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Paris, La Maroquinerie, 03 novembre 2004
Ghinzu
Tsunami sur Ménilmontant

mercredi 10 novembre 2004, par Olivier Pucheu

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Deux mois après la sortie française de leur dernier album, Blow, Ghinzu donnait rendez-vous au public parisien pour un concert très attendu à La Maroquinerie. Les précédentes prestations du groupe, en particulier en Belgique, en avaient déjà fait un évènement à ne pas manquer. Le raz-de-marée annoncé ce soir du 3 novembre sur la colline de Ménilmontant allait-il être aussi dévastateur que prévu ?

Le quatuor nordiste Gomm devait d’abord se charger de chauffer la salle. Plutôt orientée punk-rock, avec des accents indus parfois prononcés, la musique de Gomm se révèle énergique et entraînante. On retiendra plus la pêche et la précision du jeu de batterie que les mélodies, auxquelles il manque pour moi un petit quelque chose d’original ou de marquant. Les quarante cinq premières minutes de la soirée n’ont pour autant pas été décevantes, loin de là l’accueil réservé à Gomm par le public de La Maroquinerie en fut le meilleur témoignage.

Petit à petit, l’atmosphère déjà chaleureuse de la salle est en train de changer, comme si tout le monde n’était pas venu voir l’un des premiers vrais concerts d’un groupe à la notoriété naissante mais bel et bien celui d’une formation qui, telle Radiohead ou Archive, allait donner un concert privé pour quelques fans privilégiés.

21h30, les lumières s’éteignent enfin. Vêtus de costards noirs et portant leur perruque afro, comme pour la tournée de leur premier opus Electronic Jacuzzi, les silhouettes des six musiciens apparaissent enfin sur la scène. Le show démarre avec Blow, premier des onze titres du dernier album. Si le groupe semble parfois à l’étroit sur scène, l’acoustique de la salle distribue parfaitement l’énergie dégagée des les premières minutes. La richesse harmonique d’un titre comme Blow, si elle est perceptible à l’écoute de l’album, trouve ici un lieu d’expression idéal. Les quelques problèmes de son, la voix et le clavier de John Stargasm étant un peu sous mixés, n’y changent rien. Désormais sans perruque, Ghinzu enchaîne les titres devant une audience de plus en plus enthousiaste. A peine le temps de digérer High Voltage Queen que déjà les premières notes de The Dragster Wave résonnent et hypnotisent l’assistance. La version studio, déjà révélatrice de l’inspiration du groupe, plaçait la barre très haut. Sur scène, la seule chose qui vient à l’esprit, ou plus précisément à la figure, à ce moment du concert, est une énorme claque. Si l’écoute de The Dragster Wave sur CD peut, entre autres, suggérer Muse ou Archive selon la mélodie ou le rythme emprunté, l’interprétation de ce soir est simplement envoûtante... Et ce n’est qu’un début. Le groupe enchaîne avec 21st Century Crooners, histoire d’agiter un peu tout le monde avant d’attaquer Do You read me. Le single ne souffre pas du tout des passages radio et si certains, comme moi, pouvaient ne pas avoir complètement accroché, il y a fort à parier que l’énergie dégagée sur le scène de la Maroquinerie aura redonné à ce titre la place qu’il mérite. Au choix, on oubliera ou on rira du « On n’est pas chez Patrick Bruel » lancé par John Stargasm lorsque Greg Remy, le guitariste, invite le public à frapper dans ses mains, puisqu’il en fera de même quelques minutes plus tard. Les deux derniers titres, et plus particulièrement Mine, sont explosifs. Même dans les passages les plus violents, les mélodies restent toujours présentes ; le son gagne en lourdeur et en puissance, sans jamais agresser.

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin car sonne déjà l’heure du rappel. Inutile de préciser qu’à cet instant, tout le monde en redemande bruyamment. Deux minutes passent avant de voir John et ses acolytes regagner la scène. Le leader du groupe monte une fois de plus sur son clavier, téléphone portable à la main, le temps de prendre le public en photo pour sa mère. Ghinzu se lance ensuite dans une version très personnelle, plutôt anarchique, du Purple Rain de Prince. Une intro parfaite à la débauche d’énergie, de décibels et toujours de talent produite sur ’Til You Faint, dernier titre du set.

Nous n’aurons pas droit à un second rappel. Le concert aura duré 1h20, et c’est là le seul regret de la soirée. Les quelques petits problèmes techniques ou encore la taille de la scène de la Maroquinerie n’ont en rien gêné l’expression du talent de Ghinzu. En considérant tout ça avec du recul, je me demande ce qui pourrait empêcher un tel groupe de connaître un succès énorme, toutes proportions gardées. Quelques concerts de la même trempe et un troisième album aussi indispensable que Blow devraient suffire. La vague pourra alors se diriger naturellement vers le Japon...

Voir également :
- L’interview du 16 octobre 2004
- Notre galerie photos de la Maroquinerie

Photo : (c) Marine Berton - 2004. Droits réservés.



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Olivier Pucheu





Il y a 14 contribution(s) au forum.

Ghinzu
(1/4) 3 février 2017
> Ghinzu
(2/4) 18 janvier 2005, par electric barbarella
> Ghinzu
(3/4) 10 novembre 2004, par Antz
> Ghinzu
(4/4) 10 novembre 2004




Ghinzu

3 février 2017 [retour au début des forums]

It must have been the best live concert they have so far. - Paradise Home Improvement Charlotte

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> Ghinzu

18 janvier 2005, par electric barbarella [retour au début des forums]

le chanteur est quand même vachement pompeux ..

( en référence à l’interview au riffs and bipps)

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> Ghinzu

10 novembre 2004, par Antz [retour au début des forums]

Vivement le concert de janvier à l’AB, en espérant qu’il ne durera pas qu’1h20 !

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> Ghinzu

10 novembre 2004 [retour au début des forums]

Suis-je donc le seul à trouver ce groupe surfait, poseur et, à vrai dire, tout à fait inutile ? Décidément, les Blancs ne savent pas funker...

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