Pop-Rock.com


Bruxelles, 20 juin 2005
Soldout : "Du Sonic Youth en électro ? Nous ?"
Interview

mardi 21 juin 2005, par Jérôme Delvaux

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Ils nous avaient donné une première interview il y a un an. C’était au festival de Dour, l’album venait de sortir et ils étaient encore pratiquement inconnus. A l’époque, ils nous confiaient très humblement faire de la musique dans leur coin et ne pas connaître beaucoup de gens dans le milieu. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. En une année à peine, Soldout a mis le monde musical belge à ses pieds et montre déjà plus que le bout de son nez à l’étranger. Chez nous, on les voit partout et tout le monde se les arrache. La sortie de l’E.P. Dead Tapes, couplée au premier anniversaire de Stop Talking, nous semblait une bonne occasion de les retrouver et de bavarder devant un verre. Entretien fleuve à Bruxelles, dans un café branché de la place Flagey.

- Pop-Rock.com : L’actualité de Soldout, c’est la sortie de Dead Tapes, un E.P. composé de versions alternatives de morceaux de votre album. D’où vient l’idée de cette sortie assez inattendue ?

- Charlotte : Quand nous étions en studio en train de préparer l’album, nous faisions parfois écouter des versions acoustiques de nos morceaux à notre producteur. Le résultat nous semblait vraiment très intéressant. On s’est toujours dit, un peu en rigolant, qu’il faudrait un jour qu’on ressorte le même album, mais arrangé tout à fait différemment. L’idée nous est longtemps restée en tête. L’album vient maintenant de sortir en France et il comprend une nouvelle version du titre The man on the radio. On avait envie de sortir aussi ce morceau en Belgique et c’était l’occasion de mettre également en avant d’autres choses que nous aimons bien : des remixes ou des versions acoustiques. J’en avais un jour joué une sur Pure FM et les réactions avaient été très enthousiastes. Il y avait une demande du public pour en réentendre. En ce qui concerne la participation des Girls in Hawaii, ce sont des amis. Lionel avait d’ailleurs déjà joué avec nous sur scène, à Wardin. Ils étaient très motivés et avaient envie d’enregistrer quelque chose avec nous.

- David : Au départ, on ne devait travailler avec eux que pour un seul morceau, mais on s’entendait tellement bien qu’on a eu envie d’en enregistrer un deuxième, The keys.

- Quand on écoute la version de I don’t want to have sex with you enregistrée avec eux, on ne se dit que ça ne ressemble ni à l’electro de Soldout, ni à la pop des Girls in Hawaii. Vous avez créé un son tout à fait à part...

- David : C’est juste et c’est ce que je trouve génial. On assemble deux mondes totalement différents et ça forme quelque chose de nouveau...

- Charlotte : Il faut dire aussi que les Girls, tout comme nous, ne sont pas bloqués dans leur style de musique. Ils sont ouverts à d’autres choses.

- Le CD comprend également un remix de Ghinzu. Lors d’une précédente interview, John Stargasm nous le décrivait très justement en ces termes : « Rammstein à côté, c’est les Bisounours ». C’est particulièrement vrai en live. Peut-on s’attendre à retrouver un son aussi ultra power, pour reprendre une expression de John, sur vos prochaines compositions ?

- Charlotte : Je crois, oui. Nous recherchons constamment de nouveaux sons, de nouveaux effets de synthés et ça va dans ce sens. Il faut dire que pour l’instant, nous écoutons pas mal Nine Inch Nails...

- David : Oui, c’est vrai, et c’est assez bruyant. Il n’est donc pas impossible qu’on aille dans une direction plus trash... On va voir.

- Pourquoi n’y a-t-il pas de nouveaux morceaux sur cet E.P. ?

- David : Nous n’en avions pas de prêts. Nous avons quelques morceaux presque terminés, mais nous étions tenus par certains délais et n’avions plus le temps de les finaliser correctement...

