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Saint-Cloud, 27 et 28 août 2004
Rock en Seine
Compte-rendu des deux jours

mercredi 1er septembre 2004, par Jérôme Prévost, Olivier Pucheu

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S’il semble difficile d’échapper aux festivals Rock au quatre coins de l’Europe, on ne peut pas dire qu’il en soit de même à Paris : l’été y est toujours particulièrement vide par rapport au reste de l’année. Le festival Solidays n’est pas particulièrement rock, brassant de la variété comme de la chanson, plutôt française que d’ailleurs. On se rappelle vaguement d’un festival au Parc des Princes en juin 97 qui, malgré une belle affiche (Bowie, Ben Harper, Placebo, Rage Against the Machine...) fut un bide total, la faute à une conception stupide (trois scènes dans un stade de taille moyenne... il y a mieux pour que tout le monde s’entende) et à un certain manque de promotion. Ce week-end avait lieu la seconde édition du festival Rock en Seine, au Parc de Saint-Cloud, à deux pas de la capitale.

L’édition de l’an dernier avait largement tenu ses promesses : onze artistes s’étaient produits durant une unique journée. Parmi eux, Morcheeba, Beck, PJ Harvey et Massive Attack. Les ambitions pour 2004 étaient déjà plus grandes, puisqu’il s’agissait de faire venir les gens pendant 2 jours, et essayer de "fixer" l’événement dans l’esprit des Parisiens. Si la vente de billets sembla quelque peu lente à démarrer (la faute à Morrissey qui annula sa venue tôt après l’annonce de la programmation ?), on pouvait être rassuré une fois sur place.

Jour 1 - Vendredi

Arrivés juste à l’heure, nous voilà sur le site. Nous constatons que bien des choses ont changé depuis notre passage sur place en début de semaine, notamment la présence de palissades pour encercler le site. Ce qui choque, en revanche, c’est la quasi absence de poubelles sur une grande partie du lieu : aucune près de la scène de la cascade, et celles près de la scène centrale se limite à quelques sacs accrochés aux pieds des arbres. A la fin de la journée, c’est simple, on ne pourra plus compter les gobelets de bière par terre. A 15 heures, début du premier concert, encore peu de spectateurs sont présents : nous sommes après tout un vendredi, et l’affluence ne peut être la même qu’un samedi à cette heure.

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Blanche

C’est donc les américains de Blanche qui donnent le "coup d’envoi" de l’édition 2004 de Rock en Seine. Dès les premières mesures, les cinq musiciens nous permettent d’apprécier la justesse et l’équilibre de la sono de cette scène. Si les mélodies respirent la country, la vraie, et nous transportent immanquablement dans des scènes imaginaires illustrant la mélancolie et la moiteur d’une vieille ville du Sud des Etats-Unis, les voix parfaitement accordées de Dan Joe Miller et de Tracy Mae Miller donnent un côté plus sophistiqué et presque bucolique à la prestation. Il est en fait difficile de décrire la musique de Blanche qui, comme celle de Calexico, pourrait tout aussi bien être la bande originale d’un film des frères Coen ou l’amuse-bouche du blues énervé des White Stripes. Jack White fut d’ailleurs le batteur d’une formation emmenée par Dan Joe Miller : Goober & The Peas. Certains aiment à dire qu’il n’y a pas de hasard dans la vie... nous préférons penser qu’il n’y en a pas dans la musique.

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Flogging Molly

Peu tentés d’entendre le mélange doucereux jazz / hip hop de Wax Poetic en plein jour, nous nous dirigeons vers la grande scène, où officie Flogging Molly. Ce groupe nous propose des titres de punk irlandais dans la lignée directe des Pogues ; les six musiciens semblent heureux d’être là, mais il nous semble quelque peu incongru de les voir sur une scène aussi large. Tout cela aurait bien plus de sens dans un pub enfumé, avec quelques litres de bière dans le sang, il faut bien le dire. On prend néanmois plaisir à entendre la voix de Dave King, qui a bien veilli depuis l’époque où il assurait le chant dans le groupe post-Motörhead de ’Fast’ Eddie Clark, mais qui sonne toujours un peu comme Robert Plant. Nous repassons en espace presse, où les filles nous proposent d’avoir un entretien avec les membres de Blanche. Nous acceptons, et nous voilà partis pour discuter une dizaine de minutes avec Dan (chant, guitare), Tracee (chant, basse) et Feeny (pedal steel, production), en toute simplicité. Nous vous en reparlerons prochainement.

