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The Warlocks : "Phoenix"
Recyclage de qualité

jeudi 27 novembre 2003, par Laurent Bianchi

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The Warlocks, c’est encore une révélation qui nous vient d’outre-Atlantique et qui illustre allègrement le retour, avec Black Rebel Motorcycle Club, tant espéré par certains du rock’n roll pur et dur, le vrai ! Quatre guitares , une basse, deux batteries (oui, deux , pour faire encore plus de bruit), un tambourin, le tout à la sauce psyché des Spacemen 3 mais aussi une sorte de revival des Velvet Underground (encore ?) ou des Rolling Stones période psychédélique. Du recyclage plutôt que de l’innovant, mais du bon !

Les groupes actuels auxquels s’apparente le plus leur musique sont les Dandy Warhols (en excluant leur dernier album) et The Brian Jonestown Massacre (les copains des précédents mais aussi des Warlocks) mélangé à la « musique faite par des drogués pour des drogués », des regrettés Spacemen 3. (Sonic Boom y a d’ailleurs mis son grain de sel - que demandez de plus que vos influences qui viennent vous donner un coup de main ?)

Ce qui est réconfortant est ce retour outre-Manche et outre-Atlantique des guitares distordues et des rythmes sales. Et accrochez-vous, c’est le label Mute, celui entre autres de Depeche Mode, qui leur sert d’étable. Est-on en droit d’espérer une Star Academy de groupes reprenant les gros classiques du rock parrainés par Iggy Pop ? Cessons de rêver...

La drogue, l’alcool et le rock’n roll sont donc à l’honneur ici. Arborant des têtes patibulaires, des ornements vestimentaires trouvés aux puces du coin, et ignorant superbement les progrès dans le domaine de l’hygiène corporelle et capillaire (ne parlons même pas des cosmétiques...), l’image est tellement caricaturale qu’elle a au moins le mérite de montrer que l’on n’est pas ici dans un monde de l’image mais dans le superbe monde du rock, celui qui s’en fout (de tout), qui se rebelle (contre tout), qui ne respecte rien ni personne, qui se dispute (19 membres sont déjà passés par là) et qui finira bien un jour ou l’autre par nous fournir une énième overdose ou un emprisonnement pour rentrer définitivement dans la légende du rock et la section chiens écrasés des journaux. (Avez-vous remarqué comme les journaux ne parlent souvent de tous ces artistes rock qu’une fois qu’ils sont morts ?).

Ceci dit, leur musique est très bonne. Et ce n’est pas contradictoire. Ni normal, c’est juste que ceci n’empêche pas les dons artistiques de s’exprimer (loin de là d’ailleurs, et l’histoire des Rolling Stones en témoigne magistralement) et c’est tant mieux. Les guitares (jusqu’à cinq) forment un mur grave dont quelques aigus s’échappent. Un mur qui est si impalpable qu’on y reste scotché. K.O. et abasourdi par tant de sons obsédants qui se meurent lentement. Les deux batteries ont le même effet hypnotiseur d’ailleurs. Le dernier titre, Oh Shade, met d’ailleurs tout le monde à l’honneur et à contribution durant pas moins de 14 minutes et 14 secondes ! Il s’agit d’une composition de rock contemporain qui vaut le détour, avec ses menuetto, ses andante et ses adagio...

La voix de Bobby Hecksher se traîne, comme un Liam Gallagher (Oasis) ou un Shaun Ryder (Happy Mondays), l’accent anglais en moins. La rock attitude jusqu’au bout ! Le groupe n’a rien inventé, non, mais son rock fait encore de l’effet !

Pour conclure, comme le chante si bien Liam Gallagher : « I was looking for some action, But all I found was cigarettes and alcohol ». Fin de citation. Et fin de chronique..



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Laurent Bianchi