- Charlotte : De toute façon, même s’ils avaient été prêts, je crois qu’il était préférable de les garder pour le deuxième album.

- En live, vous jouez une reprise de Master & Servant de Depeche Mode. Pourquoi ne figure-t-elle pas sur l’E.P. ?

- Charlotte : Cette reprise est tout à fait au point pour le live, mais ne l’est pas encore pour un enregistrement studio. Nous avons essayé, mais nous n’étions pas totalement satisfaits du résultat.

- David : On sent qu’on peut aller beaucoup plus loin avec ce morceau et on va encore y travailler... Nous sommes perfectionnistes.

- Cette reprise figurera donc peut-être un jour sur un CD ?

- David : C’est possible, oui.

- Avant la sortie de l’E.P., vous avez proposé aux visiteurs de votre site de réaliser eux-mêmes et d’acheter leur propre version de I don’t want to have sex with you en combinant différents éléments sonores mis à leur disposition. C’est une initiative originale et assez rare. Quel succès a rencontré cette action ?

- Charlotte : Un succès énorme, dans le monde entier. Pas en vente, mais en nombre de consultations. On voit que des forums aux Etats-Unis, en Chine et au Japon en parlent... Nous sommes toutefois loin de gagner de l’argent avec ce concept.

- David : Oui, ce projet est surtout bénéfique pour notre renommée. Le concept est original et ça ne m’étonnerait pas qu’il se répande.

- Votre album, Stop Talking, est sorti il y a presque un an jour pour jour. Avec le recul, êtes-vous toujours satisfaits de sa production ? On pourrait la trouver un peu lisse, surtout en regard de vos prestations live...

- David : C’est peut-être ce qui va nous amener à travailler le deuxième album différemment et à l’enrichir.

- Charlotte : Nous n’avions pas envie de faire en live la même chose que sur le CD. Ce n’est pas très intéressant, surtout pour de la musique électronique.

- On a récemment pu découvrir une chronique de l’album en russe, sur le site de votre label. Les seuls mots que nous avons compris étaient Depeche Mode, Front 242, Shirley Manson, etc. Ce n’est pas un peu fatigant à la longue de toujours voir les mêmes noms accolés au vôtre ?

- David : Non, ce n’est pas énervant. Je crois que pour un premier album, c’est important de pouvoir avoir ce type d’accroches.

- Charlotte : Ces références ne sont pas énervantes. Sauf parfois, de temps en temps, il y a un OVNI qui débarque avec quelque chose qui n’a absolument rien à voir...

- Comme ceux qui vous appellent les Miss Kittin & The Hacker belges ?

- Charlotte : Cette comparaison-là revient encore assez souvent. Non, je pensais à des remarques du style « c’est comme du Sonic Youth, mais en électro ». (Rires) Du Sonic Youth en électro ? Nous ? Non, là, je ne comprends pas...

- Il avait fumé, lui !

- David : Oui, je crois qu’il y en a qui fument beaucoup avant de nous voir. (Rires)

- Charlotte : J’ai aussi du mal à comprendre les comparaisons avec Shirley Manson... En fait, je connais tellement ma voix, je manque sans doute de recul.

- David : Des noms reviennent vraiment souvent. Celui de Front 242, par exemple. Mais ça, je ne m’en plains pas car c’est moi qui l’ai cité comme influence lors d’une interview...

- Celui des Chemical Brothers également...

- David : Oui, mais ça c’est un très grosse référence... Si nous faisions du Chemical Brothers, nous serions aux Etats-Unis. (Rires)

- Quand on écoute votre musique, on a tendance à penser que vous avez baigné dans un univers electro-pop années 80. Pourtant, lorsque je vous ai croisés en coulisses au Cirque Royal, aux Nuits du Botanique, j’ai été très étonné que vous me disiez ne pas bien connaître Human League...

