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Nandrin, 7 et 8 août 2004
Nandrin Rock Festival
Heureux guêpier !

mercredi 11 août 2004, par Laurent Bianchi

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Ce qui frappe d’entrée de jeu à Nandrin, c’est l’ambiance bon enfant qui y règne. Ce n’est pas trop peuplé (à part des guêpes en veux-tu en voilà, même dans ta bière), ce qui fait que l’on a toujours l’occasion de très bien se placer pour chacun des concerts prévus. Par rapport à des festivals comme Werchter ou le Pukkelpop, l’accès à la scène principale est plus que confortable. Il faut dire aussi, ceci expliquant cela, que l’on ne parle pas du tout des mêmes chiffres de fréquentation, puisqu’on a ici 30.000 personnes en tout et pour tout. Par contre, niveau guêpes, Nandrin emporte cette année la mise haut la main ! Plus sérieusement, ce festival était l’occasion de voir, revoir ou découvrir de nombreux groupes belges ou français, et l’on repart de là un peu comme on repart de Dour, bien décidé à mettre sur les platines les disques des protagnistes du week-end, enivré par tant de sons et d’images.

La journée du samedi commence on ne peut mieux, avec le duo belge qui monte : Soldout (notre interview de Dour publiée demain). I don’t want to have sex with you remporte tous les suffrages, et ce malgré l’heure (il n’est que 16 heures - où est donc mon quatre heures ?). Des titres comme You’re different et I can’t wait prennent ici une touche encore plus trash que sur Stop talking, leur excellent album récemment dans les bacs des (bons) disquaires. En effet, David s’en donne à cœur joie dans les distorsions sonores : un véritable régal, proche des Chemical Brothers première période. Charlotte semble ne pas être dans une grande forme, sniffant entre deux titres un vaporisateur calmant les petits bobos ORL. Elle s’en expliquera d’ailleurs en amputant son set d’un rappel que tout le monde semblait attendre, surtout après l’avoir vue s’exciter à crier Kill your enemy. Dommage. Mais Charlotte est toujours aussi sexy et on lui pardonne tout.

Après ça, on ne peut que partager la tristesse que doit connaître Marc Almond, ici en set DJ, devant un parterre plus que parsemé de quelques curieux qui, de plus, ne daignent même pas bouger le petit doigt pour battre la cadence des disques qui s’enchaînent sur les platines. Le chanteur de Soft Cell, connu entre autres pour son tube interplanétaire Tainted Love, doit avoir un goût bien amer. On compatit.

En contraste total, Superlux et sa joie très communicative livre un set plus que festif. Mélangeant une sorte d’acid-jazz à la flûte à une disco à la basse froide et à une pop eighties new wave electro (on reprend son souffle), le groupe belge brille par la très grande présence scénique de sa chanteuse, la très mignonne et pro du déhanchement Héléna. La reprise de Fade to grey de Visage achèvera de convaincre tout le monde. On a dansé, on s’est trémoussé. Très belle découverte. Encore un groupe belge à suivre donc.

DAAU (Die Anarchitiche Abendunterhaltung) est une formation originaire d’Anvers dont la spécificité est de faire une sorte de musique de chambre moderne plutôt osée. Un violoncelle, un violon, une clarinette et un accordéon (instrument qui mériterait de sortir de son image "musique pour vieilles tartes et vieux tartons", ou de fond sonore aux french décors dans les comédies romantiques américaines) constituent les ingrédients principaux d’une musique intéressante mais qui a peut-être trop tendance à se répéter et du coup à lasser. La batterie derrière n’y change pas grand-chose.

On s’échappe pour aller voir Astonvilla et quelle n’est pas notre étonnement d’y découvrir une formation rock de très bonne facture, qui brille par le jeu de son guitariste. Son chanteur, à qui il manque un bras, a un certain charisme et l’on se délecte à entendre, entre autres, la chanson où il déblatère l’un après l’autre les titres pompeux de plats d’un menu tout droit sorti d’un bon resto BCBG nouvelle cuisine française (c’est vrai que c’est de la poésie, et que devant la malbouffe bourrée de cholestérol du festival c’est plutôt révolutionnaire - Villa étant une allusion au révolutionnaire Pancho Villa).

Echo & The Bunnymen a eu son heure de gloire, mais une chose est sûre : pas à Nandrin. Outre le fait qu’il n’y a pas grand monde pour assister à leur show, notons un accent à couper au couteau incompréhensible, les nombreux blancs entre les titres cassent un rythme déjà lent. Enfin, la mayonnaise ne prend vraiment pas. Le site par contre devient peu à peu, grâce à une pluie tonitruante, un véritable raz de boue dégueulasse.

Enfin, last but not least, la journée s’achève par un concert phénoménal de Mud Flow. Les titres de leurs trois albums se succèdent, et on a droit à un rock joué par des professionnels bien à leur affaire. Un écran derrière Vincent Liben diffuse des images qui collent aux différents morceaux, et la fin de leur set, outre la reprise très rock du Hollywood de Madonna, marquée par New Eve, qui clôture également leur dernière galette A Life on Standby, est prodigieuse.