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Electrelane

Lorsque nous ressortons, The Roots ont déjà commencé leur set. S’ils ont tout à fait leur place ici, nous ne sommes cependant pas d’humeur pour les écouter et décidons de rejoindre l’autre scène pour voir les petites anglaises de Electrelane. Après un premier album de post-rock instrumental, elles ont sorti récemment un deuxième opus, toujours entre punk, rock et électro, avec cette fois du chant (y compris en français et en allemand... pour des extraits de Nietzsche !). Si elles semblent avoir du mal avec leurs premiers titres, elles se montrent plus à l’aise par la suite ; Mia Clarke torture sa guitare avec l’air de ne pas y toucher, et Verity Susman alterne entre le chant et son Farsifa à la Pink Floyd. Après un dernier titre explosif, nous retournons à la grande scène, afin de nous préparer pour le premier gros concert de la journée.

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Sonic Youth

Si l’on pouvait légitimement avoir des doutes sur la puissance des prestations du groupe après toutes ces années, la lourdeur du son du terriblement efficace Drunken Butterfly met tout de suite les choses au point. Sonic Youth est là, visiblement décidé à montrer à tous que plus de vingt ans après leur mini album éponyme, le groupe n’a rien perdu de sa pêche. Les nouveaux titres comme Ummade Bed ou New Hampshire passent très bien l’épreuve du live, avec une mention toute particulière pour le sublime New Hampshire qui démarre sur les larsens de fin de l’énorme Teenage Riot. Quoi qu’en disent ceux qui, ayant vu le groupe il y a 15 ans au meilleur de leur forme, pensent que "c’était mieux avant", je reste pour ma part convaincu d’avoir assisté à du grand Sonic Youth. Oui, ils sont plus vieux qu’il y a 20 ans (pas possible !)... et alors ? Ceux qui pensent a priori qu’un grand groupe livre toujours le meilleur de lui-même à ses débuts sont libres de penser ce qu’ils veulent et de ne pas être d’accord avec nous. A la fin du dernier morceau, le ravageur Brother James, nous nous disons simplement que nous venons d’assister à un très bon concert, certes trop court, de l’un des plus grands groupes de rock.

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Daniel Darc

La tête pleine d’images et de sons, nous partons une dernière fois pour la scène de la cascade, pour voir le début du set de Daniel Darc. L’homme arrive, acclamé par la foule, habillé d’un simple T-shirt noir et d’une veste en jean. Le visage est tel qu’on l’a vu en télévision : marqué, ravagé, mais digne. Les cinq musiciens assurent un excellent travail, là encore parfaitement restranscrit par la sono, et offrent un bel écrin aux textes noirs de Darc. La scène se baigne de couleurs lorsque le chanteur commence à interpréter Rouge Rose, titre à l’origine écrit pour Dani, et l’émotion passe...

Une dernière marche jusqu’à la scène centrale - nous savons que nous ne reverrons pas la cascade avant demain, tant pis pour Joss Stone (qui semble-t-il, fut huée au point de la faire pleurer une fois rentrée à l’hôtel), mais ce qui nous attend est bien plus important.

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The White Stripes

L’arrivée du duo de Détroit sur la grande scène du festival est sans nul doute le moment le plus attendu de la journée. Dès le début, Jack et Meg White calment le foule avec un son énorme mais néanmoins assez propre. La puissance dégagée par le duo est impressionnante et, dès le début, Jack White dévoile un timbre de voix qui n’apparaît pas aussi profond à l’écoute des albums. Si la musique des White Stripes est souvent qualifiée de punk rock, nous sommes étonnés d’entendre à quel point leur prestation respire le blues. Les morceaux s’enchaînent, de plus en plus efficaces, et nous nous surprenons par moments à penser que l’on n’est pas loin de l’âme d’un bon vieux Led Zep. Les White Stripes nous ont offert un bon concert de rock’n roll, tous simplement ! Si, comme moi, l’écoute des albums ne vous avait pas totalement convaincu, vous savez ce qu’il vous reste à faire...