- Charlotte : Mais si, finalement. (Elle chantonne The Lebanon). Ca, je connais. (Rires)

- David : En fait, on connaissait tous leurs tubes, mais on ne savait pas qu’ils étaient d’eux... (Rires)

- Vous avez ouvert pour eux ce soir-là. Comment avez-vous trouvé l’accueil du public, qui était sensiblement différent de celui que vous aviez l’habitude de rencontrer ?

- Charlotte : C’était une super bonne soirée pour nous. C’était génial de la part du Botanique d’avoir placé tout au long du festival des groupes belges avec les pointures étrangères. Là, nous avons joué devant un public - surtout flamand et plus âgé - qui ne nous connaissait presque pas, mais tous les CD de notre stand merchandising ont été vendus à la fin...

- C’était une des rares fois où vous ne jouiez pas en clôture de soirée, et, du coup, vous aviez l’air beaucoup moins stressés...

- David : Oui, c’est possible.

- Charlotte : C’est sans doute simplement car l’attente était moins longue.

- J’ai récemment comparé Soldout au duo flamand Nid & Sancy, ce qui a agacé le responsable de votre label. Il n’était pas du tout d’accord. Et vous, qu’en pensez-vous ?

- Charlotte : Je ne saurais pas vraiment te répondre. Je sais qu’ils ont joué avec nous à l’Elektrochok, à Mons, mais je n’ai pas tout vu.

- David : Je m’en souviens vaguement... C’est vrai que c’est un couple, comme nous, mais je crois me souvenir qu’ils sont plus trash et même plus electro que nous. J’essaierai de les réécouter.

- En groupes flamands, dans le genre, il y a aussi Vive La Fête. Mais je crois que vous êtes plus sages qu’eux...

- David : Plus sages ? Sûrement, oui. Surtout en backstage ! (Rires)

- Charlotte : Nous avons eu l’occasion de les découvrir en live car nous avons joué plusieurs fois avec eux. Ils sont très bons.

- Ces deux groupes sont surtout connus en Flandre. Et pour vous, comment cela se passe-t-il sur le marché flamand ?

- Charlotte : Ca commence. Nous avons de bons retours, le CD est disponible partout et nous avons quelques dates qui se planifient...

- Avant de vouloir séduire la France et l’Allemagne, notamment, n’aurait-il pas été plus judicieux de d’abord essayer de conquérir le nord du pays ? Surtout qu’on sait que le public flamand est généralement très ouvert à l’électro. Sans doute bien plus que le wallon d’ailleurs...

- David : Ce n’est pas un manque de volonté de notre part, mais les portes furent souvent fermées. En comparaison, je trouve d’ailleurs étonnant que le contact en France ait été si facile à nouer...

- Charlotte : En Flandre, le public est là, en tout cas. La preuve, c’est l’accueil que nous avons reçu au Cirque Royal. Le problème doit se situer ailleurs, sans doute au niveau de la presse flamande qui ne parle pas encore assez de nous.

- Studio Brussel vous suit ?

- Charlotte : Oui, depuis le début, on y a même joué deux sessions live. On a aussi donné une interview à FM Brussel. Ils ne nous ignorent pas, mais nous y sommes encore bien moins présents que sur les radios francophones.

- Depuis la sortie de Stop Talking, vous avez tourné sans relâche, donnant parfois jusqu’à deux ou trois concerts par semaine. Par moment, certains soirs, vous sembliez tout bonnement épuisés...

- Charlotte : C’est vrai. Je crois que si on tournait à temps plein, comme le font certains groupes, il n’y aurait pas de problème. Pour le moment, je suis encore aux études et je voudrais vraiment pouvoir les mener à bien. Il est très difficile de combiner les deux et, parfois, j’étais donc effectivement fatiguée... ou malade.

- Vous n’avez encore jamais regretté votre vie d’avant ?

- Charlotte : Non, jamais !

- David : Non, pas du tout. En ce qui me concerne, je regrette que ce ne soit pas arrivé plus tôt.

- Travailler en couple, comme vous le faites, vous considérez ça comme un avantage ou un inconvénient ?

