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Nick Cave & The Bad Seeds : "No more shall we part"
Abattoir Love

jeudi 2 juin 2005, par Sarah El Jabri

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Si Tim Burton devait choisir un auteur-compositeur-interprète collant parfaitement à son univers, il choisirait sans aucun doute choisi Nick Cave. Poète maudit, s’inspirant des tragédies shakespeariennes mais surtout de celles de la vie, il donna ses lettres de noblesses à la musique gothique en lui démaquillant le visage et lui ajoutant une sensibilité, une douceur et une subtilité rare. Loin des succès commerciaux métalliques et des chansons-concepts couplet / bridge / refrain, Nick Cave peint avec sa bouche, et enveloppe avec son inimitable voix grave et profonde la douleur et la neige. On pourrait le croire mort de l’intérieur tant le bonheur est absent des thèmes de cet album : bien au contraire, il l’attend, patiemment, au coin du feu, accompagné de ses sbires, les mauvaises graines qui pourtant sèment le vent tout autour de lui.

Nick Cave est un OVNI dans le paysage musical. Tour à tour conteur des cryptes (The first born is dead), cynique amoureux (Murder ballads) ou sombre countryman (The boatman’s call), ses sujets de prédilection sont loin de ceux que privilégient les radios ou les as du marketing. Nick Cave continue donc sa route de troubadour solitaire, traversant les cimetières et les églises la guitare sur le dos, portant une sorte de croix qui aurait trouvé refuge dans ses cordes vocales. Sa voix est extraordinaire : il n’y a pas plus grave, elle semble venir d’outre-tombe et si l’homme ne confirme pas, il ne dément pas non plus. Lorsqu’il démarra sa carrière, il semblait être le petit frère caché de Robert Smith, dont le groupe phare, The Cure, emblématique du virage cold wave des années 80, reprenait les mêmes thèmes romantiques et la même musique entraînante, intriguante, puissante et mélancolique. Cependant Nick Cave ne semble pas trouver le bonheur. Il essaiera alors de faire le nôtre en continuant son épopée musicale à travers les genres qui auront été inspiré par la même détresse sentimentale, que ce soit la country-folk ou encore les simples chansons piano-voix.

Il serait intéressant de savoir ce qui a bien pu arriver à Nick pour qu’une telle souffrance affleure à la surface de ses chansons, pourtant d’une beauté captivante. No more shall we part ouvre avec un tableau qui semble rappeler La liseuse à la fenêtre, le tableau du peintre hollandais Vermeer, tant la précision de l’écriture est saisissante sur As I sat sadly by her side. La chanson nous transporte dans le tableau et nous raconte le contenu de cette fameuse lettre qu’elle étreigne entre ses mains. Le ton de l’album est donné, il sera mélancolique, nettement moins terrifiant que d’autres opus étouffants par leur morbidité, même esthétiquement parfaite. Le single extrait de cet album, Under fifteen feet of pure white snow, est une sublime ode à la solitude et au silence. L’émotion est telle qu’on croirait que Cave chante à nos oreilles ce qu’il vit sur le moment. Il nous semble lire de la poésie du fond des âges, pendant Gates of the garden ou The sorrowful wife. Serait-il le musicien du spleen ? L’intégrité artistique de Nick Cave est sans faille, sa composition est riche, et il semble résonner des rimes de Lord Byron, voire de Baudelaire. Sans aucun doute imparable sur la littérature romantique, Nick Cave apporte une nouvelle lecture de la musique, indissociable de la poésie, et impossible à catégoriser. Et c’est tant mieux : le lyrisme de Hallelujah n’en est que plus surprenant.

Si l’apprentissage de la musique ne se fait que par la découverte de ce qui est susceptible de nous toucher, Nick Cave est incontournable. Surprenant, magique, intemporel, insaisissable, Nick Cave rassemble autour de lui toute la sensibilité à sa portée, et construit un hommage à l’amour au-delà du temps, au-delà des âges, dans un imaginaire sombre et tumultueux, loin des ballades sirupeuses et douteuses de la pop actuelle ou du pseudo-métal. Nick Cave réussit à toucher au plus profond de notre histoire, à heurter le nerf sensible, encore douloureux.



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Sarah El Jabri





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Nick Cave & The Bad Seeds : "No more shall we part"
(1/2) 27 juillet 2016
Nick Cave & The Bad Seeds : "No more shall we part"
(2/2) 22 juillet 2012, par VSfqHeUKXRhL




Nick Cave & The Bad Seeds : "No more shall we part"

27 juillet 2016 [retour au début des forums]

There is something with the kind of songs that he created which any music fan would never try to miss. - Gary McClure

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Nick Cave & The Bad Seeds : "No more shall we part"

22 juillet 2012, par VSfqHeUKXRhL [retour au début des forums]

Salut Martine,Merci pour ton avis sur ce blog. Pour re9pondre e0 ta question, un proble8me qui siugrt dans notre vie est le signe clair qu’il y a quelque chose e0 changer. C’est un appel e0 l’action.Il est plus profitable de demander e0 quelqu’un ayant eu le proble8me avant nous, les actions entreprises pour re9soudre ce proble8me.On peut parler de notre proble8me comme un de9fi stimulant, une opportunite9 de changer un comportement, une attitude ou de remplacer une mauvaise habitude. C’est diffe9rent de quelqu’un qui se plaint sans re9el de9sir de changement.J’espe8re avoir re9pondu e0 ta question.

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