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The Chemical Brothers

Remis de ce bruit et de ces émotions, nous prenons une petite bière avant l’arrivée des Chemical Brothers. Nous n’avons pas la même manière d’appréhender le dernier concert du jour : Olivier goûte peu la chose et a encore l’esprit plein d’images de guitares scintillantes, et quant à moi, je ne sais comment va tourner la chose, ayant toujours soigneusement évité les concerts des frères chimiques, les prestations live vues en DVD n’étant pas toujours convaincantes... Autant vous dire que je m’en suis voulu d’avoir agi ainsi jusque là. C’est simple : le duo débarque dans un éclairage bleuté et, classique, commence son set par Hey Boy, Hey Girl. La boucle de l’intro monte progressivement en puissance - le single est si populaire que le public sait que ça va exploser. Et lorsque ça arrive, les deux écrans de part et d’autre de la scène affichent les quatre mots et tout le monde se met à hurler. Pendant toute l’heure de leur set, le parc va être illuminé par les lights (tantôt bleu électrique, tantôt vert à la Kraftwerk, tantôt rouge) et les images affichées sur les écrans et sur scène (robots, clowns démoniaques, formes féminines évoluant dans l’air...). Côté setlist, si la première partie du concert se consacre aux singles (Get Yourself High, Block Rockin’ Beats, Out of Control...), la seconde partie se consacre à un travail plus fouillé sur le son. On assiste à un véritable mix, des titres moins connus du groupe se mélant à des boucles tirées de Setting Sun ou Electrobank. On retiendra particulièrement la fusion désormais habituelle de Star Guitar et du Temptation de New Order. Pour reprendre une formule qui ne veut rien dire, les Chemical Brothers ont, ce soir-là, "mis tout le monde d’accord" : tous ceux qui étaient venus pour du rock sont repartis avec des beats dans les oreilles. Le concert se termine à 23h30 tout juste. La plaine est plutôt sale ; nous rejoignons à la buvette les festivaliers venus boire une dernière bière et manger un morceau avant de rentrer sur Paris.


Jour 2 - Samedi

De retour sur le site, cette fois-ci bien en avance. La météo annonçait de la pluie, et elle ne s’est pas trompée : on sent déjà que la journée ne sera pas aussi plaisante que la précédente. Après avoir eu la mauvaise surprise de constater que le bar VIP n’est pas encore ouvert, nous passons en espace public, où là, on nous sert sans problème la seule bière disponible sur le site. Peu de spectateurs sont alors présents, mais vers 14h30 déboulent des dizaines de jeunes filles qui se ruent vers la grande scène pour être sûres d’être au premier rang pour le soir, le grand soir, le soir de Muse. Car oui, si des groupes intéressants sont à l’affiche aujourd’hui, personne n’est dupe : qu’on aime Muse ou pas, tout le monde sera là pour les voir. Le nombre de gens portant un T-shirt à leur effigie est impressionnant, et rien que de très logique, après tout, dans un pays qui offre au groupe des concerts à guichets fermés depuis déjà quelque temps. Après avoir discuté un petit moment avec un brasseur belge très sympathique, encore moins convaincu que nous par les pintes de 40cl du breuvage local, et assez loquace sur la mainmise croissante de ClearChannel sur les festivals européens, nous nous dirigeons vers la scène de la cascade pour aller voir Kaolin.

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Kaolin

Le sympathique quatuor de Montluçon (ils en sont fiers, d’ailleurs... Ne nous demandez pas pourquoi !) a l’apportunité de jouer seul à cette heure, sans concurrence à l’autre bout du site sur la scène centrale. Le planning a effectivement été légèrement chamboulé, les anglais de Hoggboy ayant semble-t-il raté leur avion ; ne pouvant pas jouer à 16h15 comme prévu, leur set a été déplacé ... à 22h30, pendant que tout le public sera en train de regarder Muse. Un véritable suicide. Quoi qu’il en soit, les petits français jouent sans complexe, visiblement heureux de bénéficier de tant d’attention. Conformément à l’impression donnée sur disque, leur son est assez puissant : la basse vrombit, les guitares saturent quand il le faut, et le chanteur module sa voix à raison. On continue à se dire que le son sur cette scène est véritablement excellent. Même les non-fans semblent reconnaître la mélodie du premier single Pour le Peu, déjà un signe que le groupe fait son chemin dans les oreilles du public français.

