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The Libertines : "The Libertines"
Quel bordel !

lundi 4 octobre 2004, par Marc Lenglet

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Que seraient les libertines sans Pete Doherty ? Il faut le reconnaître, l’intérêt que l’on porte à ces quatre prolos anglais repose surtout sur les faits divers dont leur guitariste/chanteur au faciès de poupon malveillant se rend régulièrement coupable.

Entre disparitions soudaines, cures de désintoxication, agressions subies ou effectuées, alcoolisme et autres symptômes de petite délinquance, les Libertines n’ont eu aucun mal à devenir la poule aux œufs d’or du NME, épiçant une optique musicale à la mode des années 2000 d’éléments collatéraux prompts à les situer dans la grande saga du rock’n roll sulfureux. Un comportement de saltimbanque chaotique dont on ne peut retrouver l’équivalent qu’à la grande époque des groupes à problèmes de Los Angeles à la fin des années 80, et qui renvoie les frasques des frères Gallagher au stade de plaisanteries pour premiers communiants.

Contrairement aux autres formations assimilées qui s’appliquent à remettre aux goût du jour les influences garage-rock des grandes figures de jadis, les Libertines s’efforcent de ne ressembler à rien. Ou plutôt ils piochent dans leurs influences d’une manière tellement anarchique qu’a priori, à part de jeunes enragés passant leurs nerfs sur leurs instruments, on ne dénote rien de particulier. Mais quand percent tout de même des effluves de Beatles, de Kinks, de Happy Mondays, de Cure, de Clash, de Sex Pistols, de Stooges, de country ou de rockabilly, toutes choses sans doute par eux assimilées la gueule plongée dans de la bière renversée sur un comptoir de bar, il devient clair que les Libertines, même involontairement, synthétisent à leur bruyante manière 40 ans de rock anglais.

Des désirs rockabilly et pop classique, du punk popisant (ou de la pop punkisante, on ne sait pas très bien), une vie de bâton de chaise et des conditions d’enregistrement à l’avenant, voilà de quel bois est faite la nouvelle livraison de la coqueluche des médias anglais. Et si The Libertines n’apporte pas grand chose de neuf à Up the bracket, à part un petit côté (encore plus) mal foutu et décousu, dû ou pas à l’atmosphère chaotique des derniers mois, il existe un certain bonheur primitif à essayer de repérer les divers clins d’oeil et hommages inconscients au milieu de cette joyeuse tambouille électrique.

Les Libertines ne seront vraisemblablement guère plus qu’une étoile filante, d’ici à ce qu’on retrouve Carl Barat sous les verrous, ou Pete Doherty bouffé par les rats dans un squat. Ce deuxième tour de piste des Libertines lasse malheureusement vite les auditeurs blasés que nous sommes, même si le temps passé en leur compagnie est foutrement agréable et rafraîchissant. Sur scène, c’est sans doute une autre histoire, mais devant la gigantesque offre actuelle en rejetons du rock des 70’, il devient de plus en plus difficile de se faire sa place au soleil. Les Libertines, meilleurs que les Hives, les Strokes ou les Vines ? Question sans grand intérêt, tous sont finalement plutôt comestibles. Mais en dehors de l’aura vénéneuse de sa genèse, The Libertines ne marquera son époque que comme un grand moulinet de guitare graisseuse égaré au milieu d’une légion de tentatives identiques.

Plus sur The Libertines sur Pop-Rock ?

- chronique de Up the bracket
- compte-rendu du concert au Botanique (septembre 2004)
- article "Le nouvel album des Libertines a-t-il vraiment été accouché dans la douleur ?"



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Marc Lenglet





Il y a 8 contribution(s) au forum.

