant, avant que vogue la galère. Les crescendo, ruptures de rythmes, pauses et autres anachronismes sont légion ici, et semblent tout simplement suivre à la lettre les paroles. La musique semble être au service des textes, ce qui fait toute la différence.

Côté musique, on est loin ici du minimalisme de Crève Coeur. Ici, on a fait appel à des arrangements orchestraux précis, minutieux, toujours à point nommé, qui donnent à l’album une couleur magnifique (Désolé pour la poussière fait penser à Serge Gainsbourg). Le disque distille et se clôture sur un orchestre xylophone/cuivres/cordes mené par Joseph Racaille (le dernier Bashung, c’est lui), proche de la musique classique russe, Serge Prokofiev en tête. Et l’on se met à imaginer ce que Crève Coeur aurait donné soutenu par un orchestre… mais il y aussi de vraies chansons de rock, suivant le sempiternel mais efficace trio guitare batterie basse. A l’instar de l’entraînant Rose ou du vibrant Essayons.

Ce disque est essentiel. Et tombe à pic.



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Laurent Bianchi





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Miossec : "1964"
(1/3) 5 novembre 2013, par selda
Miossec : "1964"
(2/3) 30 juillet 2007, par jimbo
Miossec : "1964"
(3/3) 22 mai 2006, par Guigui




Miossec : "1964"

5 novembre 2013, par selda [retour au début des forums]

Je suis surpris et ravi de découvrir ce site. Cette information sera très utile pour moi et les autres lecteurs. Un grand merci pour partager cette merveilleuse idée. Visit miami real estate list on google+.

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Miossec : "1964"

30 juillet 2007, par jimbo [retour au début des forums]

si ‘Brûle’ avait été pour Miossec l’album de transition après ‘ Baiser’ et ‘A prendre ’ disques pourtant forts intéressants mais plutôt boudés par Miossec , 1964 (l’année de naissance du breton) s’impose comme le disque de la maturité voire même d’une certaine sérénité.Bien évidemment Miossec continue de décortiquer les thèmes qui lui sont chers a savoir : le couple (essayons) , l’amour (ta chair ; ma chère) les amitiés viriles ( les gueules cassées) ,les relations hommes femmes (le superbe ’ pentecôte ’ et le magnifique ’je m’en vais ’) mais il semble également ici faire le point sur lui- même (en quarantaine/ rester en vie). La grande force de ce cinquième album est dans la sincérité et dans l’intensité qui se dégage a son écoute , de plus les textes de la plupart des chansons sont magnifiques exception faite de ’Rose ’ un peu en dessous du reste de l’album avec 2 mentions spéciales pour Brest (écrite a l’intention d’une certaine presse bretonne lui ayant souvent reproché son départ ) et ’Désolé pour la poussière ’ magnifique chanson inspirée sur et les remords et les regrets. le premier single tiré de ce grand disque sera ’ Je m’en vais ’ que Miossec va généreusement partager avec Cali en interprétant en duo ce titre sur la plupart de sa tournée a tel point que la chanson semble désormais appartenir aux deux artistes .Cette très belle chanson qui ouvre l’album reprend l’intégralité du monologue de la lettre d’adieu écrite par Anna Galiena qui se suicide par amour dans le film de patrice Leconte ’Le mari de la coiffeuse’ 1964 n’est pas simplement pour Miossec le disque de la maturité , il est aussi celui d’une véritable consécration car la tournée qui suivra la sortie de l’album sera triomphale pour le breton qui va enchaîner (avec plus ou moins de réussites) un nombre impressionnant de concerts . Désormais débarrassé de certains fantômes Miossec nous aura livré avec 1964 un album abouti ,plus sage et conventionnel certes , mais totalement réussi

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Miossec : "1964"

22 mai 2006, par Guigui [retour au début des forums]

Personnellement, j’ai été un peu déçu par cet album. je trouve qu’on a perdu le coté "melancolique" et "depresive" qui faisait de ces chansons des purs instants de bonheur ! J’ai tout ces albums et le meilleur restera baiser !

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