A la fin du set, il commence à dracher sévèrement et tout le monde s’éloigne de la scène et cherche à trouver un moyen de s’abriter. Les prévoyants ont apporté les vêtements adéquats ou un parapluie, les autres en sont réduits à découper des sacs poubelle pour en faire des imperméables, ou à emprunter les parasols verts piqués aux stands de boisson voisins (encore un moyen de faire de la pub pour cette bière immonde...). Après avoir longtemps attendu que ça se passe, tout en constatant que la situation tourne au concours de T-shirt mouillé, nous nous rapprochons de nouveau de la scène pour le set de Colour of Fire. Le manque d’originalité de leur rock sans ambition ne semble pas frapper leurs nombreuses fans qui hurlent au premier rang. Il faut dire que les deux guitaristes ont choisi leur look : longue frange de cheveux bruns, T-shirt noir moulant et jeans taille basse. Moins convaincus par leur musique que par leur matériel (mon collègue Olivier a du mal à détacher son regard, non pas des fesses du chanteur, mais du préampli Mesa Boogie Dual Rectifier Three Channels...), nous abandonnons rapidement et frayons notre chemin vers la scène centrale, parmi la boue et le nombre grandissant de fans de Muse.

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Colour of Fire

La pluie ayant retardé le début du set de Colour of Fire, nous avons juste le temps de voir le dernier titre de Nosfell. Occupant la scène avec un comparse violoncelliste et guitariste, le garçon semble offrir une prestation intéressante, à grands renforts de loop pedals. Quelque peu frustrés, nous filons nous boire une bière à l’abri de la pluie sous le chapiteau VIP, où étrangement, personne n’a les pieds crottés. Nous décidons d’en rester à la scène centrale jusqu’au début de soirée, n’étant a priori pas intéressés par le reggae de Mr Vegas ni par les paysages sonores de Zero 7. La surprise du jour s’appellera en fait Buck 65.

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Buck 65

Seul sur scène avec ses platines, l’anglais offre aux spectateurs une performance assez étonnante. Mélange entre un rappeur, un rockeur à la Tom Waits, un poète triste et un stand-up comedian, il lance ses textes magnifiquement écrits à la figure du public, tout en bougeant comme un damné. Sa musique, particulièrement puissante, entre des beats hip-hop et des guitares très en avant, fait particulièrement regretter l’absence d’un groupe derrière lui. Nous passons la totalité du set à nous dire qu’il ramasserait encore plus de suffrages avec deux guitares, une basse et une batterie à ses côtés, et bien qu’admiratifs de la performance, la frustration prend le dessus. Néanmoins, j’en ressors personnellement convaincu et retournerai le voir jouer si j’en ai l’occasion : le bonhomme est charismatique, particulièrement lorsqu’il abandonne le chant pour scratcher son vinyle en regardant le public d’un air détaché. Après un titre très énergique, hurlant "Sexe, cinéma, politique !", il quitte la scène, emportant sous le bras son vinyle, son CD et sa bouteille d’eau, applaudi par tout le monde.

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Radio 4

Lui succèdent rapidement les New-Yorkais de Radio 4. Pour ceux qui ne connaissent d’eux que l’énorme hit Dance to the Underground, même si ce n’est que pour l’extrait qui passe en fond d’une pub pour une marque de voitures japonaise, ne vous attendez pas à autre chose. Leurs rythmiques dance s’accordent parfaitement à leurs riffs punk, les musiciens (particulièrement le batteur et le percussionniste) abattent un sacré travail, mais on a légèrement l’impression d’entendre dix fois la même chanson. La structure de chaque titre est identique, le chant et les mélodies également. S’instaure assez rapidement une impression de lassitude, qui ne donne qu’une envie, c’est de s’enfuir au bar en attendant la suite.

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Melissa Auf Der Maur

Et la suite, c’est Melissa Auf der Maur. En effet, s’ajoutant à la liste des artistes absents (après Morrissey et Mike Patton), les Black Rebel Motorcycle Club ont annulé, et ont été illico remplacés par la Canadienne. Elle débarque sur scène avec son groupe, en robe rayée et cuissardes noires et rouges ; évidemment, il est difficile de ne pas la regarder. Côté musique, c’est un peu plus convaincant que sur l’album : le groupe bouge bien et nous propose des titres qui, s’ils sont peu originaux, ont au moins le mérite d’être assez carrés dans le genre. Seul bémol : l’arrêt de Taste You au bout d’une minute trente, pour recommencer au début, Melissa expliquant : "On sort juste du festival de Leeds, on est fatigués et on n’a pas beaucoup dormi". Rien ne nous avait choqué dans l’interprétation du single mais après tout, c’est un choix. Nous restons quelque temps et partons rejoindre la scène de la cascade pour la plus grande stupidité de planning du week-end, à savoir Archive.