- David : Les deux.

- Charlotte : Comme on s’entend super bien, il n’y a pas de problème. Le seul désavantage c’est que nous sommes tout le temps dedans. Ce n’est pas comme si on se voyait deux ou trois fois par semaine pour une répétition de quelques heures. Non, on travaille tout le temps : le matin, à midi, parfois encore à minuit...

- Hormis les études de Charlotte, avez-vous encore le temps d’avoir d’autres activités en dehors de la musique ?

- David : Non, pas vraiment. Rien d’aussi intense en tout cas.

- Charlotte : Nos principaux loisirs sont d’assister à des concerts ou d’écouter de la musique. Nous ne faisons même pas de sport... Depuis la sortie de l’album, il y a un an, la période de promotion ne s’est jamais vraiment arrêtée. Aujourd’hui encore, des magazines nous contactent car ils viennent de nous découvrir. C’est non-stop. A chaque date, de nouvelles personnes nous découvrent. C’est très bien mais il faudra un jour ou l’autre s’arrêter car on devra écrire le deuxième album.

- Vous n’avez pas pris de vacances depuis un an ?

- David : Non, et ce n’est pas prévu.

- Charlotte : Nous n’avons pas pris de vacances mais nous avons fait quelques voyages sympas. Par exemple, lorsque nous avons joué à Bologne, nous avons eu une journée de libre à Venise. C’est très chouette !

- Parmi tous les concerts que vous avez donnés, y en a-t-il qui sortent vraiment du lot, dont vous gardez un souvenir particulier ?

- Charlotte : Oui, celui du Dour Festival 2004. Nous avons aussi un très bon souvenir d’une date à Nivelles, avec Bacon Caravan Creek. Une autre à Mouscron, également.

- David : Je citerais aussi l’Atelier 210, où les Girls in Hawaii nous ont rejoint sur scène, et la Nuit du Soir.

- Au sujet de la Nuit du Soir, j’y avais relevé quelque chose d’étonnant. Le public était très rock mais a réagit de la même manière à votre musique qu’auraient pu le faire des amateurs de techno ou d’electro. N’est-ce finalement pas là le secret de votre succès ?

- David : C’est fort possible, oui. Pas mal d’amateurs de rock nous disent qu’ils n’ont jamais écouté d’électro mais qu’ils adorent Soldout.

- Vous donnez des concerts dans des lieux prestigieux comme le Cirque Royal, le Botanique et Mons Expo, et puis on vous retrouve quelques jours plus tard dans des petites discothèques limite mal famées. Peut-on se motiver de la même manière quand on joue à Charleroi, dans une petite boîte, que devant plus de 2.000 personnes au Cirque Royal ?

- David : Non, je ne pense pas. Le travail est plus difficile dans des petites salles car nous n’y disposons pas toujours des conditions techniques optimales. Nous avons joué dans des endroits où les spectateurs étaient à quelques centimètres de nous, presque appuyés sur nos machines. C’est plus difficile, évidemment.

- Sur scène avec Soldout, il y a parfois des surprises. Vous êtes de temps en temps rejoints par des guest-stars. On a souvent vu Greg, le guitariste de Ghinzu, venir jouer avec vous. Depuis quelques temps, il se fait plus rare...

- David : Il est très pris, mais ça pourrait encore se faire.

- Charlotte : C’est souvent le fruit du hasard. On le croise, on lui demande s’il n’a pas envie de venir jouer avec nous à tel ou tel concert et, parfois, il vient. (Rires)

- David : En ce moment, on fait surtout venir les Girls, mais Greg pourrait très bien nous rejoindre également. A Wardin, ils étaient là ensemble.

- Quelqu’un qu’on aimerait voir un peu plus souvent sur scène avec vous, c’est Calogero Marotta, l’ex-guitariste de Showstar, devenu votre producteur. Après tout, c’est lui qui joue toutes les parties de guitare sur votre album...

