Pop-Rock.com



Raymondo : "Raymondo"
Encore un produit belge de qualité !

samedi 14 août 2004, par Laurent Bianchi

DANS LA MEME RUBRIQUE :
I Am X : "The alternative"
Vincent Delerm : "Les piqûres d’araignée"
Peaches : "Father Fucker"
Echo & The Bunnymen : "Siberia"
Íon : "Madre, protégenos"
Sarah Bettens : "Scream"
John Frusciante : "The will to death / Automatic writing / DC EP / A sphere in the heart of silence"
Massive Attack : "100th window"
Quidam : "Alone together"
No One Is Innocent : "Gazoline"


Raymondo c’est une véritable aubaine dans un monde brutal, une source d’eau de fraîcheur dans un été caniculaire. Oui, je sais, il se fait attendre, l’été, mais vous pouvez déjà faire vos provisions...

Raymondo était à l’origine un projet solo de Christian Nolf (Belmondo), mais est devenu avec l’arrivée de Boris Gronemberger (Françoiz Breut, Grandpiano, Grinberg), de Cedric Castue et de Lobke d’Heespeel un quatuor bruxellois nous offrant une musique de haute qualité, qui pourrait tout à fait être classé entre les Tindersticks et Jim O’Rourke, proche du Talk Talk de Spirit of Eden, où le chant peut devenir murmure, et, en tout cas, ne se donne qu’avec parcimonie, et où la batterie se résume la plupart du temps à un effleurement des timbales.

Oui, Raymondo c’est tout ça. Accompagné d’instruments en acoustique, les ambiances proposées sont très aériennes, très planantes, et l’on pense aux ballades d’un Calexico, car sans être latin, l’ambiance générale invite tellement à la détente et à la vision des choses sous leur meilleur angle que l’on se croirait devant la formidable bonne humeur des latino-américains. Bien qu’enregistré en Belgique, l’album semble avoir été produit à Tucson, Arizona, aux côtés de Amor Belhom Duo. Une nostalgie, caractéristique de ses moments de bonheur pur, est constamment là, à veiller au grain, et l’on se surprend à se laisser-aller devant tant de simplicité musicale. Car, tout le monde le sait, il est bien plus difficile de faire un album avec peu d’instruments, fait essentiellement (voire exclusivement) de ballades, qu’un album où l’on crie et ou l’on fait du bruit. (regardez The Bronx...) De plus, ce qui est bien avec le genre de disques que voici, c’est qu’ils sont intemporels, n’obéissent à aucune mode ni règle de genre, et rentrent du coup dans la catégorie des disques jazz ou de musique classique : à savoir tout, sauf éphémère.

Le chanteur, Christian Nolf, semble livrer toute son âme sur les chansons, comme sur She’s like a fruit. Des titres comme To the future nous emmènent du côté de la Bossa Nova et de ses belles ballades tropicales. C’est sur ce titre que l’on croit entendre la voix de Josh Haden (Spain) d’ailleurs, notamment l’album She haunts my dreams. On n’est d’ailleurs pas très loin de cette idée de hantise féminine à l’écoute des paroles...

Une trompette vient ici et là pour nous plonger dans un farniente de circonstance auquel on s’adonne sans resquiller de quelque manière que ce soit. Les soli de guitare sur You Shine on, trop rares mais c’est peut-être pour mieux s’en imprégner, font carrément penser au Buena Vista Social Club, ou, en tout cas à son géniteur, Ry Cooder.

Une seule critique à faire : l’album est trop court (35 minutes). Argh !



Répondre à cet article

Laurent Bianchi