Pop-Rock.com


Bruxelles, Botanique, Boutik Rock, 19 février 2005
Minerale : "On ne cultive pas notre image d’aristocrates du rock !"
Interview

dimanche 6 mars 2005, par Jérôme Delvaux

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Minerale s’est fait remarquer en 2004 grâce à des performances scéniques très soignées et en obtenant de bons résultats en concours, tant chez Court-Circuit qu’au Verdur Rock. Est-ce suffisant pour parler d’eux comme des plus grands espoirs de la scène belge ? Même s’il est encore un peu trop tôt pour affirmer qu’on tient la relève des Girls in Hawaii, on peut déjà dire que le premier album de ce groupe bruxellois, membre de l’écurie Sound Fury, sera l’un des plus attendus de l’année. En l’absence du chanteur, Jacques Moyersoen, parti s’acheter un costume en ville à l’heure de notre rendez-vous, c’est Corentin Simonis, Valentin de le Court et Stanley David de Lossy que nous retrouvons pour en débattre.

- Pop-Rock.com : L’an passé, vous avez terminé deuxièmes du Concours Circuit ainsi que du concours jeunes talents du Verdur Rock. Vous êtes un peu les Poulidor de la scène belge ?


- Stanley : Exatement ! (Rires)


- Que retenez-vous de ces expériences ?


- Stanley : Nous avons beaucoup aimé le Verdur Rock car c’était en plein air et devant une foule énorme. J’étais assez stressé, notamment à cause des enjeux du concours, mais ça reste une superbe expérience. Nous avions gagné de très beaux prix et, comme c’est un festival gratuit, nous avions l’opportunité de nous faire connaître d’un très large public.


- Corentin : Nous sommes tous originaires de Bruxelles ou du Brabant. Nous étions donc contents de pouvoir nous produire à Namur, et ainsi toucher un nouveau public. Et le cadre de la citadelle est vraiment très beau.


- Ensuite, ce fut le Concours Circuit où, après avoir franchi avec succès les différents éliminatoires, tout le monde vous présentait comme les grands favoris de la finale. Terminer deuxièmes, c’était une déception ?


- Corentin : C’était une fausse déception parce qu’on avait tous vu le gig de Malibu Stacy. On les connaissait déjà du temps où ils s’appelaient encore les Cash Converters, et on savait qu’on devait s’attendre à de la concurrence. Et de fait, la finale c’était vraiment leur soir : ils avaient un chouette set, beaucoup d’énergie sur scène,... et voilà.


- Pensez-vous que partir favoris vous a desservis ?


- Stanley : Oui, j’en suis persuadé. Mais seulement aux yeux du jury, car on a quand même reçu le prix du public.


- Le jury vous a trouvé un peu trop sûrs de vous... Vous n’avez pas aussi bien assuré en finale que lors de dates précédentes.


- Valentin : Je crois que c’est à cause de la pression. C’est inutile et c’est le piège de ce genre de concours, surtout quand on est favori. On veut à tout prix gagner alors que c’est finalement assez secondaire en regard de l’opportunité que ça nous offre de jouer dans de bonnes conditions, de rencontrer du monde, de découvrir des scènes, de voir d’autres groupes, etc. Au lieu d’être relax et détendu, de s’amuser et d’aborder les choses avec sérénité, on se dit qu’on est attendu, qu’on doit absolument assurer. Je crois qu’on est tombé dans ce piège.


- On dit que votre deal avec 62TV Records et Bang était déjà signé avant la finale...


- Stanley : Il n’est toujours pas signé, c’est en pourparlers.


- Le magazine Rif-Raf parlait déjà de ce deal il y a plusieurs mois...


- Corentin : C’est de l’intox !


- Vous nous confirmez donc qu’à l’heure où nous nous parlons, contrairement à ce que tout le monde dit, Minérale n’est pas lié à Bang ?


- Stanley : Arriver à un deal et faire en sorte que toutes les parties se mettent d’accord, ça prend du temps. Il faut que nous ne nous sentions pas lésés et que nous ayons envie de nous investir à fond.