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Archive

Nous avons en effet passé les deux jours à regretter le fait qu’Archive ne joue pas sur la scène centrale : leur envergure en France le permettait largement, et le fait que le set de Muse soit prévu pour commencer avant la fin du leur annonçait déjà une frustration pour de nombreux spectateurs forcés à choisir. Qui plus est, le groupe arrive en retard : tant pis, nous savons pertinemment que nous ne resterons que pour trois titres.

Très attendu, certaines fans étant à la limite de l’hystérie au premier rang, le collectif londonien évolue sur une scène aux éclairages soignés et chaleureux. Dès les premières notes, les frustrations évoquées plus haut de ne pas voir le groupe sur la grande scène se confirment. Les lumières sont douces et l’ambiance feutrée qui s’en dégage en parfaite adéquation avec la propreté du son. Si la formation a pour particularité de renouveler une partie de ses membres à chaque nouvel album, l’efficacité et la puissance des morceaux auxquels nous avons assisté sont bien celles de musiciens inspirés et sachant parfaitement jouer ensemble. Fuck U, leur morceau le plus diffusé, prend ici une dimension que la version studio, pourtant déjà presque parfaite, n’a pas. Le son est étonnamment lourd et l’on ne peut faire autrement que se laisser envahir par une telle interprétation. Mais voilà, les trois premiers titres ont été joués et la grande scène nous attend. Pour Archive, ce n’est que partie remise, nous l’espérons.

Encore sous le coup de ce que nous venons de voir, nous passons derrière la scène pour rejoindre l’autre bout du site en courant, et arrivons juste à temps pour ce qui s’annonce être l’événement de la journée.

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Muse

Si nous avons toujours les pieds dans la boue, le ciel semble désormais définitivement disposé à nous laisser profiter de l’évènement et la pleine lune veille sur nous. Dès le premier titre (Hysteria), Morgan Micholls, qui remplace Chris Wolstenholme, est mis à contribution. S’il n’a pas l’énergie de Chris sur scène, Micholls assure néanmoins l’essentiel. Le son est là et le groupe, que beaucoup disent fatigué, réussit à mettre en marche le rouleau compresseur habituel. Si mon collègue Jérôme goûte aussi peu la chose que moi la veille (pour les Chemical Brothers), je suis pour ma part loin d’être déçu de la prestation de Muse ce samedi soir. Debout derrière son clavier, Chris Wolstenholme vient tout de même assurer les parties de basse des morceaux les plus faciles du set (Sing For Absolution, Ruled By Secrecy). La fatigue est néanmoins visible sur le visage de Chris lorsqu’il apparaît sur les écrans géants situés de part et d’autre de la scène. Après une tournée estivale sans doute éprouvante pour le groupe, on ne peut de toute façon qu’apprécier les efforts du pauvre bassiste qui, le bras gauche toujours plâtré, aurait pu se contenter de rester derrière son synthé. Le concert se poursuit ; l’intro de Sunburn a toujours le même effet sur le public et l’enchaînement avec le plus récent mais tellement percutant Butterflies and Hurricanes permet à Matthew de faire une fois de plus apprécier son inspiration devant un clavier. Nous aurons également pu apprécier la beauté des incrustations et des images diffusées sur les écrans géants. A la fin du concert, les ballons planent au dessus de la foule, les confettis propulsés par des canons situés sur les côtés de la scène virevoltent... Comme Matthew qui termine le show en allant s’exploser sur la batterie d’un Dominic Howard efficace et toujours souriant. Muse n’était peut être pas à 100% ce soir, mais peu importe : ils ont assuré l’essentiel et quoi qu’on en dise... Ca a envoyé !

Une dernière bière et nous quittons le site, fatigués, mais pressés de revenir l’an prochain. Il ne reste qu’à espérer que la cuvée 2005 sera aussi bonne...

- Voir également notre galerie photos.

Toutes les photos : © Jérôme Prévost, Olivier Pucheu.



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Jérôme Prévost

Olivier Pucheu





Il y a 23 contribution(s) au forum.

> Rock en Seine
(1/3) 30 juin 2005, par lkj
> Rock en Seine
(2/3) 15 mars 2005, par call me suck
> Rock en Seine
(3/3) 2 septembre 2004, par Chninkel




> Rock en Seine

30 juin 2005, par lkj [retour au début des forums]

Excellente affiche pour la cuvé 2005 : queens of the stone age,pixies,robert plant,franz ferdinand et plein d’autres !

