Pop-Rock.com


Bruxelles, Botanique, Boutik Rock, 18 février 2005
Malibu Stacy : "On pensait que Minérale gagnerait le Concours Circuit !"
Interview

mercredi 23 février 2005, par Jérôme Delvaux

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Trois mois à peine après sa belle victoire en finale du Concours Circuit, Malibu Stacy était ce vendredi de retour au Botanique pour en découdre avec le public de la Boutik Rock. Dans le cadre de la soirée spéciale consacrée à Jaune-Orange, le collectif dont ils font partie, les cinq jeunes liégeois ont démontré une progression très spectaculaire. Impressionné, Pop-Rock souhaitait en savoir plus et a convié David de Froidmont et Jean-Christophe Olivier, respectivement chanteur et bassiste, à bavarder autour d’un verre.

- Pop-Rock.com : Le public a fait la découverte de Malibu Stacy lors du dernier Concours Circuit. En vous inscrivant à cette épreuve, pensiez-vous avoir une chance de l’emporter ?

- Jean-Christophe Olivier : Non, pas du tout,... Vraiment !

- David de Froidmont : Nous ne pensions même pas aller en finale ou en demi-finale. C’était déjà la fête quand nous avons été sélectionnés pour les éliminatoires à Verviers. Après, on n’a pas vraiment compris ce qui nous arrivait...

- Pour la finale, ici au Botanique, on dit que des cars de supporters de la région liégeoise ont fait le déplacement pour vous encourager...

- J-C : Il n’y avait qu’un seul car, mais il était rempli.

- D. : Oui, ça fait très équipe de foot... (Rires) Il y aura encore un car ce soir. Ca fait plaisir.

- Vous avez remporté le Concours Circuit un peu à la surprise générale. Avant la finale, le public et les observateurs voyaient plutôt Minérale l’emporter...

- J-C : Oui, nous le pensions aussi. On aime bien Minérale. Nous les avons d’ailleurs invités à venir jouer chez nous, en août, l’an passé. On les voyait gagner le Concours car la finale se jouait ici chez eux, à Bruxelles, et qu’ils venaient de signer chez Bang.

- C’est vous qui gagnez le Concours, et c’est eux qui signent...

- J-C : Oui, mais je crois que c’est logique car ils avaient déjà bien bossé avant le Concours alors que nous, nous n’étions nulle part.

- Remporter le Concours vous a quand même déjà ouvert des portes ?

- J-C : Oui, énormément ! Nous jouons désormais un peu partout. Des concerts sont prévus en Wallonie et à Bruxelles jusqu’au mois de juin. La semaine dernière, nous étions à Tournai, au D’Hiver Rock, ce qui est aussi une belle avancée... Nous n’étions pas habitués à jouer en dehors de notre région. (Rires)

- Et au niveau des labels ?

- Nous sommes en train de discuter avec un bon label belge indépendant. Il est malheureusement trop tôt pour en dire plus, car ce n’est pas encore signé...

- Pouvez-vous nous parler de Malibu Stacy avant le Concours ? Comment le groupe s’est-il formé ?

- D. : Les guitaristes, Dave Halleux et Mike Goffard, et le bassiste, Jean-Christophe ici présent, jouaient ensemble depuis une dizaine d’années...

- J-C : Seulement huit ans, ne me vieillis pas ! (Rires)

- D. : Huit ans, c’est juste. Sébastien, le batteur, les a rejoints par la suite, après avoir effectué plusieurs remplacements. Ils étaient alors connus sous le nom de Cash Converters. Pour ma part, je ne les ai rejoints qu’il y a à peine un an. A la base, ils cherchaient un claviériste sachant aussi jouer de la guitare, pour servir de membre d’appoint. Au final, je me retrouve chanteur principal du groupe. C’est venu un peu par hasard...

- Le jury du Concours a été très impressionné par ta présence scènique. Dans le public aussi, j’ai entendu des gens parler de toi comme d’un jeune Thom Yorke étudiant en pharmacie... Qu’est-ce ça t’évoque ?

