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The Darkness : "Permission to land"
Metal régressif

mercredi 21 janvier 2004, par Marc Lenglet

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On exhume à nouveau le cadavre du punk, les nouvelles formations se redécouvrent une passion pour le rock’n roll simple et direct, l’électro cheap et minimaliste n’a jamais été plus « in » qu’aujourd’hui...Pourquoi le metal n’aurait-il pas le droit lui aussi de replonger dans son adolescence, l’âge où on fait n’importe quoi pour se faire remarquer ? ?

Je m’en souviens encore : il y a quelques années, vers le milieu des années 90, tout le monde claironnait haut et fort que le glam-rock, ses Poison, Mötley Crüe ou Warrant avaient définitivement enterré le metal. Leurs tenues ridicules, leurs morceaux basiques, leurs balades sirupeuses...tout le monde se demandait comment des gens normaux avaient pu se compromettre au point d’acheter les albums de tels ambassadeurs du mauvais goût. Les groupes « Je souffre dans mes baskets trouées » avaient pris la relève à Seattle, et le rock avait accompli sa dernière métamorphose, celle qui devait le mener vers l’expression ultime de la sincérité, de la grandeur d’âme et de l’identification avec le public. Tout le monde était bien d’accord là dessus. Décembre 2003 : un groupe a déclenché une véritable tornade au Royaume-Uni, et est acclamé partout comme la révélation de l’année. Ce groupe est plus mal habillé que Kiss, plus kitch que Europe, son chanteur est plus permanenté que David Coverdale et plus castré que Freddie Mercury. Ce groupe, c’est The Darkness, et il remet à la mode les plus épouvantables spécimens du rock à paillettes qu’aient pu connaître les années 80.

Je n’ai jamais été véritablement adversaire du Glam-FM, dans lequel j’ai toujours apprécié cette capacité à aller à l’essentiel et à pondre un thème absolument obsédant en 5 ou 6 riffs, et aussi en tant que reflet d’une certaine époque. Bien sûr, rétrospectivement, les poses et minauderies d’un David Lee Roth ou d’un Brett Michaels sont plus risibles qu’autre chose, mais ce style de musique n’avait de toute façon jamais cherché à être pris au sérieux. Et entre un guignol bariolé qui fait le singe sur scène et qui assume sans honte son statut d’icône, et un cradingue fashion-victim qui montre à quel point il est malheureux d’avoir du succès, je n’ai pas besoin de préciser où allait ma préférence, même si il y avait sans doute quand même plus d’idées dans la tête du second.

Tout ça pour en arriver au fait que j’ai quand même un peu de mal à comprendre l’engouement quelque peu excessif pour The Darkness. Oh, ce n’est pas mauvais du tout bien entendu. Avec leurs sources d’inspiration plus que visibles chez Def Leppard, AC/DC et Queen, leur chanteur, l’excentrique Justin Hawkins à la voix de vierge effarouchée, leurs clips d’un kitch tellement délirant qu’on ne peut qu’applaudir des deux mains une telle confiance en soi, ils attirent la sympathie. Toutes les chansons semblent avoir fait l’objet d’intenses cogitations sur le meilleur moyen de réutiliser les ficelles hard rock des années 80, les slows sont bien romantiques et larmoyants comme il se doit, les musiciens ne se privent pas de faire étalage de toutes leurs capacités au moyens de soli bien balancés et de refrains conçus pour se vriller dans les conduits auditifs et y rester, et le chanteur ne se prend pas au sérieux une minute.

Pour rester dans le domaine du rock daté, le dernier Skid Row est passé totalement inaperçu alors que sa recette ne diffère pas fondamentalement de celle de The Darkness. Mais le nouveau challenger a quelque chose de plus à offrir que tous ces revenants : il s’agit de son côté « plus fort que... ». Tout ce qu’on pouvait trouver ridicule dans le hard des années 80, The Darkness l’a repris et l’a grossi démesurément sans la moindre hésitation. Et le pire, c’est que la mayonnaise prend ! On ne peut pas s’empêcher d’éprouver une certaine affection pour cette exhibition mégalomane décomplexée, et des titres comme le désormais célèbre « I believe in a thing called love » sont absolument irrésistibles ! Sur le long terme, c’est quand même un peu plus problématique, car Permission to land est tout de même assez limité dans l’ensemble.

A défaut de constituer une révolution ou un chef d’œuvre, Permission to land est un grand bol d’air frais et un défouloir appréciable dans un paysage musical actuellement très engagé et très sérieux.



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

The Darkness : "Permission to land"
(1/5) 2 décembre 2016
The Darkness : "Permission to land"
(2/5) 15 septembre 2006, par Samy
> The Darkness : "Permission to land"
(3/5) 21 janvier 2004, par Badrock
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(4/5) 21 janvier 2004, par Laurent
> The Darkness : "Permission to land"
(5/5) 21 janvier 2004, par Kao




The Darkness : "Permission to land"

2 décembre 2016 [retour au début des forums]

I have never known this album, thanks to this review, I came to know such nice songs. - Dr. Thomas G. Devlin MD, PhD

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The Darkness : "Permission to land"

15 septembre 2006, par Samy [retour au début des forums]

Ces mecs sont tout simplement énormes (ils ont des influences claires qui n’ont plus rien a prouver). Ce groupe nous donne une grande claque et c’est bon.

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> The Darkness : "Permission to land"

21 janvier 2004, par Badrock [retour au début des forums]
Train Theater

Ce groupe est tout simplement extraordinnaire entendez par là qui sort de la normale... Leur dernier clip dans un chalet avec des vetêments MAGNIFIQUES lo est trop délire... Des groupes comme ça c’est qu’il manque actuellement pour contrer les fashion victims à la fifty cent où le seul but du clip est de voir se trémousser 40 blondasses aux gros seins en train de se baigner dans une piscine monstrueusement démesurée...

Qui prendra la relève après Darkness ? :D

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> The Darkness : "Permission to land"

21 janvier 2004, par Laurent [retour au début des forums]

Je ne comprends pas non plus l’engouement plus que démesuré pour ce groupe. Il a en tout cas compris une chose : l’image est devenue aujourd’hui aussi importanate, voire plus, que la musique, et c’est leur côté parodie, qui du coup en fait une attraction divertissante qui semble avoir été privilégiée. Je ne parierais pas non plus sur leur pérénité, mais ça j’imagine que la maison de disque s’en fiche pas mal...

ça m’a fait penser à Loverboy ou Foreigner. Et, si on veut voyager dans le temps (autant niveau clip que le reste), il y avait Ratt qui était pas mal dans le même genre dans les années 80...

J’espère que ce n’est pas une sorte de "Scarymovie" revu et corrigé pour l’industrie du disque...

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> The Darkness : "Permission to land"

21 janvier 2004, par Kao  [retour au début des forums]

Qui aurait encore la force de critiquer en voyant des manches de guitare projeter des "rayons laser" sur des tentacules de poulpe en papier ? ...

En concert le 2 mars à Paris (Elysée Montmartre) ...

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    > The Darkness : "Permission to land"

    29 juin 2004, par darknessgirl [retour au début des forums]


    C’est le meilleur groupe de toute la galaxie, je me shoote au Darkness depuis que j’ai entendu par hasard I believe in a thing called love à la radio. J’ai vu le clip 2 ou 3 mois plus tard sur leur site officiel, et alors là je décollais plus de l’ordi et j’étais morte de rire !

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