La journée du dimanche n’est pas plus maussade pour autant. C’est avec Showstar, sorte de Cake meets The Charlatans belge, que démarrent les hostilités, et l’humour déjanté de son chanteur Christophe Danthinne. « Vous êtes bien braves » qu’il lancera au public... Les titres de leur dernier et unique album, We are ready, se succèdent, avec plus ou moins de succès. Deux titres ravissent particulièrement le public : leur tubesque Out of my head, mais aussi la reprise de I don’t want to have sex with you de... Soldout. Sachez que les bons commentaires étaient légion une fois leur show bouclé.

Le très doué Joost Zweegers et son groupe Novastaroffrent ensuite un très beau spectacle dans la grande tente. Le dernier album, Another lonely oul, sorti cette année, ainsi que leurs titres connus, seront de la partie pour un set qui fait bigrement penser à Marillion deuxième période, à savoir un rock progressif plutôt planant. Je sais, la formation n’est pas la meilleure référence qui soit, bien qu’en concert ce groupe vaille le déplacement. A noter le jeu de guitare prodigieux de Rodrigo et les formes généreuses de la bassiste...

Within Tempatation et son château en carton pâte viennent inonder les airs d’une soupe Liebig de très bas niveau, sans parler des ’boums’ et ’clash’ de leurs pétarades... Bonnie Tyler meets Meat Loaf en résumé.

Ghinzu relèvera largement le niveau. Comme d’habitude, John Stargasm chante d’abord ses titres, dont Dragon, bien assis derrière son piano. Vers la moitié du temps réglementaire, une fois le public chauffé, il se lève et à compter de ce moment-là on ne sait pas trop ce qui se passe : crowd surfing, pogo immense, le public est littéralement déchaîné et Ghinzu vire d’un rock à un punk de plus en plus vivace qui enflamme tout sur son passage. Il est dangereux d’être dans les premiers rangs, c’est tout ce que je peux vous dire. Til you faint et Do you read me mettent le feu, quand à Mine il fait tout exploser. A noter aussi la reprise de Purple Rain de Prince. On termine la chemise mouillée en tout cas. Et depuis, on écoute l’album Blow en boucle.

Notons que Motörhead est et restera toujours Motörhead, qu’il pleuve ou qu’il vente... ou qu’il fasse beau. Ils assurent, y a pas à dire.

Sharko ne fait que confirmer ce que l’on en avait retenu au Bota : la formation gagne largement à être vue en concert. Non seulement ils excellent en la matière, mais en plus ils s’y donnent véritablement. A noter qu’ils jouent ici, pour notre plus grand bonheur, (« rien que pour nous » comme dirait Monsieur Short) dans la petite tente (1000 places) et qu’ils sonnent vraiment comme Police, c’est dingue. Spotlite et Excellent (joué comme toujours deux fois) font des heureux, le strip-tease de David Bartholomé des heureuses. On a même droit à un petit clin d’oeil à Europe et son Final Countdown. Dommage que Marc ne soit pas là.

Enfin, les très attendus Massive Attack, amputés de Mushroom mais pas de Daddy G, arrivent avec ce que l’on peut véritablement appeler un spectacle sons et lumières en bonne et due forme. Les titres se succèdent et le public semble émerveillé par le mur de lumières, hypnotisé par la basse que l’on doit au moins entendre jusqu’à Seraing... Une petite minette, guitare en bandoulière, se charge des vocaux féminins de très belle manière. Normal, c’est Dot Allison, qui encore l’année dernière soutenait leur tournée en première partie, et qui, c’est maintenant sûr et certain, participera à leur nouvel album, dont quelques titres semblent être ici en rodage. Un rasta remplace quant à lui au pied levé Horace Andy, et sa voix, ainsi que sa silhouette si proches sèment le doute : serait-ce lui ou le clonage aurait-il réussi sans que l’on s’en rende compte à Kingston ? Les titres défilent, avec un point d’honneur aux deux derniers albums.

Au lendemain, une question persistait sans réponse : les guêpes ont-elles apprécié le festival ?



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Laurent Bianchi





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Nandrin Rock Festival
(1/4) 19 mai 2016
> Nandrin Rock Festival
(2/4) 22 août 2004, par Jej
> Nandrin Rock Festival
(3/4) 12 août 2004, par joanny
> Nandrin Rock Festival
(4/4) 11 août 2004, par toto




Nandrin Rock Festival

19 mai 2016 [retour au début des forums]

It was really a well-organized concert. Good thing that I have been able to watch the band. - Gary McClure

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> Nandrin Rock Festival

22 août 2004, par Jej [retour au début des forums]

A noter au rayon camping : si je tiens un jour celui qui a joué du cor de chasse pendant toute la nuit du dimanche...

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12 août 2004, par joanny [retour au début des forums]

Rhaaaaa mais non, Novastar n’a rien à voir avec le rock progressif m’enfin ! De la bonne pop avec un petit coté baroque et orchestré oui, mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes.

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11 août 2004, par toto [retour au début des forums]

superbe chute :-)

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