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Slipknot : "Slipknot"
Le plus bruyant chapiteau du monde

lundi 6 mars 2006, par Marc Lenglet

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Neuf bouffons masqués jaillis de leur Iowa natal vinrent un beau jour secouer la fourmilière metal avec une énergie et une brutalité telles qu’on n’en en avait plus vu depuis que Pantera s’était hissé contre toute attente à la première place des charts américains. Alors que leur premier album était resté dans l’ombre, le second les propulsa au rang de jeunes premiers arrivistes de la scène metal, capables de regarder de haut la plupart des formations existantes.

Slipknot est un groupe surprenant par bien des aspects. Leur origine géographique tout d’abord : ni la prolifique Californie, ni les bas-fonds hardcore de New-York, ni même d’une quelconque ville d’importance. Non, nos petits diablotins viennent de Des Moines capitale sinistre de l’Iowa, un état bouseux du Grand Ouest. Le côté visuel du groupe ensuite : chacun des neuf musiciens choisit de s’affubler d’un masque tout droit tiré d’un film d’horreur de série Z : masque de hockeyeur à la Jason Vorhees, visage de clown psychotique, tête à pointes héritée de Hellraiser, les références ne manquaient pas. Décision fut prise également de s’identifier par des numéros, histoire de rajouter une pincée ou deux de mystère mystérieux. Il est vrai que pour ce qui est de s’imprimer durablement dans la rétine du public, Alice Cooper, Kiss et une pleine poignée de groupes de la décennie précédente avaient déjà efficacement balisé la voie. Enfin, les prestations scéniques du groupe, particulièrement violentes et imprévisibles, enfoncèrent le clou en les positionnant nettement à l’écart de la scène neo-metal poseuse à laquelle on aurait pu s’attendre à les voir s’affilier.

Le son Slipknot n’a, il est vrai, pas grand-chose à voir avec la fusion metal/hip-hop moyennement inspirée qui avait poussé comme du chiendent à la suite de l’éclosion de KoRn. Malgré de vagues similitudes consanguines avec les représentants de cette mouvance, l’idée originelle était plutôt de synthétiser tout ce qui pouvait exister de plus violent dans le metal, de concasser le tout à la bétonneuse et de régurgiter le tout à plein volume. La musique de Slipknot est bestiale, il n’y a pas d’autre terme. C’est sa force (cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas entendu de la musique aussi rude, du moins à un niveau non underground) et paradoxalement, sa plus grande faiblesse. Car tout cela est maladroit, voyez-vous. Très maladroit. Bêtement manichéen, avec des réflexions de Steven Seagal commotionné. Ca fait beaucoup de décibels, mais ça parvient à peine à pisser droit. La musique, ultra-rapide, reste d’une simplicité étonnante. Chez Slipknot, on va droit au but, à grand renforts de notes suppliciées. L’objectif n’était, il est vrai, pas non plus de faire dans le raffinement. Quelques titres, du style Wait & Bleed par exemple, échappent à ce défaut général avec une construction et des refrains efficaces, mais pour le reste... ces échappés de carnaval semblent plus se préoccuper de bousiller le mur du son que de créer quoi que ce soit de complexe. Le batteur semble en vouloir personnellement à ses fûts, tandis que les gratteux s’appliquent à tirer les sons les plus ravageurs de leurs instruments. Quant au chant, somme toute adapté à la situation, il m’évoquera toujours quelque chose entre l’otarie en sueur et le diable de Tasmanie constipé. Dommage pour le chanteur Corey Taylor qui montre sur Wait & Bleed - désolé, je sors toujours le même exemple mais il pourrait bien s’agir du meilleur morceau qu’ait jamais composé le groupe - qu’il est très loin d’être privé de nuances vocales. Pour ne rien arranger, passé le premier instant de surprise face à cette déferlante sonore d’un fureur inhabituelle, on se lasse assez vite de l’uniformité de l’ensemble des morceaux.

Slipknot aura surtout servi d’électrochoc à une scène metal embourbée une fois de plus dans son manque de sex-appeal. Une véritable appel au gueulophone clamant haut et fort que le metal le plus destructeur pouvait lui aussi conquérir un large public. Dommage que ce public en lui-même ait pour beaucoup compté dans la mauvaise réputation de Slipknot. Car on a rapidement associé la fan-base des Américains à un ramassis de petits ados mal dégrossis tout émoustillés à l’idée d’avoir déniché le groupe le plus brutal depuis des lustres, oubliant qu’il pouvait aussi exister dans le lot quelques fanatiques de death-metal, de hardcore ou de toute autre musique nucléaire à avoir été charmé par le groove orageux et la puissance juvénile de Slipknot.

