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Sean Lennon : "Friendly Fire"
A écouter les yeux grand ouverts

samedi 18 novembre 2006, par Geoffroy Bodart

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Première réaction à la découverte de ce boîtier : la pochette est très laide. D’accord, ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler une approche constructive et neutre d’un album. Mais bon, il ne fallait pas s’attendre à un débordement d’ondes positives de ma part en me filant l’album du rejeton d’un des Beatles. Deuxième réaction en ouvrant le boîtier et en découvrant le CD : il est rose bonbon ! Non, décidément, il y a des choses qui ne se font pas. Mais quid de ma troisième réaction, celle qui suit l’écoute de l’album ?

C’est armé de ma plus mauvaise foi que je me suis plongé dans l’écoute de ce disque. Les premiers essais furent loin d’être concluants. Disons simplement que le contenu m’apparut aussi rose bonbon que le contenant et que ces dix chansons m’ont chacune rappelé pourquoi je n’aimais pas les Beatles. Si le petit Sean avait au moins officié dans un registre plus proche de celui de son pacifiste binoclard de papa, j’aurais peut-être pu accrocher à l’occasion. Mais il semblerait que la pop facile à la sauce Macca soit plus dans les cordes du gamin Lennon. Par acquis de conscience, avant de rédiger ma chronique, j’ai toutefois profité d’un petit moment libre d’une soirée pour jeter un œil sur le DVD accompagnant l’album. Et là il s’est passé quelque chose. Non pas que je me sois mis tout d’un coup à apprécier la musique simpliste et la voix geignarde de Sean Lennon, mais ses clips, dans lesquels on reconnaîtra notamment les actrices Lindsay Lohan, Asia Argento ou Carrie Fisher (oui, oui, la princesse Leia), m’ont fait aborder l’album sous un autre angle. Et me voilà trois quarts d’heure plus tard à écumer le net à la recherche d’interviews et autres renseignements. J’en fus, je dois le reconnaître, le premier surpris...

Ce qui m’a interpellé dans ces clips, c’est le recours constant à la mise en abyme. Que ce soit par le biais d’une télévision (dans les menus, ou en tant qu’objet anachronique dans l’histoire à la Zorro de Dead meat), du spectacle, du cinéma (l’exemple le plus frappant étant On again off again où le film diffusé conte une histoire déjà vécue par le protagoniste principal lors du précédent clip), ou encore du cirque, tout semble prétexte pour faire perdre ses repères à l’auditeur/spectateur, à le faire hésiter entre réalité et illusion. Un petit clin d’œil à la famille appuie encore le propos (un quidam interpelle Sean et lui affirme être un fan... mais il pensait avoir affaire à l’autre fils Lennon, Julian). Mais la mise en abyme la plus spectaculaire n’est autre que l’écho que ces petites scénettes rendent au vécu de l’artiste. Ces morceaux furent en effet écrits, presque en tant que médium thérapeutique, à un moment difficile de sa vie, lors de la fin de sa relation avec l’actrice Bijou Phillips (la fille de John Phillips, membre fondateur des Mamas & Papas, dont on aura apprécié la performance dans le trash Bully de Larry Clark), qui l’avait trompé avec son meilleur ami... qui devait décéder peu de temps après. Et qui vient prêter son joli minois dans l’ensemble des clips à l’égérie du protagoniste, femme inaccessible qui semble s’éloigner au fur et à mesure qu’on l’imagine à portée ? Bijou Phillips bien sûr.

Une fois appréhendé le contexte de cet album, centré sur la désintégration des relations amoureuses, on regarde différemment la bouille pathétique et toute tristounette de Sean Lennon et on balaie d’un revers de la main toute idée d’opportunisme dans la démarche du bonhomme. Bien sûr, l’album ne me plaît pas subitement et il reste trop de titres que je ne sais tout bonnement pas écouter, simplement car il ne s’agit pas de mon univers musical (la petite boucle mélodique de Dead meat m’exaspère, des Tomorrow ou On again off again s’oublient aussi vite qu’ils sont écoutés, la version psychédélique du Would I be the one de T-Rex m’indiffère au plus haut point), mais ce serait malhonnête de ma part de ne pas reconnaître le talent qui se dévoile au détour d’un Friendly Fire, d’un Falling out of love au final aérien et majestueux ou d’un Spectacle absolument enivrant. On attribuera dès lors à Sean Lennon ses galons de songwriter estimable et digne de son illustre géniteur, mais la note positive sera accordée non pas au CD, mais bien au DVD, qui a réussi à attirer mon attention là où la musique seule n’était pas parvenue à susciter en moi beaucoup d’intérêt.



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Geoffroy Bodart





Il y a 4 contribution(s) au forum.