- Charlotte : Oui, c’est vrai. Il a aussi joué avec nous à Wardin et, maintenant que nous avons sorti Dead Tapes, il va nous rejoindre plus souvent.

- A l’anniversaire du label Anorak Supersport, à l’Atelier de Huy, on pensait le voir avec vous, vu qu’il y jouait le même soir avec son groupe, Gagarine...

- David : On y avait pensé, je crois, mais les choses ne sont pas toujours aussi faciles à mettre en place. Calo est quelqu’un de très occupé. C’est pareil avec Greg, il a souvent des obligations à remplir avec Ghinzu... De toute façon, je pense qu’on ne doit pas proposer systématiquement le même set, avec les mêmes invités, sinon il n’y aura plus de surprise et les gens vont se lasser.

- J’ai déjà rencontré des fans qui avaient vu Soldout en concert douze ou treize fois...

- Charlotte : Moi, quand j’aime bien un groupe, je peux le voir en concert vingt fois, il n’y a pas de problème. Cela me fait plaisir que ça arrive avec nous, même si je trouve ça étonnant.

- Il faut dire qu’on n’a presque pas le choix, puisque vous jouez toutes les semaines et souvent avec les mêmes groupes. On a parfois un peu l’impression que l’affiche est toujours la même et qu’il n’y a que la ville qui change...

- Charlotte : Ce n’est pas tout à fait vrai. Et certainement pas pour les deux derniers mois, où nous avons donné beaucoup moins de concerts. En un an, je crois que nous avons joué dix fois avec Superlux, et peut-être deux ou trois fois avec les Hollywood Porn Stars. Evidemment, en Belgique francophone, outre les précités, les gens parlent souvent des cinq ou six mêmes groupes : Mud Flow, Ghinzu, Sharko, Soldout,... Nous ne sommes pas si nombreux que ça.

- Cet été, vous allez jouer en France, au festival des Vieilles Charrues, sur une scène spéciale consacrée à la Belgique, avec Ghinzu, etc. Ne trouvez-vous pas dommage d’être confinés là-bas à ce mouvement belgo-belge ?

- David : Non, je trouve plutôt bien qu’ils veuillent mettre en avant ce qui se fait ici. Je ne crois pas ce soit réducteur pour nous.

- Charlotte : Les Français, en ce moment, aiment beaucoup les Belges. C’est vrai dans la musique, mais aussi dans le cinéma, le design et les arts en général.

- D’accord, mais en ce qui concerne l’attrait des amateurs français de rock indé pour la scène belge, c’est avant tout un effet mode, et ça pourrait très bien se terminer rapidement...

- Charlotte : C’est vrai, c’est le danger mais ça on n’y peut rien.

- David : Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas encore en mesure de revendiquer jouer sur une autre scène que la belge aux Vieilles Charrues...

- Comment cela s’est-il passé pour vous au Printemps de Bourges ?

- Charlotte : Là aussi, on représentait la Belgique ! On a reçu un bon accueil mais le public, très nombreux, n’était pratiquement composé que de gens badgés : la presse, des organisateurs de concerts, etc.

- Vous me disiez qu’à part jouer de la musique, votre principale passion est d’en écouter. Qu’est-ce qui tourne sur votre platine en ce moment ? A part Nine Inch Nails, que vous avez déjà cité...

- David : En ce moment, surtout LCD Soundsystem et les Chemical Brothers. Je suis aussi récemment retombé sur un vieux Bashung...

- Charlotte : Il y a aussi The Faint que nous avons découvert il n’y a pas longtemps et que nous aimons beaucoup.

- Vous suivez la scène électro de près ?

- David : Oui, on écoute ce qui sort...

- Que pensez-vous de Vitalic ?

- David : Il faudra vraiment que j’écoute car on m’en a encore parlé hier. J’ai entendu un morceau et j’aimais assez bien. Je vais m’acheter l’album.

- Votre album est-il déjà sorti en Allemagne ? C’est le pays d’Europe où l’electro marche le mieux...