> The Libertines : "The Libertines"
(1/2) 7 octobre 2004, par hewlett_daughter
> The Libertines : "The Libertines"
(2/2) 5 octobre 2004




> The Libertines : "The Libertines"

7 octobre 2004, par hewlett_daughter [retour au début des forums]

A la lecture de cette critique et sans manque de respect, on peut vraiment se poser la question : avez-vous écouté l’album.
En tout cas, vous jouez bien le jeu des média (et par la même occassion des libertines) car vous parlez plus des problèmes du groupe que de leurs chansons (aucune chanson citée dans la chronique).
Ce disque est bordélique, oui exact à la 1ère écoute mais après il devient un rêve proche du chef d’oeuvre (étant fan des Beatles, je sais ce que chef d’oeuvre signifie),

What did Katie, The Man who would be king, The likely Lads, Narcissist...sont telles de mauvaises chansons.
Le constat est clair non !!!!

Cette critique me fait penser au commentaire suite à la sortie de Room on fire...

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    > The Libertines : "The Libertines"

    7 octobre 2004, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    Hé bien oui, on parle plus des problèmes du groupe que de leur musique. Sont-ils désolés d’attirer l’attention des médias sur eux ? Cela leur fait-il du tort de posséder la petite odeur de souffre qui les différencie de la fange des groupes garage du moment ?

    On ne cite pas systématiquement des chansons dans chaque chronique, parce que si on devait respecter un canevas précis pour chaque chronique, on se ferait salement chier à les rédiger. Et s’il est vrai que les Libertines ont quelques accents de Beatles, cela n’en fait pas des Beatles pour autant.
    Remarquez que j’ai été sympa avec eux : les dix premières écoutes, j’ai presque pensé tenir un chef d’oeuvre. Presque...Les problèmes ont démarré à la onzième écoute.

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      > The Libertines : "The Libertines"

      14 octobre 2004, par wreckmaster [retour au début des forums]


      C’est vous (journalistes) qui n’arrêtez pas de parler de leurs frasques. Mais musicalement, ce deuxièeme album n’est peut être pas un chef d’oeuvre (pourquoi pas après tout...), mais alors dans ce cas là, autant dire que le dernier chef d’oeuvre date de 1966 ("pet sounds" des Beach Boys)... Non, cet album comporte des mélodies vraiment énormes. Bien sûr, ils n’innovent pas : je ne vois pas comment on peut encore innover en faisant du rock, vu que tout a été fait. Aussi, on ne peut que demander aux rockers deux choses : de la sincérité et des mélodies. Ici, c’est la meilleure copie depuis belle lurette.

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> The Libertines : "The Libertines"

5 octobre 2004 [retour au début des forums]

Grand disque, à mon avis inoxidable. On le réécoutera dans 20 ans, tout comme les smiths ou les clash, en se souvenant qu’ils étaient les seuls en 2004, pour qui aimait le rock à cette époque merdique. Une sincérité poignante, loin de tous revival, juste de la bonne musique avec de l’âme, du style et de la tension. Le seul groupe qu’on ne pourra pas taxer d’opportuniste ou de cariériste. Les derniers placebo et muse sonnent déjà datés à côté de cette perle intemporelle. "LE" remède contre la pop javellisée !!!

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    > > The Libertines : "The Libertines"

    14 mars 2005, par lkj [retour au début des forums]


    Quel groupe et quel disque effectivement !

    Les Libertines n’existent plus et c’est injuste.
    Injuste comme de voir une tripoté de posts suite à une chronique de Kyo ou de a-ha et presque rien sur les libs.

    Chienne de vie.

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      > > The Libertines : "The Libertines"

      6 septembre 2005, par Ben [retour au début des forums]


      C’est quand même marrant cette hype énorme autour de groupes sitôt nés, sitôt mort. ça donne vraiment envie de citer l’exemple d’un type pas du tout rock’n’roll comme Sinatra (quoiqu’étant l’idole de mecs comme Lou Reed ou Iggy) qui a réussit à rester au top dans ce buisness pendant près de quarante ans. Alors, quitte à passer pour un vieux con, vive dépeche mode, rem, joni mitchell, neil young et bien d’autres qui seront encore là quand les disques doherty pourriront dans les bacs à solde.

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        > > The Libertines : "The Libertines"

        6 septembre 2005, par lkj [retour au début des forums]


        Et pourquoi ne pourraît-on pas admirer aussi bien Neil Young, Depeche Mode et The Libertines.
        Les bacs à soldes font mon bonheur.On y trouve justement les gens que tu cites.

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