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Artillery : "By inheritance"
Le meilleur album de thrash de tous les temps

mardi 10 novembre 2009, par Vincent Ouslati

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Pourquoi fouiner dans le passé ? Pourquoi se coller derrière les portugaises des kilos de vieilleries, qui sentent le rance, la bande usée, au succès relatif, au futur pas glorieux ? La revue des reliques fait souvent sourire, car pas folichonne, car trop ancrée dans son époque. Pourtant, sur dix disques qui n’ont pas plus d’intérêt que le plastique dont ils sont faits, il y a une ou deux redécouvertes à vous flageller jusqu’au sang, à vous morfondre, à vous tordre de douleur pour ne pas avoir fait en sorte que cette rencontre n’ait pas eu lieu plus tôt. Artillery fait partie de ces madeleines même pas moisies qu’il est bon de sortir du sachet après tant d’années. Et de la déguster comme au premier jour.

Pour les jeunes et les moins férus de thrash danois, une petite présentation s’impose. Artillery, c’est trois décennies d’existence, des années 80 bien chargées, des années 90 dans le coma avec le thrash qui se casse la gueule et une timide résurrection vers 1998, où le groupe semble revenir peu à peu aux affaires, sans pour autant trop faire parler de lui.

By inheritance sera le dernier témoignage de la belle époque des Danois, nous sommes en 1990. Cette année fabuleuse pour le genre, où Megadeth, Kreator, Slayer, Anthrax et j’en passe, pondent alors des monuments. Artillery n’est pas en reste puisque leur propre cuvée "made in Taastrup" avait de quoi en remontrer aux meilleurs bretteurs des deux côtés de l’Atlantique cette année-là. Dès ses premiers essais discographiques, le groupe s’avère un partisan d’un metal technique et mélodique, mais sans en avoir les moyens.

Après des années 80 où le groupe fera du chouette boulot malheureusement trop mal distribué, Artillery signe enfin avec Roadrunner Records. Joli coup qui permettra plus de visibilité à nos Danois. Mais surtout bien motivés par les coups de pied au cul balancés par le fraîchement arrivé Flemming Rasmussen à la production. De fait, après l’accueil mitigé d’...And justice for all des Met’s, Flemming ira se faire voir au Danemark. Ironie du sort, Artillery va profiter des déboires du bonhomme pour transfigurer leur musique. Surtout, ne vous fiez pas à l’artwork plutôt laid, ce disque est connement un incontournable.

J’en fais des tonnes hein ? Que nenni ! Ne seraient-ce que ces premières secondes de 7:00 from Tashkent qui rappellent moins la petite sirène de Copenhague que l’extrême-Orient le plus aventureux et mythique. Cette douce mise en bouche indique déjà que l’on n’aura pas droit à quelque chose de classique. Ça ne ressemble à rien de connu dans ce genre pourtant à son apogée. Des lignes de guitares variées, de la technicité sans déviances pompières, du solo, du riff, de la batterie qui pilonne, mais on est où là, c’est encore du bête thrash lorsqu’un tel niveau est atteint ? Le couple 7:00 from Tashkent/Khomaniac, je me le suis passé cinq fois de suite pour bien être sur de ne pas avoir rêvé, simplement l’un des plus fabuleux titres du genre tous groupes confondus qu’il m’ait été donné d’entendre. Car non content d’être technique, Artillery fait dans un mélodique de haut vol, majestueux et rapide. Les touches légèrement arabisantes des premiers titres ajoutent encore à leur aspect anachronique.

Et un son qui leur est propre, d’autant que les vocalises de Rönsdorf, sont à la hauteur de ses camarades. Rugueux ou épique quand il le veut, ses parties de chant ne dénotent en rien face aux maestros penchés sur leurs guitares. Après le monument qu’est Khomaniac, la suite n’est que bonheur et félicité, entre les légères notes introductives de By inheritance, la power ballade (sacrilège !!) belle à pleurer qu’est Don’t believe, un modèle du genre soit-dit en passant, qui navigue de la mélancolie au heavy metal briton en un quart de seconde, ou le surpuissant Life in bondage et sa batterie piquée à Mike Portnoy, Artillery attaque sur tous les fronts, se fout des styles, se fout de se casser la gueule, ils maîtrisent tout, gèrent leur affaire avec un professionnalisme qui ferait douter n’importe quel groupillon de la Bay Area.

La part belle aux guitares, qui sont omniprésentes tout du long. Prédominance flagrante sur Equal at first, démonstration de quatre minutes de la paire Peter Thorslund/Michael Stützer qui font montre d’un feeling de très haut niveau. Artillery respecte les codes du genre, ça va vite, des breaks, des changements de rythmes, du technique, de la branlette de manche parce qu’on sait faire. C’est du thrash, mais pas de celui qu’on oublie le lendemain. D’ailleurs il suffit de passer à leur cover de Nazareth Razamanaz pour s’en convaincre, ces types ont tout compris dans l’art de faire bouger les crânes sous la masse de cheveux gras.

Bien aidés par leur gros label et leur producteur de luxe, les danois ont pu profiter d’une production parfaite, ni trop léchée, ni trop brouillonne, elle est largement comparable au boulot de Max Norman pour Megadeth ou de Dave jerden avec le Sound of White Noise d’Anthrax, références pour l’époque et coupables d’un travail sur le son qui fait encore parler aujourd’hui.

Artillery, Caliméro du thrash ? Un peu oui, il eut suffit d’un petit déménagement hors du Danemark ou d’un manager un brin moins sourd, et ce groupe pouvait sans crainte aller ferrailler avec les grosses pointures. By inheritance est plus qu’un grand album, il est fait du même minéral que les pierres angulaires du mouvement thrashisant, il ne lui manquait presque rien pour prétendre au podium, uniquement un soupçon de reconnaissance.



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Vincent Ouslati





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Artillery : "By inheritance"
(1/1) 7 décembre 2015




Artillery : "By inheritance"

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