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> Rock en Seine

15 mars 2005, par call me suck [retour au début des forums]

Je suis désolé mais le concert de "the roots" était plus qu’appréciable ! je connaissais seulement qq singles qui ne m’ont jamais attiré mais la, j’etais conquis par leur set explosif (riff de led zep et balck sabbath en autres)

et hoggboy ??? ts comme les branleurs avec leur t-shirt estampillé "muse", vs avez choisi la facilité en allant voir un concert dt tt le monde connaissait la tonalité archi usée ! muse on les voit une fois et on a compris... hoggboy, c’est autre chose, bcp moins lèché, plus crade, plus rock n’ roll

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    > > Rock en Seine

    15 mars 2005, par J. Prévost [retour au début des forums]


    Vous avez tout à fait le droit d’avoir une opinion sur ces groupes, mais que nous dites-vous là ? Vous nous reprochez simplement de ne pas avoir assisté à deux concerts ? Désolé, un festival est aussi une question d’envies. Nous n’avons pas signé un contrat pour tout voir, dieu merci, et nous n’avons pas cherché l’overdose de concerts pendant ces deux jours, cherchant plutôt à nous faire plaisir et à satisfaire notre curiosité. J’ai personnellement beaucoup de respect pour The Roots, mais comme nous le disons dans l’article, nous n’étions pas d’humeur pour les voir à ce moment-là. Quant à Hoggboy, si nous avions envie de les voir à la base, le changement de planning a perturbé les choses. Je peux comprendre votre avis sur "on a vu Muse une fois et on a compris", mais je n’avais en l’occurrence jamais vu Muse, et c’est aussi ça, un festival : voir des artistes qu’on n’irait pas voir ailleurs. En bref, vous discutez nos choix, mais chacun sa liberté sur le sujet.

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    > > Rock en Seine

    15 mars 2005, par O. Pucheu [retour au début des forums]


    Bon, je passerai sur la question du look, afin d’éviter de "commenter" celui de The Roots. Pour ce qui est des riffs de Black Sabbath ou Led Zep, vous avez raison, ça devait être terrible. Ah, heureusement qu’ils existent ces illustres groupes de ROCK dont les branleurs de fans portent les T-shirts depuis plus de 25 ans ! Interdisons aux ados (et aux autres) qui le souhaitent de porter des t-shirts d’un groupe qu’ils aiment, et tant qu’on y est, d’aller voir les concerts de leur choix. Plus sérieusement, vous avez tout à fait le droit de ne pas aimer Muse, ou de trouver leur tonalité "archi usée". Vous les avez vu une fois - j’espère - et vous avez compris. Tant mieux. Chacun, en fonction de ses goûts, pourrait en dire autant sur n’importe quel groupe.

    Comme l’a dit J.Prevost, nous ne pouvions pas être partout à la fois, et il a bien fallu choisir.
    Mais c’est promis, on va s’entraîner à multiplier les pains et à marcher sur l’eau pour le prochaine fois. Comme ça, on pourra voir tous les concerts sans même avoir à se déplacer, et tout le monde sera content.
    Nous n’avons pas parlé de deux groupes que vous aimez, et votre amertume à ce sujet peut se comprendre. Mais les fans de Muse, aussi longtemps qu’il soit à la mode de leur taper dessus, The White Stripes - dont le t-shirt se vendait bien aussi - ou Sonic Youth, pour ne citer qu’eux, n’y sont pour rien.

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    > Rock en Seine

    20 juillet 2006, par Cloud [retour au début des forums]


    Espèce de branleur, MUSE est un des meilleur groupe à leur actuel. Le pire c’est de se permettre de critiquer MUSE quand on écoute the roots. Pour ta gouverne le rock n’a rien de " crade ", il peux être hard, alternatif ou encore symphonique.

    Un fan de Muse qui t’emmerde

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> Rock en Seine

2 septembre 2004, par Chninkel [retour au début des forums]

Je sais que ça devait être plein d’amateurs de rock puristes, mais huer Joss Stone, f*ck !
Je l’ai vue en concert par hasard, ici en Angleterre, et cette fille m’a impressionné, moi qui passe plus de temps à écouter The Hives et les Pixies.

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