Pop-Rock.com


Bruxelles, VRT, 30 septembre 2005
Lalalover : "C’est de la musique, pas du porno !"
Interview

dimanche 23 octobre 2005, par Laurent Bianchi

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Rencontrer Tom Kestens, alias Lalalover, à la VRT, est une véritable partie de plaisir, surtout lorsqu’on apprend que l’on va assister à une session d’enregistrement avec Stef Caers (notre castrat national) en acoustique pour Radio 1... Ce Gantois touche-à-tout déborde de sympathie et de générosité. Ayant hérité en quelque sorte du mythique studio dans lequel dEUS a enregistré son chef-d’oeuvre The ideal crash, Tom Kestens sait ce qu’il veut, quand et où. Comme tout musicien passioné, il vous fredonne les chansons, s’assure que vous avez bien compris ce qu’il veut dire, se mue en serviteur de vos mille et une volontés. L’ami idéal en somme. De là à penser qu’il pourrait devenir l’artiste idéal, il n’y a qu’un pas... Bienvenue chez Lalalover !

- Pop-Rock.com : Comment décrirais-tu Lalalover ?

- Tom Kesten : Lalalover fait de la musique qui combine deux éléments : le groove et la pop. J’aime les disques old-school de soul, comme Marvin Gaye, Stevie Wonder, la musique black en général. Le hip-hop aussi. Le producteur de Heliotropic, c’est Krewcial, qui est spécialisé dans ce genre. Il y a aussi beaucoup de pop. Dans un journal aujourd’hui qui parlait du disque, j’ai vu qu’on citait Elvis Costello et les Beatles. Je comprends qu’on entende de la pop dans ma musique, mais ce que je veux c’est que même dans mes ballades, on retrouve un aspect groovy, que l’on puisse toujours bouger sur la musique. Même dans les tempos lents, ou mid-tempo, j’adore quand c’est physique, corporel.

- D’où vient ce nom étrange, Lalalover ?

- C’était un ami qui me disait au sujet de ma musique "Tu es un love provider, tu donnes beaucoup d’amour". Pas seulement dans les paroles, mais aussi dans l’esprit. Je suis comme ça, j’adore les rencontres entre les gens, avec cet esprit, la même manière de vivre positive. D’où le Lala, du coup, car c’est de la musique, pas du du porno (Rires). Lover, c’est parce que la musique est très loving.

- Que devient Das Pop, ta précédente formation ?

- J’ai quitté Das Pop depuis un certain temps maintenant. J’ai toujours voulu faire quelque chose tout seul. Dans Das Pop, nous étions cinq à avoir des talents similaires. Après cinq ans, c’était devenu fatigant de discuter sur tout et n’importe quoi. Il y avait plein de personnalités différentes, de talents, mais je crois que c’était mieux que je quitte. Par exemple, j’écrivais une chanson en une heure et il fallait en discuter après pendant des semaines, des mois, parfois même des années... Je voulais enfin travailler pour moi-même, devenir mon propre patron, où les décisions n’engagent que moi.

- Comment les autres ont-ils accueilli ton départ ? N’étais-tu pas un pilier de Das Pop ?

- Non, je n’étais pas vraiment un pilier. Je pense qu’on a tous autant de talent.

- Das Pop continue sans toi ?

- Ouais, ouais, ouais... Ils sont en train d’enregistrer un album avec David et Stephen Dewaele de Soulwax à la production.

- Comment se fait-il que tu aies enregistré Heliotropic en Espagne dans le studio où dEUS a enregistré The ideal crash ?

- Le management de dEUS a décidé de laisser tomber El Choque Ideal (ndlr : le studio a été baptisé de la sorte en référence à The ideal crash), car le management de studio c’était pas son truc. Ils l’ont laissé à un hollandais, Dirk van den Bosch, qui l’a acheté. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Dirk, qui m’a parlé de ce studio en Espagne au moment où j’en cherchais un, cool, mais aussi pas trop cher. Ce fut une réelle découverte. J’avais déjà été dans ce studio mais il n’était pas vraiment en fonction. Tous mes instruments, tout mon matos s’y trouvent maintenant. J’ai décidé d’aller habiter là-bas avec toute ma famille. J’y enregistre et produit aussi des bandes originales ou des albums d’autres gens. L’endroit est magique, le son y est unique. J’ai vraiment cherché des raisons de ne pas m’installer là-bas mais je n’en ai pas trouvé. Je me lève donc tous les jours en voyant les montagnes Rondenan. Mes enfants adorent. Ce n’est pas difficile d’être heureux ici. Olé !

- Comment as-tu rencontré Krewcial ?

- A Gand. Mon bassiste travaillait avec lui. Il le voyait bien pour produire ce disque. Il avait raison, ce fut unique. Il a fait la production, les loops, c’est le maestro du disque.

- Quelles ont été tes influences pour cet album ? Qu’as-tu lu, écouté, vu pendant l’enregistrement de ton disque ?

