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Angra : "Holy land"
Eldorado metal

jeudi 9 décembre 2004, par Marc Lenglet

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Du Brésil, on connaissait Sepultura, qui rendit hommage à ses origines sur le fameux Roots. Soulfly, plus directement ethnique, prit ensuite le relais. Et on oublie bien souvent Angra au passage. C’est regrettable, car si le groupe paraît aujourd’hui être quelque peu rentré dans le rang, il a su nous offrir, avec Holy land, un album immortel et sublime qui gagne sans difficulté la médaille d’or de la « Latinoaméricanité ». En attendant de vous parler du nouvel album d’Angra, nous tenions à vous présenter son chef-d’oeuvre de 1996 : l’Eldorado metal.

Angra rend hommage à l’histoire sud-américaine au travers de cet album, sans doute le plus abouti de sa carrière. Contrairement aux travaux de Max Cavallera, qui a clairement pris une optique Native instrumentalement et philosophiquement, Angra s’attache plutôt ici à évoquer l’espoir, l’ambition ou la soif de l’or qui poussèrent des hordes d’hommes à franchir l’océan vers le Nouveau Monde il y a cinq siècles. Loin de passer sous silence les exactions des conquistadors et de leurs successeurs, Matos et ses comparses rendent paradoxalement hommage, de façon plus voilée, à l’Amérique latine précolombienne, conceptualisée en tant qu’antithèse des apports européens, véritable âge d’or enfoui à jamais dans le passé sur lequel on ne peut que verser des larmes de regrets. Au travers de ces deux vecteurs, Angra donne à son concept-album une tendance héroïque, qu’on ressent magnifiquement sur Silence and distance ou Holy land. L’orchestration de l’ensemble tient du génie, mélange de percussions tribales, d’instruments classiques et de musique populaire brésilienne. Cette ambiance latine est perceptible en permanence sur chacun des morceaux de Holy land, sans que jamais elle ne phagocyte son aspect metal. Cette équité presque parfaite entre les deux composantes de sa musique (sur cet album en tout cas) est ce qui rend la musique d’Angra unique dans le monde musicale. Une équité qui a toujours manqué à Soulfly, capable de proposer du bon trash-metal, de la musique brésilienne de qualité, mais arrivant rarement à quelque chose de concluant en mixant les deux…

Holy land propose quelques formidables thèmes power-metal (Nothing to say, Z.I.T.O.), capable de tenir tête sans difficultés aux plus féroces des compositions de Gamma Ray. Mais la présence en force de thèmes plus paisibles, ou de pièces où le déluge de riffs ne survient qu’à une bonne moitié de la chanson, la singularité et les richesses de ces chansons apparentent Holy land au courant progressif. Même le mélancolique Deep blue est assez atypique pour une balade metal, avec ses chœurs sinistres de concession inquisitoriale. Sans atteindre la maniaquerie technique de Dream Theater, l’album pourrait être vaguement comparé à ceux de Symphony X, si la différence de niveau et de carrure entre eux n’était pas si flagrante. Quant à la pièce majeure de l’album, il s’agit de l’inoubliable Carolina IV. Son ouverture et sa conclusion tout en rythmes exotiques enserrent une foudroyante envolée speed-metal, recelant elle-même en son centre une émouvante interlude au piano et au violon. Cette petite escapade classique est précédée d’une sorte de mélodie amazonienne toute en moiteur, et rejouée ensuite dans une détonante version symphonique. Vous perdez un peu le fil là, non ? Très juste, une chanson de cette valeur et de cette originalité ne s’explique de toute manière pas. Filez donc la télécharger au plus vite !

Les musiciens et compositeurs principaux (avec le chanteur), les guitaristes Kiko Loureiro et Rafael Bittencourt, sont très professionnels, et évitent de mettre trop en avant leurs capacités, laissant la priorité au métissage raisonné de leurs compositions. Quant au chanteur, André Matos, son interprétation se démarque par un lyrisme échevelé. Capable de pousser très loin dans les aigus, l’homme va parfois jusqu’à adopter un timbre presque féminin. Pour vous donner une idée, il avait repris sur l’album précédent - avec une justesse surprenante - le merveilleux Wuthering heights de Kate Bush. Je fais pourtant partie de ceux qui avouent avoir un peu de mal à accrocher à son style dès que le tempo s’enfièvre, tout en restant admiratif de sa maîtrise vocale dans les passages plus paisibles. Je préfère tout de même son remplaçant, Eduardo Falaschi, à la voix plus sèche et, il faut le reconnaître, moins surprenante. Mais enfin, cet avis n’engage que moi.

Angra, bien qu’il soit aujourd’hui devenu plus conventionnel, signait là son meilleur album, le plus original et personnel de leur étroite discographie. Et l’un des meilleurs albums de metal des années 90, dont le style unique devrait même parvenir convaincre de non-amateurs de metal. Si vous pensiez que le metal mélodique se limitait au monde germanique, Angra se chargera de vous démontrer que la scène latino-américaine possède une spécificité et un sens du rythme à nuls autres pareils.



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Angra : "Holy land"
(1/3) 10 août 2016
> Angra : "Holy land"
(2/3) 11 décembre 2004, par bigmat
> Angra : "Holy land"
(3/3) 10 décembre 2004, par O. Gilis




Angra : "Holy land"

10 août 2016 [retour au début des forums]

Their music are good. I wonder if the group has disbanded. - Mark Zokle

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> Angra : "Holy land"

11 décembre 2004, par bigmat [retour au début des forums]
http://mathieu.daumal@wanadoo.fr

C’est en effet un album sympa mais bizarrement je ne l’écoute plus du tout.
Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris la phrase : "l’album pourrait être vaguement comparé à ceux de Symphony X, si la différence de niveau et de carrure entre eux n’était pas si flagrante". Hmm hmm...
Les bons vieux albums de SymphonyX TDWOT et TIO je ne m’en suis pas lassé. Leurs plans guitare/claviers sont fameux.
Et le chanteur a une voix terrible. Il est plus impressionant que andré matos qui a une voix un peu light je trouve. Et puis tout de même les solos de guitare de angra ça rappelle quand même helloween en moins dingue. Bref Holy land est un album plus intéressant que vraiment jouissif. Mais les compositions sont originales et à connaître en tout cas.

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> Angra : "Holy land"

10 décembre 2004, par O. Gilis [retour au début des forums]

Pour avoir écouté qques extraits du nouvel album et bien... on ne sera pas déçus ! Le nouveml album va en épater plus d’un ! ouchti nènènne !

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    > Angra : "Holy land"

    8 janvier 2005 [retour au début des forums]


    Mon avis n’engage que moi : leur dernier album, ce n’est pas Holy land.
    C’est un bon album de speed, aux côtés du dernier rhapsody ou sonata arctica , mais ca manque de folie .
    Ce sont mes oreilles, ou bien le chanteur ( très bon cela étant dit ) s’amuse ( si on peut appeller cela s’amuser ) à imiter les effets de matos à longueur de disque ?

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