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27 octobre 2015 [retour au début des forums]

I have been a fan of John Lennon and I like this material here. - Richard Dover Knoxville

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Sean Lennon : "Friendly Fire"

24 décembre 2006 [retour au début des forums]

Y-a-t-il des sanctions dans l’attribution des chroniques sur pop-rock ? Je vais finir par le croire. Pour preuve la chronique de Geoffroy Bodart sur l’album de Sean Lennon. Ce cher Geoffroy se voit attribuer l’art difficile de critiquer la dernière oeuvre d’un artiste qui a l’inconvénient (ou l’avantage selon certains) de porter un nom qui lui est familier : Lennon. Ah oui le même Lennon qui a autrefois sévi dans un groupe dont on parle encore aujourd’hui (mais dissout depuis 1970) et qui a terminé son parcours un jour de décembre 1980. Celui-là qu’on glorifié : le Saint John. Lennon a eu deux fils : le premier Julian et le second Sean. Ah mince déjà qu’il était réfractaire à l’univers musical du père alors en plus il doit se faire le dernier album du rejeton ! Dure punition que là. Mais bon en professionnel qu’il est, il va aller jusqu’au bout de sa mission ! Et toc !
Comme la plupart des journalistes dans son cas, c’est à dire la majorité, il va d’abord analyser le produit par un rapide coup d’oeil à la pochette. Bon elle est laide. On commence mal. C’est vrai quoi ! Déjà je dois me farcir un disque que je n’ai pas envie d’écouter et en plus la pochette est hideuse. Vous ilmaginez rose bonbon. Merde même pas de bon goût ce gamin. Mais continuons notre travail.
Bon côté musical, qu’est-ce que cela donne ? De la pop musique, original tiens. On dirait même un peu du Beatles. Ah non ça c’est trop gros il fait la même musique que Papa. Non c’est pas possible. Allez on va pousser le vice un peu plus loin, on va écrire que c’est du Macca tout craché. Et tiens bien balancé celle-là. Oh oh, je n’aime pas les Beatles mais je vais semer la zizanie en jetant un pavé dans la mare. Le petit Sean Lennon fait du Mac Cartney. Et peut-être bien que la plupart des fans se lanceront dans un débat acharné pour savoir si j’ai raison ou non.
Bon côté musique, il faut avouer que je me fais un peu ch.... alors voir côté vidéo tiens ça a l’air plus sympa. Il semble qu’on comprend mieux la tournure de l’album et que finalement le Sean a l’air de convaincre avec ces vidéos. Mais bon résultat des courses, l’album ne m’enchante guère et je ne pense pas que je vais l’offrir à mon entourage. Voili voilà comment on se sort d’une galère de chroniqueur.
Mais à vrai dire le disque de Sean Lennon a-t-il été chroniqué comme il le fallait. En vérité non.
Nous avons à faire à un fort joli disque. C’est vrai influencé par les Beatles. Mais bon reprocher à Sean Lennon de s’inspirer d’un des groupes majeurs du 20ème siècle serait un peu comme reprocher à un jeune guitariste de s’inspirer de Jimi Hendrix. Les mélodies sont douces et mélodieuses.
La musique est plus sucrée que salée. Cela ne veut pas dire que cet album n’a pas de consistance. Bein au contraire, à force d’écoute il saura se montrer pénétrant et les chansons ne vous quitteront plus car cet album est une vrai réussite et il faut reconnaître le vrai talent de Sean Lennon. Et ce sans faire de comparaison avec son père même si ce timbre de voix qu’l developpe s’approche beaucoup de celui de son père sur certaines chansons.
Alors on pourrait rentrer dans une étude exhaustive de chaque morceau du disque pour en tirer chaque influence et démontrer l’existence et le bon valoir de celui-ci mais je ne pense que cela soit nécessaire.
Pour ma part, je l’écoute régulièrement et il m’accompagne depuis quelques semaines. Et j’en suis satisfait. Ce disque est très doux et il fait du bien. Quant aux parloes, je ne comprends pas l’anglais alors je m’en fous. Peut-être est-il une complainte mais je m’en contrefiche !
Là où je suis déçu, c’est qu’il n’ait pas été chroniqué sérieusement et à sa juste valeur. Monsieur Bodart débarassez-vous de vos préjugés sur les Beatles et appréciez comme il se doit ce très beau disque.
A bon entendeur salut !

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Sean Lennon : "Friendly Fire"

18 novembre 2006, par dionycos [retour au début des forums]

Cette critique est assez négative, mais néanmoins constructives et loin d’etre gratuite.Et Mr Bodart a tout à fait le droit de na pas apprecier .
Mais ma question est la suivante : Pourquoi refiler la chronique de ce disque à un réfractaire de cet "univers musical", et meme , réfractaire aux Beatles ?

Grand mystere. Je ne vois pas l’interet...

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    Sean Lennon : "Friendly Fire"

    18 novembre 2006, par  [retour au début des forums]


    Pour démontrer que l’album est assez bon pour donner satisfaction à un auditeur qui a la base n’est pas client.
    Il faut un peu lire entre les lignes, et se dire que si l’auteur de la critique lui reconnait des qualités, alors l’amateur du genre sera plus que satisfait.

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