- The Roots, Phoenix, d’Angelo, Stevie Wonder, Prince (le dernier album... Fantastique !!), N.E.R.D., Marvin Gaye, Lenny Kravitz, Soulwax, Das Pop, Ghinzu, Bill Withers et... The Ultimate STAX Collection. Pour ce qui est de la lecture, j’ai lu les biographies de Bob Dylan et de Sting. J’ai aussi lu Michael Moore et une flopée de romans américains que j’ai emprunté aux membres du groupe de Sarah Bettens (ndlr : avec qui il a tourné cet été). Aussi le Da Vinci Code. Cela m’a procuré de belles soirées tardives de lecture. Il n’y a pas besoin de beaucoup de concentration pour ces bouquins. Enfin, j’ai trouvé un super livre sur l’histoire espagnole. J’aime bien le National Geographic aussi.

- Tu composes pour les films, pour le théâtre : en quoi cela t’influence-t-il ou t’inspire-t-il pour Lalalover ?

- Dans le sens où je sais ce que Lalalover doit faire. En d’autres termes, tout ce que je fais par ailleurs me montre ce que je ne dois pas faire pour Lalalover.

- Tu es multi-instrumentiste. Sur l’album, tu joues la guitare, le piano, les synthés, percussions, etc. Qui a eu l’idée de faire autant d’arrangements (violons, trompettes) et une production aussi soignée ?

- C’est moi. J’ai réalisé tous les arrangements. Krewcial a amené le côté groove. Il s’est assuré que le groove basique soit là. J’ai découvert Erwin Vann, qui a écrit tous les cuivres, c’est je crois le plus talentueux en jazz en Belgique.

- "You and I" est une chanson superbe. De quoi parle-t-elle ?

- Je regardais une photo de mes premiers amours... Une fille de ma classe, que je trouvais superbe. Je l’ai revue une semaine avant de regarder cette photo, mais elle n’avait plus rien à voir... C’était une grosse déception. Dans ma mémoire, c’était un ange. Du coup, je demande dans la chanson : "why did we never try ?". Cette chanson traite des possibilités ratées. J’ai souvent tendance à me faire des films, j’idéalise les filles de ma jeunesse. "When I live those memories again, i feel so helpless again". Parfois, il vaudrait mieux ne pas se souvenir...

- Qu’est-ce qui inspire tes paroles ?

- Pour écrire les paroles d’une chanson il faut que je sois déjà très proche de sa version finale. Par exemple, une chanson peut sembler douce au début et devenir amère ou agressive par la suite, au fil du processus de création. Ou vive versa. Dans la plupart des cas, mes morceaux ont d’abord des paroles sans queue ni tête. Généralement, j’ai une idée des paroles juste avant d’enregistrer les vocaux. Alors, c’est la chanson qui va dicter les paroles en quelque sorte. Une fois que j’ai deux-trois mots ou phrases qui tombent bien avec la mélodie, ça va alors très vite. Pour Girl in a mansion par contre, je savais dès le début que je voulais en faire une chanson sur la violence domestique. J’aime les paroles transparentes, directes et honnêtes. Quand je sens que je tourne autour du pot je sais que ce n’est pas bon signe. Je veux que l’auditeur sache tout de suite où je veux en venir. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas laisser la porte ouverte à la qualité de la poésie, à une certaine naïveté aussi. Poetry rocks !

- Ton disque va-t-il sortir dans d’autres pays européens ?

- Nous sommes en train de chercher des maisons de disques en Espagne et en Grande-Bretagne. C’est intéressant car chaque pays a sa culture et c’est un challenge d’y gagner la confiance de gens aussi différents dans toute l’Europe. J’aimerais que Lalalover sorte aussi en France et au Portugal. J’adore le public dans ces pays. La Suisse aussi. L’Autriche et L’Allemagne. Enfin, t’as compris...

- As-tu prévu une tournée ?

- Nous préparons un planning avec mes musiciens pour une tournée dès cet automne et pour le printemps 2006. Nous commencerons par la Belgique et la Hollande. Nous ferons probablement des support acts également.

- Que penses-tu de la vague belge francophone ?

- Je suis avec le même management que Ghinzu, je me sens donc assez concerné par la chose. C’est cool qu’enfin la partie francophone du pays produise la meilleure musique rock actuelle. Espérons qu’il ne s’agisse pas d’une simple vague...

- Quels sont tes cinq disques préférés de tous les temps ?

- Il est impossible de répondre aisément à cette question, mais je vais dire ce qu’il en est aujourd’hui. Peut-être que demain la liste serait différente. Je citerais United de Phoenix, The miseducation de Lauryn Hill, Songs in the key of life de Stevie Wonder, What’s going on de Marvin Gaye. Et un Belge pour terminer : Much against everyone’s advice de Soulwax.



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Laurent Bianchi





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Lalalover : "C’est de la musique, pas du porno !"
(1/2) 2 août 2016, par Kristofer Kihn
Lalalover : "C’est de la musique, pas du porno !"
(2/2) 14 avril 2016




Lalalover : "C’est de la musique, pas du porno !"

2 août 2016, par Kristofer Kihn [retour au début des forums]

I am not a brilliant identity but rather i like hues and artistic creations. Distinctive hues have diverse fascination so i do concur with creator.
Python Programming Assignment Help

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Lalalover : "C’est de la musique, pas du porno !"

14 avril 2016 [retour au début des forums]

Nice interview. I’m a big fan of his music and he is really a great singer. - Thomas W. Nabors DDS

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