- David : Non, il est sorti dans les pays de l’est, mais pas encore en Allemagne. Nous étions en contact avec un agent allemand, mais c’est tombé à l’eau. Nous n’étions pas sur la même longueur d’onde que lui. Contrairement à ce qui s’est dit, il ne s’agissait pas de quelqu’un d’Universal.

- A Paris, je t’ai vu en grande conversation dans les coulisses de l’Elysée Montmartre avec John de Ghinzu et Pascal Nègre, le grand patron d’Universal Music France. Alors, peut-on s’attendre à voir Soldout débarquer sur cette major ?

- David : Non, c’est John et lui qui étaient en grande conversation. (Rires). Hormis le remix de Mine, il n’y a à priori aucune chance de voir du Soldout chez eux.

- Charlotte : En France, nous sommes sur Cyclo Records, un super chouette label. Je pense que faire partie d’une major, c’est un tout autre enjeu.

- David : Oui, quand on voit les Ghinzu et tout le travail qu’il y a autour d’eux, ça ne nous donne pas trop envie.

- N’est-ce pas le chemin le plus court vers les plus grandes salles parisiennes ?

- Charlotte : Si, bien sûr !

- David : Oui, et vers les grosses radios. Si nous n’avions pas de contrat et qu’ils nous proposaient d’en signer un, nous y réfléchirions. Mais bon, pour l’instant, nous sommes servis.

- Charlotte : Nous n’en sommes qu’à notre premier album, je ne nous vois pas vraiment jouer à l’Olympia. Nous ne voulons pas aller trop vite.

- Je pensais pourtant que Ghinzu vous inviterait à y jouer avec eux...

- David : Il en a été question, mais il aurait fallu qu’on joue après eux. Notre set ne convient pas pour leur première partie. Malheureusement, à l’Olympia, après le concert, on éteint tout et tout le monde rentre chez soi. Le concept d’after n’existe pas vraiment chez eux. On avait pensé jouer après dans une discothèque parisienne, le Pulp, mais il y avait un problème d’infrastructure. Or, nous n’avions pas envie de donner un concert moins bien que d’habitude face à un public qui ne nous connaît pas encore bien.

- Et l’Angleterre ?

- David : Nous avons récemment joué un bon concert, à Londres, au Cargo.

- Oui, mais là, c’est un public de Belges !

- Charlotte : Non, pas du tout. Il y avait un car de Flamands venus pour Vive La Fête et peut-être une dizaine de personnes pour nous. Le reste, c’étaient des Anglais.

- David : C’est vrai que pour les précédents concerts là-bas, qui étaient organisés par Bang, le public était essentiellement belge.

- Charlotte : Je ne trouve pas ça très intéressant d’aller jusqu’en Angleterre si c’est pour voir les mêmes concerts qu’en Belgique. C’est juste une chouette excursion.

- David : Ici, il s’agissait d’une organisation du Dour Festival. Il y avait des groupes anglais, comme les Soho Dolls, et les organisateurs envisageaient de créer des partenariats entre la Belgique et l’Angleterre. Les Soho Dolls seront d’ailleurs présents à Dour.

- Les pays d’Europe de l’est, vous allez y jouer également ?

- David : Oui, peut-être à Prague.

- Charlotte : Nous sommes distribués dans quinze pays de l’est, dont la Russie. On verra si un jour on peut y jouer... Ce serait sympa.

- Quand peut-on espérer un vrai deuxième album de Soldout ?

- David : C’est difficile à dire. Ca pourrait être entre mars et mai 2006. Pas avant.

- 2006 sera une grande année pour Soldout ?

- David : On verra, on l’espère...

- Charlotte : Peut-être que personne n’aimera l’album ! Peut-être qu’on nous aura oubliés. (Rires)

Photos : (c) Philippe CARLY (www.newwavephotos.com) - 2005. Ne pas utiliser sans autorisation.





Jérôme Delvaux