Malgré tous ces horribles boutons d’acné musicaux, en dépit de tous ces travers de jeunesse, il ressort quelque chose de particulier de la sauvagerie de Slipknot... quelque chose d’indéfinissable, un fugace frisson qui fait hésiter l’espace d’un instant à lui attribuer la fâcheuse étiquette de groupe de petits sauvageons sans imagination à destination d’autres petits sauvageons sans imagination. Quelque chose que l’on n’éprouve qu’assez aléatoirement tout au long des pistes. Ainsi, malgré une écoute assidue à l’époque de sa sortie, j’en étais resté à mon premier point de vue condescendant. Aujourd’hui, je n’en suis plus tout aussi certain, sans pour autant nier le fait que ce premier album de Slipknot reste un brouillon mal dégrossi de la part d’un groupe pas plus dégourdi que ça. Aussi bizarre et paradoxal que cela puisse paraître, on ne peut malgré tout s’empêcher de trouver - quelquefois - cette violence monodimensionnelle salvatrice et rafraîchissante.



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Marc Lenglet





Il y a 10 contribution(s) au forum.

Slipknot : "Slipknot"
(1/3) 7 mars 2006, par dFJ
Slipknot : "Slipknot"
(2/3) 6 mars 2006, par Youki Smayas
Slipknot : "Slipknot"
(3/3) 6 mars 2006




Slipknot : "Slipknot"

7 mars 2006, par dFJ [retour au début des forums]

A l’époque, sur le premier album , je trouvais les intros de chansons vachement bien... et comme je disposais d’un mode "scan intro" sur ma platine CD, je m’en donnais à coeur joie ! En effet , après 15 sec , on passait à l’autre chanson !

ingénieux non ?

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Slipknot : "Slipknot"

6 mars 2006, par Youki Smayas [retour au début des forums]

Bon... Je m’y colle alors :-))

Je suis scandalisé par cet article, car, d’une part, je ne l’ai pas vraiment lu et, d’autre part, j’aime bien etre scandalisé.
Quant aux motifs d’indignation, je vous laisse les trouver vous memes, de toutes façons, quoi que vous écriviez il y a toujours matière à raler, surtout quand, comme moi, on vient ici uniquement dans ce but.
Je remarque que pour une fois, il n’y a aucune reference au Velvet Underground, ni à Joy Division ce qui est un bon point dans la mesure où la filliation avec Slipknot n’est pas clairement établie. (Encore qu’il se murmure que John Cale pourrait officier sous l’un des masques)

Par contre oublier Gwar dans les influences majeure releve de la faute professionnelle caracterisée.

C’est pourquoi je reclame, à ce titre, le remboursement integral de mes frais, ainsi que des dommages et interets dont le montant sera defini par le tribunal competent.

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    Slipknot : "Slipknot"

    15 juillet 2006, par UZ1 [retour au début des forums]


    Slt

    Gwar dans les influences majeures de Slipnot ?
    Je dirais que c’est encore plus que ça !
    La façon de chanter, le timbre de voix et même les compos...
    ...je ne sais pas si c’est de la spéculation mais j’ai comme l’impression
    que Gwar et Slipnot, c’est le même chanteur ! ! !
    Non ?

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Slipknot : "Slipknot"

6 mars 2006 [retour au début des forums]

Je sens déferler une vague de messages outrés venant de fans à peine pubères...

Avoue, Marc...tu l’as fait exprès, fripon !

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    Slipknot : "Slipknot"

    6 mars 2006, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    Bah pourquoi ? Finalement, je ne suis pas trop négatif dans cette chronique. D’autre part, la récolte de réactions débiles est très fructueuse cette année, et s’est étendu à pratiquement tous les articles du site.

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      Slipknot : "Slipknot"

      6 mars 2006, par Phil [retour au début des forums]


      Pour l’instant RIEN.

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      Slipknot : "Slipknot"

      6 mars 2006 [retour au début des forums]


      Certains sont capables de se focaliser uniquement sur les aspects négatifs de ta prose (je me souviens de "l’affaire Good Charlotte" dont Jérôme avait dit du bien (relatif...disons qu’il avait retenu des aspects positifs) et étaient arrivés 400 messages de fans outrés du genre : "TI koné ri1 en musik il son tro bi1 GC konar".

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    MME Recruitment India

    5 juin 2015, par MME Recruitment India [retour au début des forums]


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