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Radio 4 : "Stealing of a nation"
Too much make-up

jeudi 23 septembre 2004, par Laurent Bianchi

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Radio 4 est de retour, en n’ayant point hésité à forcer un peu sur le maquillage, pensant que la cosmétique était un gage de pérennité. Du coup, l’écoute répétitive et attentive, toutes basses en avant, s’impose si on veut bien apprécier le travail de ces messieurs. Le problème est de savoir si beaucoup vont faire cet effort sachant qu’ils n’avaient pas à le faire auparavant…

A la sortie de leur deuxième album, Gotham !, Radio 4 avait séduit énormément de gens en surfant sur la vague new-yorkaise du punk/dance/rock enpruntée par Hot Hot Heat et The Rapture. Ils avaient alors bénéficié d’une couverture médiatique des plus enviables avec leur titre Dance to the underground, utilisé dans un spot publicitaire d’une certaine boisson noire à bulles... Alors, tout comme les Strokes, ils sont attendus de pied ferme, armes aux poings, à l’occasion du troisième album (deuxième pour l’Europe à vrai dire, le premier étant passé inaperçu).

Le mélange guitares et électronique est toujours le fonds de commerce du groupe. Mais plus pour l’unique but affiché de faire danser les gens. En effet, la politique est venue mettre son grain de sel au côté improvisé qui les caractérisait jusqu’ici. Vu les événements qui ont secoué leur ville, et l’accueil pas toujours chaleureux qui leur a été réservé en Europe (c’est eux qui le disent), l’explicite Stealing of a Nation se veut mettre les points sur les i, afin de prendre leurs distances avec le pouvoir en place.

Le formatage pour discothèque estampille la revue des titres. Transmission est tout à fait dans la veine de ce à quoi nous ont habitués les lascars. C’est dansant, aux riffs incisifs, c’est vif, avec un refrain allègre qui se retient facilement. Le petit clin d’œil au reggae/dub est toujours présent aussi. Et ce n’est guère étonnant puisque Anthony Roman, leader et chanteur de Radio 4, reconnaît que son passe-temps favori est d’écouter des disques du genre. Coming up empty ou Nation et leurs lignes de basse sont là pour l’attester.

Le côté Cure dont on pouvait se délecter ici et là est toujours décelable : Absolute affirmation semble prendre ses sources dans la période eighties de la bande à Robert. On pense à Depeche Mode aussi parfois.

Produit par Max Heyes (Doves, Primal Scream), Radio 4 compte bien mettre toutes les chances de son côté pour ne pas disparaître. Le bonhomme derrière les manettes a cependant peut-être trop eu carte blanche en studio car apparaissent ici les défauts d’un album trop produit, où le naturel qui faisait leur charme a été chassé au bénéfice des effets et autres trouvailles modernes sonores qui écrasent un peu trop le reste. Et ce malgré la présence en studio de leurs accompagnateurs de tournée (PJ O’Connor et Gerard Garone, respectivement aux percussions et aux synthétiseurs). Des singles à la Dance to the underground, qui était d’une efficacité imparable, on n’en entend point ici. Dommage.



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Laurent Bianchi





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Radio 4 : "Stealing of a nation"
(1/2) 1er janvier 2015, par Steve
> Radio 4 : "Stealing of a nation"
(2/2) 14 octobre 2004, par wreckmaster




Radio 4 : "Stealing of a nation"

1er janvier 2015, par Steve [retour au début des forums]

It’s good to know that this group will be returning to the music scene. - Steven Wyer

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> Radio 4 : "Stealing of a nation"

14 octobre 2004, par wreckmaster [retour au début des forums]

C’est objectif. Bonne chronique.
Juste deux trucs :
- leurs paroles, si on ne les a pas sous les yeux, on ne va pas chercher à les comprendre. Ils ont beau être intelligents (hypothèse), c’est pas leur job, ils sont là pour faire de la musique.
- pas de tube ? Mais cet "absolute affirmation" est vraiment énorme ! Passer ça pour n’importe quelle pub, et ça aura au moins autant de succès que "dance to the underground" ! A ce sujet, ce n’est pas tout à fait leur morceau qui a servi de pub, mais un remix fait par les vraiment sous estimés the Faint (Franz Ferdinand ? Des branleurs - et pas dans le bon sens du terme !), et ça change tout.

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