- J-C : On le compare à Harry Potter aussi. (Rires)

- D. : Oui, et ça me fait rire. Pour ce qui est du jeune étudiant en pharmacie, je sais très bien que je n’ai pas une gueule à faire du rock... Pourtant, je suis comme je suis. Je chante depuis dix ans et c’est ce qui me donne envie de me lever le matin. En ce qui concerne Thom Yorke, ça me fait très plaisir, bien sûr, car c’est un monstre dans le sens positif du terme. Sur scène, je n’essaie pas de lui ressembler, je suis spontané. La musique de notre groupe m’a vraiment transformé. Je me laisse aller et je crois que je dois parfois avoir l’air maladroit. Tant mieux si ça plaît.

- Après qu’on ait parlé de vous récemment sur Pop-Rock, une lectrice nous a écrit pour nous poser une question pertinente : Malibu Stacy étant le nom de la poupée de Lisa dans les Simpsons, et donc une marque déposée, cela ne pose-t-il pas un problème en vue d’une carrière internationale ?

- J-C : Si, tout à fait, mais au moment de choisir ce nom, nous n’avions jamais pensé à une carrière internationale... (Rires). On a participé au Concours sous ce nom-là, et après il était trop tard pour en changer.

- D. : On n’a de toute façon pas envie de changer de nom. Si un jour le problème se pose, je crois qu’on passera un petit coup de fil à Matt (ndlr : Groening, le concepteur de la série). Ca doit pouvoir s’arranger. (Rires)

- J-C : Pas question en tout cas de s’appeler The Malibus ! (Rires)

- Vous faites partie du collectif Jaune-Orange, qui reste assez mystérieux pour beaucoup de gens. Pourriez-vous nous expliquer comment ce collectif fonctionne ?

- J-C : Jaune-Orange est formé d’amis musiciens qui ont décidé d’unir leurs forces afin d’élaborer divers projets en commun et de trouver plus facilement des concerts pour leurs groupes. Nous n’en faisons partie que depuis septembre dernier...

- D. : Ce qui prime dans le collectif, ce sont les rapports humains : il ne suffit pas d’envoyer une démo pour espérer en faire partie ! Les groupes ont noué de réels liens d’amitiés entre eux. Je crois que c’est la raison pour laquelle ça marche très fort pour Jaune-Orange en ce moment.

- Au sein du collectif, les Hollywood Porn Stars tirent tout le monde vers le haut. Ils joueront à Paris en mars et leur premier album sort dans toute l’Europe. C’est un modèle pour vous ?

- J-C : Ce sont de chouettes gars, leur album est terrible et ils sont excellents sur scène. On ne va pas vraiment s’inspirer de leur musique, très différente de la nôtre, mais bien de leur parcours. La façon dont Anthony Sinatra et Red Boy travaillent laisse rêveur. Anthony compose comme il respire. Je crois qu’il écrit presque deux titres par jour, et l’alchimie avec Red Boy est parfaite.

- D. : Sur cet aspect, on peut établir un parallèle avec Mike et Dave, nos deux guitaristes. Ils sont aussi extrêmement complices et complémentaires... Et bourrés de talent !

- J-C : Si les Hollywood Porn Stars ne jouent pas ce soir, à la soirée Jaune-Orange, c’est parce qu’ils n’ont pas besoin de cette vitrine-ci à ce moment de leur carrière. Le terme Boutik est suffisamment explicite. Le collectif préfère donc investir dans des groupes qui sont prêts à sortir quelque chose et à tourner, plutôt que de miser sur eux qui ont déjà atteint un certain niveau de notoriété.

- Ils ont gagné l’avant-dernier Concours Circuit. Il a ensuite fallu attendre presque deux ans avant de voir arriver leur vrai premier album dans les bacs. Pensez-vous mettre autant de temps à sortir votre premier opus ?

- J-C : Nous travaillons sur un E.P. de 4 à 6 titres... L’album devrait venir ensuite.

- Quel timing vous fixez-vous ?

- J-C : Nous devons profiter du créneau Concours Circuit et de ses retombées médiatiques qui ne seront pas éternelles. L’année prochaine ce sera terminé, c’est pourquoi nous devons travailler très dur dès maintenant. Ce n’est pas toujours facile, car nous avons chacun une vie et un boulot à côté, mais on fait le maximum.

- D. : Je crois que si l’an prochain nous jouons encore dans nos petits cafés à Visé - qu’on adore, je tiens à le préciser - c’est qu’on aura laissé passer notre chance...

Photos : (c) Frédéric Oszczak - 2005. Droits réservés.





Jérôme Delvaux