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Robots In Disguise : "Get rid"
Kraftwerk en mini-jupe

dimanche 17 avril 2005, par Albin Wagener

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Prenez deux Anglaises un peu barrées. Demandez-leur de mettre leur doigt dans une prise électrique. Enfermez-les ensuite dans un studio avec un producteur digne de ce nom - au hasard, je dirais Chris Corner -, et donnez-leur carte blanche. Vous obtiendrez à coup sûr quelque chose qui se situera entre du disco-punk, un John Travolta fan de science-fiction et du nightclubbing fiévreux et bondissant. Il y a de fortes chances pour que ce projet réponde au doux nom de Robots In Disguise.

Get rid est le deuxième album de la formation emmenée avec légèreté et dynamisme par Sue Denim et Dee Plume, aussi connues pour leurs concerts endiablés que pour leurs DJ sets à la hauteur de leurs personnages. Leur premier album éponyme possédait déjà une touche électroclash bien personnelle, mais s’inscrivait dans la lignée des albums de Client ou de Ladytron, pour ne citer qu’eux. Mais après cette introduction plutôt bien réussie, épaulée par de bons morceaux (Boys en tête), nos petites anglaises remettent un couvert plutôt chargé pour cette deuxième production, encadrée par le brillant Chris Corner, chanteur des Sneaker Pimps et seul maître à bord d’I Am X.

On reconnaît d’ailleurs la patte de Chris Corner, et certaines sonorités ne sont pas sans rappeler les couleurs de Kiss + Swallow. Toutefois, ce qui frappe surtout ici, c’est que le deuxième album des Robots In Disguise bascule dans la folie sans complexe, à mi-chemin entre une Björk hyper-protéinée et du White Stripes sans guitares. Le single The DJ’s got a gun en témoigne d’ailleurs d’entrée de jeu, puisqu’il constitue une porte explosive sur un album qui restera dans un univers entre jeux vidéo et nuits hystériques. Des petites perles jalonnent l’album : en tant que francophone, on peut particulièrement apprécier La nuit, titre pétillant chanté en français par les deux demoiselles (s’il vous plaît), mais le très glam Hot gossip participe également à l’ambiance débridée de cette véritable boule à facettes en fusion. Impossible de ne pas secouer sa tête sur les boîtes à rythmes binaires mais diaboliquement efficaces. Pour tous les hommes qui n’arrivaient pas à s’imaginer ce qui se passe dans le cerveau d’une femme, maintenant vous saurez !

On s’amuse et on culbute de surprise en surprise : si on est charmé par la reprise de You really got me des Kinks dans une version surprotéinée et débordante d’adrénaline, l’album se clôt sur Turn it up, sorte de clin d’œil à l’histoire de la pop et du rock de ces trente dernières années, dans lequel sont citées les paroles de divers morceaux : on passe du Ashes to ashes de David Bowie (ou bien serait-ce celui de Faith no more ? les chances sont maigres...) au Pretty vacant des Sex Pistols, tout en faisant un petit détour par Curl et Grazes, comme ça, mine de rien, deux titres du répertoire des Sneaker Pimps - entre autres.

En chœur, Sue Denim et Dee Plume chantent, murmurent ou braillent sur tous les titres avec une ferveur sans limite, et quelques guitares bien placées hissent les Robots In Disguise bien au-dessus du lot de Client et de leur dernier album City ; mieux, elles parviennent même à se tailler la part du lion en se propulsant musicalement au même rang que les américains doués de The Faint, mais en version féminine. Les influences sont d’ailleurs communes : on retrouve du Human League (l’hypnotique Voodoo n’aurait pas dénoté sur un album comme Travelogue), des thèmes chers à Gary Numan (She’s a colour scientist) ou du John Foxx des grands soirs ; Turn it up peut même faire penser à du Simple Minds période Sons and Fascination. Les sons synthétiques sont bruts et épurés, et le but avéré est franchement bien atteint : faire danser, opiner du chef, transpirer et avoir des montées d’hormones incontrôlables. Sex, drugs, rock’n’roll - and synthesizers. Attention, c’est contagieux : si vos pieds commencent à bouger tout seuls et que vos tempes se mettent à chauffer, c’est normal. Les batteries de ces robots-là ne sont pas prêtes de tomber à plat...



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Albin Wagener





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Robots In Disguise : "Get rid"
(1/2) 12 septembre 2015
> Robots In Disguise : "Get rid"
(2/2) 18 avril 2005




Robots In Disguise : "Get rid"

12 septembre 2015 [retour au début des forums]

Good review. It’s the kind of music that I would love to listen all over again. - Marla Ahlgrimm

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> Robots In Disguise : "Get rid"

18 avril 2005 [retour au début des forums]

Je les ai vu ca samedi au venus rock et je dois dire que c’était pas mal du tout. Ce sont de charmantes demoiselles qui sont très gentille. J’ai eu la chance de les rencontrés, elles mon bien fait rire avec leur accent anglais. Quand vous dites qu’elles sont un peu folle, je confirme. Le Dj set qu’elles ont fait était fou (dans le sens bizarre). Il n’y avait plus qu’une cinquintaine de personne mais elles continaient leur show sans problème. Dans le genre electro, ce groupe est vraiment à recommandé.

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