- Corentin : Les contacts sont pris, mais nous ne sommes pas du genre à signer un contrat sur un coin de table, dans une loge, après un concert. (Rires)


- Valentin : Ca se fait parfois comme ça, mais nous préférons prendre le temps de préparer l’avenir en âme et conscience.


- Stanley : Comme nous sommes très perfectionnistes quand nous jouons de la musique, nous le sommes aussi quand nous lisons des contrats.


- Où en sont l’écriture et l’enregistrement de l’album ?


- Corentin : L’écriture est maintenant bien avancée. Nous avons travaillé sur un EP. C’était une première approche d’un enregistrement d’une qualité supérieure à nos précédentes démos auto-produites. Pour ce qui est de l’album, nous continuons d’écrire et de peaufiner les titres. Ce soir, nous allons présenter quatre nouveaux morceaux au public de la Boutik Rock.


- Valentin : L’enregistrement de l’EP et le Concours Circuit ont clôturé une année de boulot ensemble. Ensuite, on a pris des vacances et un peu soufflé. Maintenant, on a redémarré, on recommence à composer et on a de nouvelles perspectives.


- Qu’est-ce que vous vous fixez comme timing ?


- Valentin : On verra... Ca dépendra aussi des signatures, etc.


- Corentin : On n’a pas encore d’échéance.


- Stanley : Je crois qu’un délai de douze mois est le minimum avant d’envisager une sortie. Il n’y aura rien avant fin 2005 en tout cas.


- Minérale bénéficie comme tant d’autres de toute l’agitation médiatique autour de la scène belge. Parmi les autres groupes de cette scène, de qui vous sentez-vous les plus proches ?


- Stanley : On est tous dans le même bateau. Musicalement, on apprécie de découvrir de nouveaux groupes et de nouveaux sons. Ca nous arrive très souvent, mais je ne peux pas te citer un nom en particulier. Humainement, comme on est tous sur la même galère, je crois qu’il y a une bonne entente généralisée. Tout le monde a l’air content d’être là.


- Ces derniers temps, Minérale tourne assez peu. Pourquoi ?


- Corentin : Nous avons donné notre premier concert le 15 janvier 2004, ici, à la Rotonde, en première partie de Alphy, excellent groupe du label Parlophone. Ensuite, pendant toute l’année, nous avons travaillé avec un booker, Jerry Vandevelde, qu’on peut nommer car il est vraiment bosseur et sérieux. Maintenant, comme nous le disions, nous sommes un peu entre deux périodes et nous nous concentrons sur la création. Je crois que tourner et composer en même temps n’est pas ce qu’il y a de plus facile à faire.


- On entend souvent dire de Minérale que vous êtes les jeunes aristocrates de la scène belge...


- Corentin : Oui...


- C’est une image que vous cultivez ?


- Stanley : Non, c’est une image qui peut jouer des tours dans le business de la musique.


- Valentin (l’interrompant) : Je ne sais pas d’où vient cette image et je ne vois pas dans quelle mesure on la cultive.


- Je pense à votre site web et aux fiches de présentation des membres. Elles font assez « m’as-tu vu » ...


- Stanley : C’est pour rire, ça, c’est une blague !


- Corentin : C’est un délire du web-designer, rien d’autre. C’est une caricature grossière de nous, à prendre au septième degré.


- Stanley : Je rassure tout le monde, Valentin ne roule pas dans sa 4L en chantant des chansons en latin.


- Et l’histoire de la top-model ?

(Rires)


- Stanley : C’est du domaine privé ça, mais pour revenir à l’essence de ta question, je crois que les gens ont toujours une facilité déconcertante à pouvoir médire sur ce genre de points faciles, que ce soit fondé ou pas.


- Corentin : Ce n’est pas l’image qu’on a envie de donner. On a accepté de se présenter de la sorte sur notre site parce qu’on trouvait ça marrant, ce petit côté décalé. Peut-être que ça a créé un malentendu, mais je ne crois pas que ça influe d’une façon ou d’une autre sur nos rapports avec les autres groupes. Je crois que, dans l’absolu, si les gens ont un minimum de bon sens, ils se rendent compte que cette réputation ne nous correspond pas.

www.minerale.tv

Photos : (c) Frédéric Oszczak - 2005. Droits réservés.





Jérôme Delvaux